Flottements

Publié le par La Nouvelle République par Denis Daumin

Flottements

édito

Le gouvernement ne bouge plus. Pas un bruit ni le moindre mouvement à bord. Il flotte comme un gros tanker à quai. Dans la salle des cartes, Élisabeth Borne dessine des hypothèses de routes et se hasarde à des évaluations de courants. La barre est tenue, nous dit-on. Les cales sont remplies de projets de réformes et d’ambitieuses intentions. Tout est prêt pour un long voyage. Ne manquent qu’un équipage opérationnel, au complet, chacune et chacun au bon poste, et l’indispensable fioul en soute. Les cours font du yo-yo mais grimpent finalement si vite que personne n’a le temps de les voir baisser. Depuis la salle des machines, Bruno Le Maire, le chef mécano, invite Total à un nouvel effort. Le gouvernement, qui a beaucoup donné, est parvenu à sa cote d’alerte. Un rabais général du fournisseur au cours de l’été redonnerait un peu de mobilité à tout le monde. Silence radio du pétrolier. Il s’était fendu dimanche d’une tribune préventive invitant les Français à des réflexes tout neufs de sobriété. Et puis les prix de l’énergie ce sont aussi et surtout des impôts, est-il rappelé.

On cherche ailleurs, un peu n’importe comment. La vieille centrale à charbon de Saint-Avold éteinte au printemps sera rallumée en octobre et la France amnistie moralement le Venezuela et l’Iran mis au ban des nations fréquentables pourvu qu’ils rouvrent leurs robinets d’or noir. La transition énergétique signée à Bruxelles patientera un peu. Aurons-nous de la neige et du pétrole à Noël ? Le président Zelensky fait savoir qu’il se contenterait de la paix. Nous l’avions presque oublié.

Publié dans Articles de Presse

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