Guerre en Ukraine: retour des frappes sur Kiev et près de la Pologne alors que le G7 s'ouvre

Publié le par Le HuffPost avec AFP

En marge du sommet du G7 en Allemagne, la Russie a de nouveau frappé la capitale ukrainienne ainsi que plusieurs localités situées dans le nord et l'est du pays.

Valentyn Ogirenko via Reuters Le quartier résidentiel proche du centre-ville de Kiev, touché par les bombardements russes ce dimanche 26 juin, est dévasté.

Valentyn Ogirenko via Reuters Le quartier résidentiel proche du centre-ville de Kiev, touché par les bombardements russes ce dimanche 26 juin, est dévasté.

GUERRE EN UKRAINE - Au 123e jour de guerre en Ukraine, Kiev a été frappée pour la première fois depuis des semaines, tandis que des combats acharnés se poursuivaient dans l’est du pays et que les dirigeants des sept pays les plus riches du monde se réunissaient en Bavière, avec au menu de nouvelles sanctions contre la Russie.

Dans le même temps, des frappes russes ont été revendiquées à une trentaine de kilomètres de la frontière polonaise sur trois centres d’entraînement militaires. Le HuffPost fait le point sur la situation après 123 jours de guerre en Ukraine

Kiev de nouveau sous les bombes

La capitale de l’Ukraine s’est réveillée dimanche à l’aube avec des bombardements, sur un quartier comprenant des immeubles résidentiels et une usine d’armement déjà touché ces dernières semaines. Le dernier bilan fait état d’un mort et de six blessés dont 4 hospitalisés. Parmi eux, une fillette de 7 ans et sa mère, a indiqué le maire de la capitale, Vitaly Klitschko, précisant que les travaux de sauvetage se poursuivaient.

“Il y a eu quatre missiles à partir de 6h30”, a indiqué à l’AFP Édouard Chkouta, qui habite ce quartier aisé du nord-ouest de la capitale ukrainienne. Un immeuble d’habitations “a été touché directement dans les derniers étages et j’ai vu de mes propres yeux des blessés sortir”, a-t-il raconté.

C’est la troisième fois depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine que ce quartier situé non loin du centre historique est visé par des missiles. Il avait d’abord été touché mi-mars, puis le 28 avril, lors de la visite à Kiev du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. Une journaliste ukrainienne de Radio Liberty avait trouvé la mort.

Stringer . via Reuters Une épaisse fumée monte dans le ciel de Kiev après un nouveau bombardement russe sur la capitale ukrainienne dimanche 26 juin.

Stringer . via Reuters Une épaisse fumée monte dans le ciel de Kiev après un nouveau bombardement russe sur la capitale ukrainienne dimanche 26 juin.

Les trois derniers étages de l’immeuble, qui en compte une dizaine, ont été entièrement détruits. Plusieurs incendies se sont déclarés, dégageant une épaisse fumée brune. De son côté, Moscou dit avoir frappé une usine de production de missiles à Kiev pour justifier ces bombardements. 

  • Combats dans l’est et frappe russe à la frontière polonaise

Les forces russes se sont emparées totalement de la ville stratégique de Severodonetsk et ont pénétré dans celle voisine de Lyssytchansk, étape importante vers le contrôle du Donbass. “Pour autant, ce n’est qu’un des défis que la Russie devra relever pour occuper l’ensemble de la région”, estime le ministère britannique de la Défense, qui souligne la volonté russe “d’avancer sur le centre majeur de Kramatorsk et de sécuriser les voies d’approvisionnement sur la ville de Donetsk”.

Les forces de Moscou ont aussi progressé à l’est de la ville de Bakhmout et poursuivi leurs offensives vers le sud-est d’Izioum, en direction de Sloviansk, selon l’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW).

AFP Carte de la situation en Ukraine au 26 juin 2022.

AFP Carte de la situation en Ukraine au 26 juin 2022.

Par ailleurs, le ministère russe de la Défense a déclaré avoir frappé trois centres d’entraînement militaires dans le nord et l’ouest de l’Ukraine avec des “armes de haute précision des forces aérospatiales russes et des missiles (de croisière) Kalibr”. Parmi les cibles figure un centre d’entraînement militaire ukrainien dans le district de Starytchi, dans la région de Lviv, à une trentaine de kilomètres de la frontière avec la Pologne.

L’ISW observe à ce titre “des séries anormales de frappes russes sur des zones de l’arrière”. Il cite le commandement de l’armée de l’Air ukrainienne selon lequel quelque 50 frappes ont été enregistrées samedi près de Kiev, Khmelnytskyï, Lviv (ouest), Chernihiv (nord), Mykolaïv (sud), Kharkiv (nord-est) et dans la région de Dniepropetrovsk (centre). 

  • Le conflit au centre des discussions au G7

Le G7, réuni en sommet ce dimanche en Bavière, et l’Otan doivent “rester ensemble” contre l’agression russe de l’Ukraine, a déclaré Joe Biden avant un entretien avec le chancelier allemand Olaf Scholz.

Le président russe Vladimir Poutine espérait “que, d’une manière ou d’une autre, l’Otan et le G7 se divisent”, a déclaré le président américain Joe Biden avant que ne débute l’entretien bilatéral. “Mais nous ne l’avons pas fait et nous ne le ferons pas”, a-t-il assuré, multipliant les déclarations chaleureuses à l’adresse de son hôte.

Il a qualifié l’Allemagne de “plus proche allié” des États-Unis et a déclaré à Olaf Scholz: “je tiens à vous complimenter pour avoir été au rendez-vous quand vous êtes devenu chancelier”. Joe Biden a assuré que le chancelier allemand avait eu “un grand impact” sur toute l’Europe.

L’un des grands enjeux du sommet du G7 est de réaffirmer l’unité des Occidentaux alors que la guerre en Ukraine s’installe dans la durée et fait grimper les prix de l’énergie comme de l’alimentation partout dans le monde.

Juste avant que le rendez-vous ne débute, les grandes puissances (Allemagne, États-Unis, France, Canada, Italie, Japon, Royaume-Uni) ont annoncé leur intention de bannir les importations d’or russe qui seront en particulier coupées du crucial marché londonien.

“Les États-Unis ont imposé des coûts sans précédent à Poutine pour lui refuser les revenus dont il a besoin pour financer sa guerre contre l’Ukraine. Ensemble, le G7 annoncera que nous interdirons l’importation d’or russe, une exportation majeure qui rapporte des dizaines de milliards de dollars à la Russie”, a écrit Joe Biden sur Twitter. 

  • Johnson met en garde Macron sur d’éventuelles négociations avec la Russie

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a mis en garde dimanche le président français Emmanuel Macron contre la tentation d’une solution négociée “maintenant” en Ukraine au risque de prolonger “l’instabilité mondiale”, a indiqué Downing Street.

Lors d’une rencontre en marge du sommet, les deux dirigeants “ont convenu qu’il s’agissait d’un moment critique pour l’évolution du conflit et qu’il était possible de renverser le cours de la guerre”, a indiqué un porte-parole du gouvernement britannique, précisant qu’ils s’étaient accordés pour “renforcer” le soutien militaire à Kiev.

“Le Premier ministre a souligné que toute tentative de régler le conflit maintenant ne ferait que causer une instabilité durable et donner à Poutine le droit de manipuler les pays souverains et les marchés internationaux à perpétuité”, a-t-il ajouté.

Contrairement à Emmanuel Macron, Boris Johnson refuse tout dialogue avec le président russe Vladimir Poutine, qu’il a qualifié de “dictateur”, depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine fin février.

Dans une interview aux médias britanniques, Boris Johnson a estimé que les Occidentaux devaient avoir lors du sommet du G7, suivi d’un sommet de l’Otan à Madrid, “des discussions vraiment, vraiment franches” au sujet des implications de la guerre et des sanctions en termes d’inflation notamment, afin de “protéger l’unité” affichée jusqu’à présent.

Le gouvernement ukrainien a réclamé dimanche plus d’armes et de sanctions contre Moscou aux pays du G7, réunis en sommet en Bavière (Allemagne), à la suite de nouvelles frappes russes survenues à l’aube sur un quartier proche du centre de Kiev.

“Le sommet du G7 doit répondre par plus de sanctions contre la Russie et plus d’armes lourdes pour l’Ukraine”, a exhorté sur Twitter Dmytro Kouleba, le chef de la diplomatie ukrainienne, appelant à “vaincre l’impérialisme maladif” russe à la suite de cette attaque.

“Il est extrêmement important qu’au cours des sommets de cette semaine, le G7 et l’OTAN démontrent que leur engagement pour défendre l’Ukraine ne sera jamais plus faible que le désir de (Vladimir) Poutine de s’en emparer”, a par ailleurs insisté dimanche Dymtro Kouleba dans une tribune co-écrite avec son homologue britannique, Liz Truss.

Le ministre a de nouveau appelé à “augmenter et accélérer l’approvisionnement en armes lourdes, durcir les sanctions contre tous ceux qui contribuent à la guerre de Poutine et arrêter complètement les importations d’énergie russe”.

“Chaque arme supplémentaire aidera les Ukrainiens à repousser les envahisseurs russes” et “chaque nouvelle sanction contribuera à priver la machine militaire de Poutine de ressources et à sauver davantage de vies”, a-t-il affirmé.

Publié dans Articles de Presse

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