Un diplomate russe ose critiquer Poutine et claque la porte

Publié le par 20 Minutes

«J’ai honte. La guerre contre l’Ukraine est un crime», a notamment déclaré lundi Boris Bondarev en démissionnant de son poste de représentant auprès des Nations Unies.

Boris Bondarev sait qu’il ne pourra plus retourner en Russie. Twitter/Capture d’écran

Boris Bondarev sait qu’il ne pourra plus retourner en Russie. Twitter/Capture d’écran

Lundi, Boris Bondarev, un haut diplomate russe, qui représentait depuis deux ans et demi la mission russe auprès des Nations Unies à Genève, a annoncé qu’il démissionnait de son poste en signe de protestation contre la guerre en Ukraine. «J’ai honte. La guerre contre l’Ukraine est un crime» a déclaré l’homme de 41 ans resté dans la ville du bout du lac, où un dispositif de sécurité est en cours de préparation.

Et alors que ses déclarations ont fait des vagues dans le monde entier, il a reçu de nombreux feedbacks – positifs pour la plupart. «Je me sens bien. Je suis en paix avec moi-même», a-t-il déclaré aux journaux de Tamedia.

«Je suis d’avis qu’on peut toujours se lever et dire la vérité sur les choses que l’on perçoit» Boris Bondarev

C’est la colère accumulée pendant des années qui l’a poussé à rompre avec Moscou: «Je voulais faire bouger les choses, être une source d’inspiration pour mes collègues, pour les diplomates et les autres citoyens russes qui vivent en Russie et pensent qu’ils ne peuvent rien faire eux-mêmes. Je suis d’avis qu’on peut toujours se lever et dire la vérité sur les choses que l’on perçoit».

À ses yeux, la diplomatie russe est «grossière, mais pas efficace». Pour lui, le corps diplomatique diffuse la propagande de l’État et ce même s’il n’y croit pas. «Ils le font parce que c’est leur devoir. C’est une mentalité profondément soviétique. Elle remonte à plusieurs générations», explique-t-il au quotidien alémanique.

Selon lui, de nombreuses choses ne fonctionnent pas en Russie à cause de la «direction suprême» mise en place. «Monsieur Poutine est responsable de tout ce qui se passe en Russie. Il est le seul maître et peut prendre ce qu’il veut», poursuit-il. Boris Bondarev porte aussi un regard critique sur l’invasion de l’Ukraine: «Pendant longtemps, je n’ai pas été impliqué dans le dossier ukrainien. Aujourd’hui, il est clair pour moi aussi que les dirigeants russes ont tenté de ramener ces territoires anciennement soviétiques dans le nid, pour ainsi dire».

Conscient que sa propre démission aura sans aucun doute provoqué le chaos à l’ambassade russe, il appelle aujourd’hui son ancien chef, le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, à en faire de même.

D’après ses propres déclarations, Boris Bondarev ne pourra pas retourner en Russie. Il y serait probablement menacé d’une procédure pénale. «J’ai surtout peur pour ma famille, mes parents et mes amis proches», avoue-t-il. C’est pourquoi il reste pour l’instant en Suisse. Et s’il déclare vouloir chercher un nouveau travail – «en tant qu’ancien diplomate, j’ai beaucoup à apporter», explique-t-il, il envisage aussi de déposer une demande d’asile en Suisse ou dans un autre pays.

Publié dans Articles de Presse

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