Vladimir Poutine dénonce les « ambitions impérialistes » de l’Otan

Publié le par Le Point source AFP

Le président russe a fustigé « l’hégémonie » de l’Alliance atlantique sur Kiev. Par ailleurs, le dirigeant s’est exprimé sur la Finlande et la Suède.

Vladimir Poutine a fustigé les ambitions « impérialistes » de l'Otan. © MIKHAIL KLIMENTYEV / Sputnik / Sputnik via AFP

Vladimir Poutine a fustigé les ambitions « impérialistes » de l'Otan. © MIKHAIL KLIMENTYEV / Sputnik / Sputnik via AFP

Le président russe Vladimir Poutine a dénoncé mercredi 29 juin les « ambitions impérialistes » de l'Otan qui cherche selon lui à affirmer son « hégémonie » via le conflit ukrainien. « L'appel à l'Ukraine à poursuivre les combats et à refuser les négociations ne fait que confirmer notre hypothèse que l'Ukraine et le bien du peuple ukrainien, ce n'est pas l'objectif de l'Occident et de l'Otan, mais un moyen de défendre leurs propres intérêts », a affirmé le chef du Kremlin, lors d'une conférence de presse à Achkhabad, la capitale turkmène. « Les pays leaders de l'Otan souhaitent […] affirmer leur hégémonie, leurs ambitions impérialistes », a-t-il accusé.

L'Alliance atlantique et, « avant tout, les États-Unis avaient besoin depuis longtemps d'avoir un ennemi extérieur autour duquel ils pourraient réunir leurs alliés », selon Vladimir Poutine. « L'Iran n'était pas bon pour cela », a-t-il estimé. « Nous leur avons donné cette chance, la chance de réunir tout le monde autour d'eux », a ironisé le président russe.

Moscou ne voit « pas de problème » à l'adhésion de la Finlande et la Suède à l'Otan

Par ailleurs, la Russie ne voit « pas de problème » dans une éventuelle adhésion de la Finlande et de la Suède à l'Otan, a-t-il assuré. « Nous n'avons pas de problèmes avec la Suède et la Finlande, tels qu'on a avec l'Ukraine », a déclaré Vladimir Poutine, lors de cette même conférence de presse. « Nous n'avons pas de différends territoriaux […], il n'y a rien qui pourrait nous déranger du point de vue de l'adhésion de la Suède et de la Finlande à l'Otan », a assuré le maître du Kremlin. « Si la Finlande et la Suède le souhaitent, qu'elles y adhèrent. C'est leur affaire, elles peuvent adhérer où elles veulent », a-t-il souligné.

Mais « en cas de déploiement de contingents militaires et d'infrastructures militaires là-bas, nous serons obligés de répondre de manière symétrique et de créer les mêmes menaces pour les territoires d'où émanent les menaces pour nous », a averti Vladimir Poutine. Le processus d'adhésion de la Suède et de la Finlande, qui ont décidé de rejoindre l'Alliance en réaction à l'offensive russe en Ukraine en cours depuis le 24 février, a été officiellement lancé mercredi lors du sommet de l'Otan à Madrid. La Russie a jusqu'ici dénoncé les aspirations des deux pays nordiques, y voyant notamment un « facteur déstabilisateur » pour les affaires et la sécurité internationales.

Le chancelier allemand Olaf Scholz n'a pas tardé à réagir aux propos de Vladimir Poutine et a qualifié de « ridicule » l'accusation du président russe. « Honnêtement, c'est assez ridicule. L'Otan est une alliance défensive. Elle n'est une menace pour personne », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet de l'Otan à Madrid. « C'est plutôt Poutine qui a fait de l'impérialisme le but de sa politique » en disant que « les pays voisins » de la Russie faisaient « partie de son pays », a ajouté le chancelier allemand. « C'est cela l'impérialisme et cela ne peut pas être appelé autrement », a-t-il poursuivi.

De son côté, Boris Johnson s'est également exprimé sur la guerre en Ukraine, mais a plutôt abordé la question du retrait des troupes russes de l'île aux Serpents. Il a déclaré : « Si vous vouliez des preuves de l'incroyable capacité des Ukrainiens à riposter pour surmonter l'adversité et repousser les Russes, regardez ce qui s'est passé aujourd'hui sur l'île aux Serpents, où encore une fois, la Russie a dû céder du terrain », a déclaré le Premier ministre britannique, ajoutant qu'« en fin de compte, il s'avérera impossible pour Poutine de soumettre un pays qui n'acceptera pas sa domination ».

Publié dans Articles de Presse

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