Mort de Claude Véga, humoriste et pionnier de l'imitation moderne

Publié le par Le HuffPost avec AFP

Claude Véga a été le premier homme à incarner sur scène des célébrités féminines, croquant avec talent Barbara, la Callas ou encore Jacqueline Maillan.

MALI via Getty Images L'humoriste Claude Vega lors d'un spectacle le 27 novembre 1969, France. (Photo by MALI/Gamma-Rapho via Getty Images)

MALI via Getty Images L'humoriste Claude Vega lors d'un spectacle le 27 novembre 1969, France. (Photo by MALI/Gamma-Rapho via Getty Images)

CULTURE - Il était le père de l’imitation moderne. Claude Véga est décédé ce lundi 11 avril à 91 ans. Il a été le premier homme à incarner sur scène des célébrités féminines, croquant avec talent Barbara, la Callas ou encore Jacqueline Maillan.

“Il me suffit de penser à elles pour me transformer en elles. Un détail, un ‘défaut’, une manière de parler et je les attrapais”, confiait celui qui, dans les années 1970 et 1980, est l’invité incontournable des émissions télévisées de Maritie et Gilbert Carpentier, Danièle Gilbert et Patrick Sébastien.

Sur scène, la ressemblance avec ses “victimes” est bluffante. Il se glisse dans la peau de ses muses, sans singer, et devient lui-même diva. Jamais méchant -“je n’ai jamais pu imiter que les gens que j’aimais”- il les évoquait en disant “ma Maillan” ou “ma Feuillère”. Les femmes ne sont pas ses seules “victimes”, il a aussi imité Aznavour, De Funès, Montand ou encore Dutronc.

Ami d’enfance de François Truffaut

Claude Thibaudat le 2 juin 1930 d’un père parisien et d’une mère provençale, il ne quitte jamais le IXe arrondissement de la capitale où il a grandi.

Sous l’Occupation, il fait les 400 coups avec son ami d’enfance, un certain François Truffaut. “Sa mère ne s’occupait pas beaucoup de lui, la mienne l’avait pris en affection. C’était un demi-frère et j’allais voir s’il avait dîné, s’il avait dormi ou s’il ne s’était pas réfugié dans un cinéma du quartier comme il en avait l’habitude”, disait-il en 2012 à l’hebdomadaire Le Point.

Truffaut lui offrira d’ailleurs un rôle, celui d’un inquiétant étrangleur, dans son film “Domicile conjugal” (1970).

“Géant par la drôlerie”

Il lâche vite ses études de commerce pour des cours d’art dramatique et travaille le soir au cabaret Liberty’s. “Je voulais devenir comédien. J’ai débuté par des imitations pour subsister et me payer les cours au Conservatoire. Je récitais les Fables de La Fontaine, comme ‘Le Chêne et le Roseau’ en alternant une dizaine de voix”.

Tabac assuré. Un soir, Maria Callas est dans la salle et l’entend l’imiter. Elle s’entiche aussitôt de lui et veut l’avoir avec elle dans les émissions. Pareil pour l’actrice Edwige Feuillère.

Claude Véga se produit aussi à Bobino et fait les premières parties de plusieurs grands artistes comme Edith Piaf, Joséphine Baker ou Charles Trénet.

Lui, l’homme modeste et discret, rencontre un immense succès. On ne jure alors que par lui. “Il est petit par la taille (1m65) mais c’est un géant par la drôlerie”, écrit L’Aurore en 1973. L’année suivante, l’émission “Top à Claude Véga” est suivie par 70% des téléspectateurs. 

À 60 ans, en 1990, il lâche l’imitation pour se consacrer exclusivement à ses autres passions, le théâtre et le dessin.

On le retrouve notamment à la Comédie de Paris dans “Drôle de goûter”, d’après des textes de Boris Vian. Il connaît aussi le succès avec “Piaf, je t’aime” au Cirque d’hiver (1996) -deux nominations aux Molières- puis dans la pièce “Sylvia”, mise en scène par Lars Schmidt.

Doté aussi d’un joli coup de crayon, il publiait régulièrement des almanachs illustrés de dessins naïfs et frais à la Jacques Faizant. 

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