Décès d'Olivia Newton-John, alias Sandy dans le film « Grease »

Publié le par Le Point par Marc Fourny

L'actrice et chanteuse est morte à 73 ans. Trois ans avant « Grease », elle s'était fait connaître aux États-Unis avec son titre « I Honestly Love You ».

Dans "Grease", Olivia Newton-John partageait l'affiche avec John Travolta. © MARK RALSTON / AFP

Dans "Grease", Olivia Newton-John partageait l'affiche avec John Travolta. © MARK RALSTON / AFP

Toute star connaît son sacre médiatique. Pour Olivia Newton-John, ce fut la scène mythique de Grease lorsqu'elle débarque en perfecto et pantalon de latex noir – cousu directement sur elle – pour séduire John Travolta sur l'air mythique « You're the One That I Want »… La Sandy nunuche et cucul se transforme soudain en bombe électrisante sur un tube qui va se faire trémousser toute une génération. Et voilà Olivia Newton-John devenue du jour au lendemain un véritable sex-symbol planétaire, dans la lignée des Bardot et Marilyn

Rien ne prédestinait la Britannique à suivre un parcours cinématographique. Son truc à elle, c'était d'abord la musique. Née en 1948 à Cambridge, elle passe une grande partie de sa jeunesse en Australie, où ses parents s'installent alors qu'elle n'a que 5 ans. Dix ans plus tard, elle est à la tête d'un petit girl band avec ses copines et fait ses premières armes dans les télécrochets et les radios locales. Quand elle revient en Angleterre, c'est pour sortir un premier single à seulement dix-huit ans. Elle tourne dans un premier film musical qui fera un flop et enchaîne ses premiers disques, dont un produit par son fiancé de l'époque, guitariste des Shadows.

En 1974, elle perce aux États-Unis avec son titre « I Honestly Love You ». Bien décidée à capitaliser sur ses premiers succès, la blonde flamboyante traverse l'Atlantique et s'impose dans la country-pop, raflant des prix dont un Grammy Award. La carrière d'Olivia semble alors toute tracée lorsqu'elle croise la route du producteur Allan Carr qui a racheté les droits d'une comédie improbable sur des flirts d'adolescents bons à rien qui jouent des muscles au milieu d'un parterre de filles mâcheuses de chewing-gum…

Elle redoute le navet

Carr a déjà trouvé son héros, Danny, avec un John Travolta ultra-gominé. Mais il lui faut une fille blonde bien sage capable de se métamorphoser sous les feux de l'amour… Le premier contact n'est guère concluant, Olivia n'est pas emballée, elle se trouve trop vieille avec ses 29 ans au compteur et sent le bide à plein nez. « J'étais inquiète à l'idée de revenir au cinéma, confiera-t-elle plus tard. Ma carrière musicale se portait bien et je ne voulais pas la gâcher en tournant un autre navet… »

Mais les premiers essais avec Travolta sont concluants, Olivia se laisse convaincre. Le tournage se déroule dans une ambiance potache mais soutenue, les délais sont courts, il faut mettre en boîte la comédie en deux mois pendant l'été torride de 1977, avec un faible budget et une Paramount qui ne croit pas une seconde à ce projet guimauve. La scène légendaire de « You're the One That I Want » prend à elle seule 7 heures et laisse le duo sur les rotules… Mais Travolta pressent que le passage va marquer les esprits, notamment avec cette transformation de Sandy-Olivia en vamp. « Je l'ai trouvée bombesque, a raconté l'acteur à Vanity Fair. Marilyn Monroe croisée avec une motarde. Un mélange qui, je le savais, allait faire un tabac. Dans la pièce de théâtre, ce passage faisait rire. Dans le film, ça faisait un effet WOW ! »

Icône du disco

En salle aussi, c'est une vraie tornade. Malgré une critique atroce, les ados en redemandent faisant de Grease l'une comédies musicales les plus populaires au monde : 400 millions de dollars de recettes, 30 millions d'albums vendus, et deux stars catapultées au firmament… pour le pire et le meilleur. Car Travolta et Newton-John, devenus icônes du disco, vont avoir un mal fou à échapper à l'étiquette qui leur colle désormais à la peau – ils reformeront leur duo dans le film Two of a Kind, qui fera un flop retentissant.

Si John s'entête sur les plateaux ciné, Olivia revient vite à sa première formation en continuant à sortir des disques avec plus ou moins de succès. En 1981, elle décroche son plus gros score avec son album Physical, qui s'écoule à deux millions d'exemplaires. Le clip de la chanson-titre met en émois toute une génération – trente ans plus la tard la série Glee lui rendra un hommage appuyé avec « queen Olivia herself ». Elle renoue avec la scène, enchaîne régulièrement des tournées en Australie et aux États-Unis, chante des reprises et sort des compilations, mais ne retrouvera plus les sommets du début des années 1980.

Calvaire

Côté vie privée, elle n'est guère épargnée : elle se marie, met au monde une fille, Chloé, puis divorce, rencontre un caméraman, qui finit par disparaître en mer en 2005… avant qu'il ne soit retrouvé au Mexique, où il a refait sa vie après des années de silence. Entre-temps, Olivia s'est remariée avec John Easterling, entamant une relation plus sereine à l'aube de la soixantaine. En revanche, elle a dû faire face à plusieurs récidives du cancer du sein, pas moins de deux rechutes depuis les années 1990, un vrai calvaire qu'elle a choisi d'accepter et de surmonter avec philosophie. « Beaucoup de gens voient ça comme un combat, expliquait-elle sur une télévision australienne. Pour ma part, je vois la maladie comme faisant partie de ma mission. »

Olivia Newton-John en 2018. © Alberto E. Rodriguez / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Olivia Newton-John en 2018. © Alberto E. Rodriguez / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

L’artiste a toujours fait face, levant notamment des fonds pour financer un centre de recherche à Melbourne, le Olivia Newton-John Cancer Wellness & Research Centre, destinée à la lutte et à la prévention contre la maladie. Et à l’automne 2019, en pleine rechute, Olivia mettait aux enchères sa fameuse tenue provocante de Grease pour financer la recherche. À l'époque, très entourée par ses proches, elle soignait ses douleurs avec la méditation et la marijuana médicale. Dans une de ses dernières interviewes, la chanteuse disait profiter de chaque minute « jusqu'au bout ». « J'ai travaillé toute ma vie, rappelait-elle au magazine Who. Aujourd'hui, je me lève, je nourris mon chat, mon chien et mon mari, habituellement dans cet ordre. Je prends plaisir à être une femme au foyer. Je vis ma vie et je me demande ce qui m'attend. Je sais qu'il y aura autre chose… »

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