Décès d'un ancien prisonnier américain qui a passé 43 ans à l'isolement

Publié le par Le Figaro avec AFP

L'Afro-Américain Albert Woodfox, un ancien militant des Black Panthers détenteur du triste record de longévité en détention solitaire, est décédé jeudi 4 août six ans après sa sortie de prison, a indiqué son avocat.

L'Afro-Américain Albert Woodfox, détenteur du triste record de longévité en détention solitaire. ALAIN JOCARD / AFP

L'Afro-Américain Albert Woodfox, détenteur du triste record de longévité en détention solitaire. ALAIN JOCARD / AFP

Le sort de ce détenu, qui a passé 43 ans seul dans une minuscule cellule pour un meurtre qu'il a toujours nié, était devenu le symbole des travers de l'univers carcéral américain. À 75 ans, il est mort de complications liées au Covid, a écrit à l'AFP son avocat George Kendall. «Il y a un énorme trou dans le ciel ce soir», a-t-il ajouté sur Twitter. Condamné pour braquage à main armée, Albert Woodfox était détenu au pénitencier d'Angola, une prison de Louisiane à la sinistre réputation, quand un gardien blanc avait été tué au cours d'une émeute. Accusé de ce meurtre malgré ses dénégations, il avait été placé à l'isolement en 1972, tout comme deux autres détenus, Herman Wallace et Robert King.

Les trois hommes étaient alors militants des Black Panthers, mouvement radical de lutte contre les discriminations raciales dans les années 60 et 70 aux États-Unis. Surnommés «les trois d'Angola», ils étaient restés en détention solitaire pendant des décennies, malgré des campagnes en leur faveur portées notamment par Amnesty International. Robert King avait finalement été libéré en 2001. Herman Wallace en 2013, mais il était atteint d'un cancer et est décédé trois jours plus tard. Albert Woodfox n'a été relâché qu'en 2016.

La détention à l'isolement, qui revient à être seul dans une cellule étroite 23 heures sur 24, est le lot de quelque 80.000 prisonniers aux États-Unis, et nombre d'entre eux sont emprisonnés ainsi durant plusieurs années. Les militants pour des réformes du système carcéral jugent qu'il s'agit d'un traitement inhumain, des recherches ayant montré que priver un individu de stimulation visuelle, d'interactions, de lumière naturelle ou d'activité physique peut modifier la structure de son cerveau en l'espace de quelques jours.

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