Guerre en Ukraine : nouvelle aide massive de 775 millions de dollars des Etats-Unis

Publié le par L'Express avec AFP

Promettant jusqu'à présent de n'envoyer à Kiev uniquement du matériel de défense, les Etats-Unis commencent à changer de doctrine alors que les troupes russes s'enlisent dans le sud et l'est de l'Ukraine.

Un militaire de l'US Airforce supervise des palettes de munitions, d'armes et d'équipements divers à destination de l'Ukraine à la Dover Air Force Base dans le Delaware. Archive, le 21 janvier 2022  afp.com/Handout

Un militaire de l'US Airforce supervise des palettes de munitions, d'armes et d'équipements divers à destination de l'Ukraine à la Dover Air Force Base dans le Delaware. Archive, le 21 janvier 2022 afp.com/Handout

De la défense à la contre-offensive ? Selon le renseignement américain, les troupes russes en Ukraine n'avancent plus, et reculent même par endroits. Un enlisement propice à la contre-attaque : Kiev va recevoir un nouvel arrivage d'armes de Washington, de quoi "renforcer la position de l'Ukraine à la table des négociations" a déclaré le chef de la diplomatie américaine, vendredi. 

Alors que les États-Unis ont jusque-là assuré ne fournir que des armes "défensives", la responsable du Pentagone a laissé entendre que l'objectif était désormais d'aider les forces ukrainiennes dans la contre-offensive qu'elles préparent pour reprendre notamment la ville stratégique de Kherson, dans le sud du pays. En parallèle, Poutine a accepté de faire visiter la centrale nucléaire de Zaporijia, où de nombreux tirs ont eu lieu, et une délégation de maires européens s'est engagée à venir en aide aux municipalités ukrainiennes lorsque sera venu le temps de la reconstruction. 

  • La Russie patine, selon le renseignement américain

Les forces russes démontrent un "manque total de progrès sur le champ de bataille" en Ukraine, a estimé vendredi une haute responsable du Pentagone, citant notamment l'utilisation par les forces ukrainiennes des missiles américains Himars. "Nous n'avons pas constaté de reprise de territoire" par les forces ukrainiennes, a reconnu cette responsable ayant requis l'anonymat. "Mais nous constatons un affaiblissement net des positions russes à plusieurs endroits", a-t-elle ajouté, alors que de nombreuses bases arrière russes ont explosé ces derniers jours.  

Ce ralentissement n'est pas synonyme d'arrêt des combats. Au contraire. Dans l'est de l'Ukraine, les bombardements russes se sont poursuivis vendredi, faisant au moins cinq morts et dix blessés dans plusieurs localités de la région de Donetsk, l'une des deux provinces du Donbass, un bassin industriel qui est l'objectif stratégique prioritaire de Moscou. Kharkiv (nord-est), la deuxième ville d'Ukraine, a en outre fait l'objet de nouvelles frappes. Le bilan est d'au moins 15 morts. 

  • Les États-Unis annoncent de nouvelles armes

Les États-Unis ont annoncé vendredi une nouvelle tranche d'aide militaire à l'Ukraine pour un montant de 775 millions de dollars. Elle est destinée à aider Kiev à lancer une contre-offensive dans le Sud au moment où les forces russes paraissent fragilisées. "Ces capacités sont soigneusement calibrées pour faire le plus de différence possible sur le champ de bataille et pour renforcer la position de l'Ukraine à la table des négociations", a souligné le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, en conférence de presse.

Cette nouvelle tranche d'aide comprend notamment des missiles supplémentaires pour les systèmes américains d'artillerie de précision Himars, qui ont "changé la donne sur le champ de bataille", a indiqué à la presse une haute responsable du ministère américain de la Défense. Dans les convois figurent également des véhicules blindés anti-mines MaxxPro, destinés au transport de troupes en terrain miné, et des missiles air-sol supersoniques Harm, capables de détruire les radars ennemis. Depuis le début de la guerre, les Etats-Unis ont fourni pour 10,7 milliards de dollars d'armement à Kiev. 

  • La crise du gaz s'aggrave

Le prix européen du gaz a atteint un nouveau record en clôture ce vendredi, dopé par la fermeture "pour maintenance" de Nord Stream par le géant russe Gazprom pour plusieurs jours. La difficulté de l'Union européenne à amasser des réserves suffisantes pour pouvoir se passer des exportations russes pendant l'hiver sans créer de pénurie a fait monter le prix du contrat à terme du TTF néerlandais à 257,40 euros, du jamais vu en fin de séance. Si Gazprom a affirmé que les livraisons de gaz allaient reprendre après un arrêt du 31 août au 2 septembre, le marché reste nerveux : l'UE accuse Moscou d'utiliser le gaz comme moyen de pression dans le cadre de son invasion de l'Ukraine.

Une situation qui promet une rentrée européenne sous tension, même en France. "Je pense à notre peuple auquel il faudra de la force d'âme pour regarder en face le temps qui vient, résister aux incertitudes, parfois à la facilité et à l'adversité et, unis, accepter de payer le prix de notre liberté et de nos valeurs", a prévenu Emmanuel Macron, lors d'une cérémonie pour le 78e anniversaire de la libération de Bormes-les-Mimosas (Var). 

  • Guterres appelle à lever les "entraves" à l'exportation des engrais

"Sans engrais en 2022, il n'y aura peut-être pas assez de nourriture en 2023. Faire sortir plus de nourriture et d'engrais d'Ukraine et de Russie est essentiel pour apaiser les marchés (...) et faire baisser les prix pour les consommateurs" a affirmé ce samedi Antonio Guterres. Le secrétaire général de l'ONU était en déplacement à Odessa puis à Istanbul pour observer l'application de l'accord sur l'exportation des céréales ukrainiennes signé en juillet par Kiev et Moscou. Il appelle à un engagement du secteur privé et les gouvernements européens à coopérer dans le sens de la mise en place de l'accord.  

Si 650 000 tonnes de céréales et de produits agricoles ukrainiens ont quitté le sol du pays envahi, le secrétaire général a promis, jeudi, que son organisation allait "intensifier" les exportations de céréales ukrainiennes avant l'arrivée de l'hiver, celles-ci étant cruciales pour l'approvisionnement alimentaire de nombreux pays d'Afrique. 

  • Les maires européens au chevet des villes ukrainiennes

Les municipalités européennes s'engagent pour la reconstruction. Les maires des villes de Marseille, Lyon, Athènes, Florence, Helsinki, Oslo, Riga et Tirana se sont rendus vendredi à Kiev et ont ratifié un protocole d'accord "en présence" de Volodymyr Zelensky, "pour une reconstruction durable des villes ukrainiennes", selon un communiqué.  

"Marseille est et restera aux côtés du peuple ukrainien et de sa jumelle Odessa (...). Cette initiative permettra une meilleure coordination des circuits d'aide humanitaire entre les villes européennes et les villes ukrainiennes", a expliqué Benoît Payan, le maire de Marseille, dans le communiqué. La cité phocéenne est jumelée à la ville portuaire d'Odessa depuis 50 ans. 

"Marseille connaît le prix de la guerre, elle sait que les villes sont le premier échelon de la reconstruction. Ce que nous avons vu à Borodyanka, Bucha, Irpin nous oblige à davantage de mobilisation et de solidarité entre les villes. En agissant ensemble, nous serons plus puissants pour aider l'Ukraine lorsque la paix adviendra", a-t-il ajouté. 

  • Vers une visite de Zaporijia ?

Vladimir Poutine a accepté vendredi que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) envoie une mission à la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, disant craindre que les bombardements ne finissent par provoquer une "catastrophe de grande envergure", dans le cadre d'un appel téléphonique avec Emmanuel Macron

Douze Ukrainiens ont été blessés ce samedi dans un bombardement russe à Voznesensk, avance les autorités ukrainiennes. Voznesensk est une ville située non loin d'une centrale nucléaire dans le sud du pays. Volodymyr Zelensky accuse Moscou de "terrorisme nucléaire". 

Dans le même temps, Antonio Guterres, en visite en Ukraine, a demandé à la Russie de ne pas couper du réseau ukrainien cette centrale que son armée occupe depuis début mars, et qui est devenue la cible ces dernières semaines de frappes dont Moscou et Kiev s'accusent mutuellement. 

Publié dans Articles de Presse

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