Guerre en Ukraine : ce qu'il faut retenir de la journée du lundi 3 octobre

Publié le par Mémoires de Guerre

Libération du directeur de la centrale de Zaporijjia, annexions ratifiées par le Parlement russe, discours d'Elisabeth Borne devant les députés français… Franceinfo récapitule les principales informations de la journée.

Une femme marche à proximité de la Douma, la chambre basse du Parlement russe, à Moscou (Russie), le 3 octobre 2022.  (YURI KADOBNOV / AFP)

Une femme marche à proximité de la Douma, la chambre basse du Parlement russe, à Moscou (Russie), le 3 octobre 2022. (YURI KADOBNOV / AFP)

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a annoncé lundi 3 octobre la libération du directeur général de la centrale nucléaire de Zaporijjia, après son arrestation vendredi par la Russie. En parallèle, le Parlement russe a ratifié à l'unanimité la loi sur l'annexion de quatre régions ukrainiennes. Franceinfo revient sur ce qu'il faut retenir de cette journée, sur le front de la guerre en Ukraine

Le directeur de la centrale de Zaporijjia libéré 

Le directeur général de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia a été libéré lundi, a annoncé l'AIEA, qui dispose d'experts sur place. Igor Mourachov avait été arrêté vendredi 30 septembre par la Russie, qui contrôle le site. Il avait été interpellé par une "patrouille russe" alors qu'il se rendait depuis la centrale vers la ville d'Enerhodar, tenue par les Russes, selon l'opérateur ukrainien Energoadom. "J'ai reçu la confirmation qu'il était rentré chez lui sain et sauf", a tweeté le patron de l'AIEA, Rafael Grossi. 

La centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, est occupée depuis début mars par les troupes russes, mais se trouve non loin de la ligne de démarcation entre les territoires contrôlés par Kiev et ceux occupés par Moscou. Elle est située dans la région de Zaporijjia, l'un des territoires ukrainiens officiellement annexés vendredi par la Russie.

Le Parlement russe ratifie la loi sur l'annexion de quatre régions ukrainiennes

Sans surprise, les députés russes ont approuvé lundi à l'unanimité la loi sur l'annexion de quatre régions ukrainiennes, une décision qui avait déjà été approuvée par le président Vladimir Poutine et avait suscité une pluie de condamnations internationales.

Les députés de la Douma, chambre basse du Parlement, ont tous voté en faveur de l'annexion des régions de Donetsk et de Louhansk (est de l'Ukraine), ainsi que de celles de Kherson et de Zaporijjia (sud), selon la retransmission en direct de la cérémonie du vote à la télévision russe. Ni abstention ni vote contre n'ont été enregistrés. L'Ukraine a répliqué en demandant une "adhésion accélérée" à l'Otan et en déclarant qu'elle ne négocierait pas avec Moscou tant que Vladimir Poutine est président.

Elisabeth Borne réaffirme le soutien de la France à l'Ukraine

"Nous n'avons pas le droit de faiblir (...) Nous devons être solidaires", a déclaré la Première ministre à l'Assemblée nationale, dans le cadre de la rentrée parlementaire, lundi. La guerre en Ukraine "n'est pas seulement un conflit entre deux pays. (...) Cette guerre, c'est une lutte pour nos valeurs", a affirmé Elisabeth Borne devant les parlementaires, appelant à une poursuite des sanctions contre la Russie. 

Ces dernières "fonctionnent", a-t-elle souligné, "n'en déplaise à ceux qui masquent leur fascination pour l'impérialisme russe par un prétendu patriotisme""Notre objectif est le même depuis le début : rendre le coût de la guerre insupportable pour la Russie", a-t-elle martelé. La cheffe du gouvernement a ainsi réaffirmé l'importance du "multilatéralisme" pour avancer dans le conflit : "Nous sommes forts lorsque nous avançons unis, a-t-elle déclaré. La Russie pensait trouver l'Otan faible et divisée, elle l'a ressoudée."

La journaliste dissidente Marina Ovsiannikova placée sur la liste des personnes recherchées

La journaliste Marina Ovsiannikova a été placée sur la liste des personnes recherchées en Russie, selon une notice consultée lundi par l'AFP concernant cette voix critique du conflit en Ukraine, connue pour avoir brandi une pancarte pacifiste à la télévision. Le site du ministère russe de l'Intérieur précise que Marina Ovsiannikova, 44 ans, est recherchée dans le cadre d'une affaire pénale, sans plus de précisions.

La journaliste avait été inculpée en août pour "diffusion de fausses informations" sur l'armée russe, un crime passible de 10 ans de prison. Elle était depuis assignée à résidence. Igor Ovsyannikov, son ex-mari, avait déclaré samedi, sur la chaîne RT, qu'elle avait violé son assignation à résidence et qu'elle était partie avec leur fille de 11 ans. Franceinfo n'a pas pu joindre son avocat dans l'immédiat.

Une avancée des forces ukrainiennes dans l'est du pays

Les forces ukrainiennes conservaient l'initiative lundi et poursuivaient leur avancée dans l'est de l'Ukraine après s'être emparées dimanche de la ville stratégique de Lyman, tout en maintenant la pression sur l'armée russe dans la région de Kherson (sud).

Dans le bassin du Donbass, la perte de Lyman, dans la région de Donetsk annexée par Moscou, est un revers de taille pour l'armée russe, incapable à ce stade de contrôler la totalité des territoires qu'elle occupe. "L'annonce des annexions contraste fortement avec la réalité militaire sur le terrain", observe Michael Kofman, du centre de réflexion Center for a New American Security (CNAS).

Publié dans Articles de Presse

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