Guerre en Ukraine : Kherson en passe d'être reprise aux Russes, un gradé analyse la situation

Publié le par franceinfo par Gaële Joly - Laurent Macchietti - franceinfo Radio France

La ville de Kherson, tenue par les Russes depuis huit mois, est en passe de repasser dans les mains de l'armée ukrainienne. Selon un officier supérieur ukrainien, ce n'est plus qu'une question de jours.

Le colonel ukrainien Oleksandr Pyskun, du conseil de défense de l'administration militaire de Kryivie Rih. (GAELE JOLY / RADIO FRANCE)

Le colonel ukrainien Oleksandr Pyskun, du conseil de défense de l'administration militaire de Kryivie Rih. (GAELE JOLY / RADIO FRANCE)

Le colonel Oleksandr Pyskun nous reçoit en fauteuil roulant, dimanche 23 octobre. Il a perdu l'usage de ses jambes en pleine guerre du Donbass, en 2014. Il est aujourd'hui conseiller tactique au conseil de défense de l' administration militaire de Kryivie Rih. Il suit minute par minute l'avancée des troupes ukrainiennes sur Kherson, la plus grande ville ukrainienne sous occupation russe : "Chaque kilomètre est de plus en plus difficile à gagner. Ils ont fortifié leurs lignes, c'est pourquoi il est si difficile d'avancer pour nos troupes. Mais nous continuons d'avancer. On a l'espoir que Kherson soit très bientôt libérée." L'armée ukrainienne gagne du terrain, même si elle subit toujours de lourdes représailles par les airs, avec des tirs de roquette russes sur l'ensemble de son territoire. 

"Je pense que le moral des Russes est cassé. Ils évacuent en ce moment les soldats et les collabos." Colonel Oleksandr Pyskun à franceinfo

Mais la grande difficulté pour l'armée ukrainienne, c'est de préserver les civils restés sur place à Kherson. "Nous n'allons pas prendre la ville d'assaut parce que nous comprenons très bien que là-bas, il reste des citoyens ukrainiens qui n'ont pas pu partir ou qui n'ont pas voulu laisser leur famille ou leur maison, explique le colonel Pyskun. On va prendre les mesures adéquates. Mais ce sera impossible d'éviter les pertes civiles à 100%." Les autorités prorusses de la région de Kherson, annexée par la Russie, ont appelé samedi tous les civils à quitter "immédiatement" la capitale régionale, face à l'avancée des forces de Kiev.

Interrogé sur une possibile attaque nucléaire, il n'exclut pas l'hypothèse mais ce serait "totalement illogique" en terme de stratégie militaire. Cela signerait tout simplement la mort de Vladimir Poutine.

Publié dans Articles de Presse

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