Kherson : les civils laissent derrière eux une ville en proie aux bombardements

Publié le par franceinfo par L. Lacroix - France 2 France Télévisions

Sous la pression des troupes ukrainiennes, les dirigeants pro-russes viennent de lancer un appel à l’évacuation en urgence de la population. Est-ce pour laisser place à l'armée russe et à de nouveaux combats ? Kiev dénonce en tout cas une déportation massive de la population ukrainienne. L’équipe de Luc Lacroix, envoyé spécial pour France Télévisions, est sur place, à Kherson, en exclusivité.  

Kherson : les civils laissent derrière eux une ville en proie aux bombardements

L’opération est délicate. Allongés sur des civières, ces malades sont transbordés sur un bateau. C’est le seul moyen de quitter la ville. Face à l’avancée des Ukrainiens, les Russes ont demandé aux civils d’évacuer Kherson. Ils laissent derrière eux une ville en proie aux bombardements. C’est la traversée de tous les dangers. À bord, les visages sont fermés, il y a la peur d’être touché par un tir. Sur l’autre rive, plus éloignée du front, les ferries se succèdent, avec à leur bord des centaines de passagers. Ils ont emporté ce qu’ils pouvaient et sont soulagés, à l’arrivée. "Là où nous allons, ça ne tire pas", dit un civil. Il y a parfois la dure prise de conscience d’avoir tout perdu. "La voiture, toutes les affaires d’une vie, il ne reste plus rien", se désole une habitante. Elle et sa famille en sont convaincus, pour eux c’est un voyage sans retour qui commence. La maison où ils ont passé leur vie a été bombardée.

"La majorité de ceux qui partent nous disent soutenir les Russes"

"Si on n’a plus de maison, rentrer où ? Notre maison a complètement brûlé. Rentrer où ?" lance un homme. "Comment vous dire, on ne sait plus de qui avoir peur. On a été sous la menace depuis sept mois déjà. Où ils tirent, qui tire ?" dit une femme. Ceux qui ne savent pas où aller sont pris en charge par les Russes, ils contrôlent la zone. Tous sont citoyens ukrainiens, mais c’est bien vers la Russie qu’ils sont convoyés. "Bien sûr ma patrie c’est l’Ukraine. Mais ce départ est temporaire", déclare une autre civile. Mais la majorité de ceux qui partent nous disent soutenir les Russes. "Si Kherson est russe, alors on rentrera. Mais si c’est l’Ukraine, alors non", déclare une femme. "Tous les habitants à qui nous avons parlé nous ont dit qu’ils n’avaient pas été forcés par l’armée russe à quitter Kherson. Ils nous ont même dit qu’il y avait des habitants qui voulaient rester coûte que coûte dans la ville", rapporte Luc Lacroix, envoyé spécial dans les zones contrôlées par les Russes. 

Publié dans Articles de Presse

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