"Surtout que les bombes ne tombent pas sur ma famille": l'angoisse des mineurs ukrainiens coincés sous terre après une frappe russe

Publié le par franceinfo par Thibault Lefèvre et Arthur Gerbault - franceinfo Radio France

Au centre de l’Ukraine, la ville industrielle de Kryvyï Rih possède quatre mines. L’une d’elles a été touchée lundi par un tir de missile russe, bloquant les mineurs sous terre pendant cinq heures de terrible incertitude. 

Le système de traction ayant permis de remonter les mineurs ukrainiens coincés sous terre à Kryvyï Rih , le 12 octobre 2022. (THIBAULT LEFEVRE)

Le système de traction ayant permis de remonter les mineurs ukrainiens coincés sous terre à Kryvyï Rih , le 12 octobre 2022. (THIBAULT LEFEVRE)

Il est environ 11 heures lundi 10 octobre, quand un missile russe tombe sur la centrale électrique de Kryvyï Rih, dans le centre de l'Ukraine. Le courant reste coupé pendant 18 heures dans plusieurs secteurs de la ville. Et 82 mineurs se retrouvent coincés sous terre, en périphérie de la ville.

"Bien sûr que tout le monde s'inquiétait. Nous sommes dans une ville proche de la ligne de front", raconte Pavel qui fait partie du groupe bloqué à 527 mètres sous la terre, dans le noir, pendant près de cinq terribles heures. L'ascenseur étant immobilisé, "notre chef d'équipe nous a demandé d'aller dans une pièce de sécurité ventilée et nous avons attendu. On insultait nos ennemis", poursuit Pavel, qui, lui, pensait à sa famille. "Surtout que les bombes ne tombent pas où sont mon fils, ma femme, ma mère et mon père !", a-t-il prié. "Ma situation passe après." 

"C'est la première fois que nous avons un accident comme ça"

Les mineurs ont été remontés grâce à un système de traction pneumatique installé peu de temps avant le début de la guerre et ne nécessitant pas d'électricité. Le protocole de sécurité a été appliqué à la lettre, se félicite Sergueï Sapsoï, le directeur de la mine. "En dépit des risques, il faut absolument que la mine fonctionne et que l'entreprise tourne", insiste-t-il. Mais malgré les missiles, il faut protéger les hommes et maintenir un minimum d'activité dans les sous-sols. "J'étais inquiet pour tous les mineurs, avoue Sergueï Sapsoï. C'est la première fois que nous avons un accident comme ça. Il faut que l'eau soit évacuée en permanence. Sinon le niveau monte et les galeries sont inondées. Après c'est toujours possible d'exploiter à nouveau la mine, mais ça prend du temps. Il faut pomper et ça coûte cher".

Un coût et des conséquences sur l’environnement. Car à Kryvyï Rih, les habitations sont proches des mines et en cas d'inondation, les nappes phréatiques peuvent être rapidement contaminées.

Publié dans Articles de Presse

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