Transports, écoles, fonction publique... Quels seront les secteurs touchés par la grève mardi ?

Publié le par franceinfo France Télévisions

Plusieurs syndicats appellent à une journée de grève interprofessionnelle, mardi, "pour l'augmentation des salaires et la défense du droit de grève". De nombreux secteurs sont concernés.

Des manifestants portent des drapeaux du syndicat FSU lors d'un rassemblement à Toulouse (Haute-Garonne), le 15 octobre 2022. (ALAIN PITTON / NURPHOTO VIA AFP)

Des manifestants portent des drapeaux du syndicat FSU lors d'un rassemblement à Toulouse (Haute-Garonne), le 15 octobre 2022. (ALAIN PITTON / NURPHOTO VIA AFP)

Pas de coup de pompe pour les grévistes. Alors que le mouvement de grève dans le secteur pétrolier a été reconduit sur cinq sites de TotalEnergies, lundi, la semaine sera également marquée par une journée de manifestations et de grève nationale interprofessionnelle, mardi 18 octobre, notamment pour demander des hausses de salaires. Plusieurs syndicats souhaitent organiser "partout", avec les jeunes et les salariés des différents secteurs professionnels, "des mobilisations et actions, dans les entreprises et les services".

Cette journée d'action concernera "les raffineries, l'agroalimentaire, les crèches, les transports publics, l'énergie et le nucléaire, (...) l'éducation, la santé, le commerce...", a énuméré Catherine Perret, secrétaire confédérale de la CGT. Tour d'horizon.

  • Dans l'éducation nationale et les crèches

Les salariés et le personnel de l'Education nationale sont appelés à la grève par plusieurs syndicats. "Nous appellerons mardi prochain à la mobilisation et, dans certains endroits, ça se traduira par la grève [des enseignants]", a déclaré sur BFMTV Guislaine David, porte-parole du SNUipp-FSU. Elle réclame une augmentation de 300 euros par mois pour le corps enseignant, "dans un premier temps", afin de "pouvoir rattraper les salaires des autres pays européens".

"Dans notre secteur, l'augmentation de 3,5% du point d'indice non seulement ne rattrape pas le gel des salaires depuis 2010, mais [elle] est déjà largement dévorée par l'inflation", écrit le syndicat SUD Education, dans un communiqué. La réforme des retraites et celle du lycée professionnel – qui prévoit une réduction du temps de cours au profit de stages en entreprises – figurent aussi dans les motifs de contestation.

Par ailleurs, "la grève devrait être très suivie chez les Atsem [Agent territorial spécialisé des écoles maternelles], en maternelle, a estimé auprès du Parisien Baptiste Talbot, coordinateur de la CGT Fonction publique. C'est la même chose pour les crèches, où le mouvement devrait être très suivi selon nos informations."

  • Dans la fonction publique

L'UFSE-CGT, premier syndicat de la fonction publique, invite également à la mobilisation. Des préavis ont été déposés pour les trois versants de la fonction publique (Etat, territoriale et hospitalière). La Fédération des services publics appelle à soutenir les actions décidées par les grévistes dans les raffineries, pour réaffirmer des revendications salariales (10% d'augmentation du point d'indice tout de suite) et dénoncer la réforme des retraites. Le préavis fédéral couvre la journée du 18 octobre et "s'étend jusqu'à la fin du mois", précise le communiqué, ce qui est plutôt inhabituel, selon la secrétaire confédérale, Céline Verzeletti.

  • A la SNCF

Des perturbations sont attendues sur le réseau ferroviaire. Un TER et un train Intercités sur deux en moyenne circuleront en France, ainsi que sur les réseaux d'Ile-de-France. La journée de grève interprofessionnelle ne touchera qu'à la marge le trafic TGV, a annoncé lundi la SNCF.

Le syndicat SUD-Rail, troisième organisation représentative à la SNCF, va proposer aux cheminots une grève reconductible à partir de mardi. "On fera des assemblées générales le mardi 18 octobre un peu partout en France et on posera la question de la grève reconductible", a déclaré Fabien Villedieu, délégué syndical SUD-Rail. "Les grands départs, c'est à partir de vendredi. Si le rapport de force est très fort dès mardi, les curseurs peuvent bouger très rapidement", a-t-il avancé sur franceinfo.

Le 6 juillet, la direction de la SNCF avait déjà octroyé une augmentation moyenne de 3,7% pour les petits salaires et 2,2% pour les cadres à l'issue d'une journée de grève qui avait perturbé les départs en vacances d'été. Les cheminots peuvent escompter que l'approche des vacances scolaires de la Toussaint incite la direction de la SNCF à négocier.

  • Dans les transports en commun franciliens

La RATP a communiqué ses prévisions de trafic pour mardi en Ile-de-France. Le trafic sera perturbé sur la ligne du RER A, avec en moyenne trois trains sur quatre en circulation. Les interconnexions à Nanterre-Préfecture (RER A) et à gare du Nord (RER B) seront maintenues. Un train sur deux circulera sur les lignes B et C du RER, H, N et R du Transilien. Trois trains sur cinq fonctionneront sur le RER E, deux sur trois pour la ligne U, tandis qu'il y aura un tram toutes les 15 minutes sur la ligne T4. Le trafic sera normal sur certaines lignes (K, T11, T13). 

Du côté des bus, la RATP prévoit deux bus sur trois en circulation sur l'ensemble du réseau, mais certaines lignes seront "très perturbées". En revanche, le trafic des Noctilien sera normal, et celui des lignes de métro et du tramway "quasi normal", selon la RATP.

  • Dans le secteur du nucléaire

Une grève est déjà en cours, depuis fin septembre, dans plusieurs centrales nucléaires. Neuf sites sont mobilisés pour demander de meilleurs salaires. Ce mouvement, selon la direction d'EDF, entraîne le report du redémarrage de cinq réacteurs nucléaires à l'arrêt. "On a eu un gel du salaire de base depuis trois ou quatre ans. Pendant ce temps-là, le smic a augmenté", a commenté sur franceinfo Julien Lambert, secrétaire fédéral de la FNME-CGT. "Les gens sont déjà mobilisés, donc ils vont continuer de le faire jusqu'à la journée interprofessionnelle du 18 octobre", a-t-il ajouté, tout en réclamant l'ouverture rapide de négociations.

  • Dans les ports

La CGT du port de Marseille (Bouches-du-Rhône) a décidé de ne pas décharger les bateaux pétroliers, en réponse aux propos de Renaud Muselier, président de la région Paca. Ce dernier avait déclaré, sur BFMTV, que le syndicat faisait "une saloperie au peuple français" avec le mouvement dans les raffineries et les dépôts de caburant. Le secrétaire général de la CGT du port, Pascal Galéoté, avait annoncé vendredi que ces propos ne resteraient pas lettre morte, précise France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur.

  • Dans les transports routiers

"Les salariés du transport routier de marchandises et, plus particulièrement, ceux qui concourent à transporter des matières dangereuses, sont solidaires de la lutte en cours", a annoncé la fédération des transports de la CGT dans un communiqué, appelant ses militants "à gonfler les piquets de grève". La Fédération SUD-Solidaires a également déposé un préavis de grève concernant "l'ensemble des personnels des transports routiers de marchandises", qui a débuté dimanche à 22 heures.

  • Dans les commerces et les services

Amar Lagha, secrétaire général de la Fédération CGT des personnels du commerce, de la distribution et des services a également appelé à la grève, sur France Bleu. La grogne monte partout, les travailleurs n'arrivent plus à joindre les deux bouts !", écrit le communiqué de la centrale syndicale. Il cite "les secteurs couvrant 48 branches professionnelles, petite enfance, aide à domicile, agents de sécurité, vendeurs, hôtesses de caisse, serveurs, salariés de la logistique..."

Publié dans Articles de Presse

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