Ukraine, carburant... Ce qu'il faut retenir de l'entretien d'Emmanuel Macron sur France 2

Publié le par L'Express

Le chef de l'Etat a appelé les syndicats et les entreprises pétrolières à des efforts pour lever les blocages. Il a également exhorté Vladimir Poutine et l'Ukraine à "revenir autour de la table des discussions" et a promis la livraison de systèmes de défense antiaériens à Kiev.

Emmanuel Macron était l'invité, mercredi 12 octobre, de la nouvelle émission politique de France 2, "L'Evénement".  Emmanuel Macron était l'invité, mercredi 12 octobre, de la nouvelle émission politique de France 2, "L'Evénement".  Ludovic MARIN / AFP

Emmanuel Macron était l'invité, mercredi 12 octobre, de la nouvelle émission politique de France 2, "L'Evénement". Emmanuel Macron était l'invité, mercredi 12 octobre, de la nouvelle émission politique de France 2, "L'Evénement". Ludovic MARIN / AFP

Alors que l'offensive russe en l'Ukraine continue de plus belle et que les Français font face à une pénurie de carburants dans les stations-service, Emmanuel Macron a pris la parole mercredi 12 octobre lors du premier numéro de "L'Evénement", nouvelle émission politique de France 2 présentée par la journaliste Caroline Roux. Le chef de l'Etat, qui sera également l'invité de la deuxième édition, le 26 octobre, pour évoquer la politique intérieure française, s'est exprimé sur les multiples crises qui frappent l'Europe. Voici ce qu'il faut retenir de ses déclarations. 

  • Pénurie de carburant

La situation va "revenir à la normale" dans "le courant de la semaine qui vient", a promis le président au sujet des stations-service en manque de carburant. Mais "si le dialogue social n'aboutit pas dans les prochaines heures, nous réquisitionnerons" a-t-il expliqué au lendemain de l'annonce par le gouvernement de la réquisition d'employés pour rouvrir certains dépôts bloqués par une grève. Emmanuel Macron a également critiqué l'attitude des syndicats à l'origine du mouvement social, la CGT ayant annoncé déposer un recours en justice contre les réquisitions. 

Les réquisitions se limitent pour l'instant aux sites d'Esso-ExxonMobil, car un accord a été trouvé entre la direction de l'entreprise et une partie des syndicats. Ce qui n'est pas le cas chez Total. Le chef de l'Etat a donc lancé "un appel à la responsabilité" à la fois "aux salariés et aux syndicats qui les représentent" mais aussi "aux dirigeants de ces entreprises", rappelant que ces dernières avaient fait des profits très élevés grâce à la crise énergétique. "On n'arrive pas à ces situations quand il n'y a qu'un côté. C'est important que la direction [de Total] se remette autour de la table". La crise "n'a rien à voir avec la guerre" en Ukraine, a-t-il encore fait valoir : "Il s'agit de conflits sociaux dans deux entreprises, Exxon et Total". 

Ce jeudi matin, la grève dans les raffineries françaises de TotalEnergies a été reconduite "à une très large majorité". Cela concerne cinq sites impliqués dans le mouvement, a indiqué à l'AFP le coordinateur CGT pour le groupe, Eric Sellini, au lendemain de l'échec de discussions avec la direction. 

Le président russe Vladimir Poutine "doit cesser cette guerre, respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine et revenir autour de la table des discussions", a affirmé Emmanuel Macron, en reprochant à son homologue d'avoir fait le "choix" d'"installer" l'Europe "dans la guerre". "On va livrer des radars, des systèmes et des missiles antiaériens pour protéger [les Ukrainiens] des attaques, en particulier pour les protéger des attaques de drones", "dans les prochaines semaines", a-t-il dit. Mais, "à un moment donné, j'espère le plus tôt possible, il faudra que toutes les parties prenantes reviennent à une table de discussions", même si selon le Président cela ne fera sans doute pas dans les "prochaines semaines". Des négociations sont pour le moment exclues par la Russie, comme par l'Ukraine. "Négocier, ça ne veut pas dire renoncer", a lancé le chef de l'Etat à l'adresse des Ukrainiens.  

Emmanuel Macron a également confirmé l'annonce, faite début octobre, de la livraison de six canons d'artillerie Caesar supplémentaires, prélevés sur une commande destinée au Danemark. Ce qui porterait à 24 le nombre de ces canons fournis à l'armée ukrainienne. Le président de la République a par ailleurs répondu aux critiques sur la faible quantité d'armes envoyées par la France en Ukraine, en comparaison à d'autres Etats comme la Norvège. "Je suis obligé d'en garder certaines pour nous-mêmes, pour nous protéger ou protéger le flanc est [de l'Otan]", a-t-il justifié, rappelant notamment que Paris vient de renforcer l'arsenal posté en Roumanie. 

  • Manifestations en Iran

"De manière très claire, la France condamne la répression aujourd'hui menée par le régime iranien" et "nous nous tenons aux côtés de celles et ceux" qui manifestent depuis septembre après la mort de la jeune Mahsa Amini, a affirmé le chef de l'Etat. Je veux dire très simplement mon admiration pour ces femmes, ces jeunes" qui contestent l'obligation du port du voile et l'emprise de la police des moeurs. La France ne peut pas intervenir en leur faveur, estime-t-il cependant : "On ne fait pas le destin des peuples à leur place. (...) Aujourd'hui, ce qui se passe en Iran, il faut le défendre, le dire, le soutenir. Nous ne pouvons pas nous y substituer." Il a aussi qualifié d'"otages" les cinq Français détenus en Iran. 

  • Affrontements en Arménie

Interrogé sur les affrontements meurtriers en septembre à la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, Emmanuel Macron a promis ne pas vouloir lâcher les Arméniennes et les Arméniens, se félicitant d'avoir participé à des négociations entre les dirigeants des deux pays à Prague. Selon lui, "la Russie a utilisé" le conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. "Elle a manifestement joué le jeu de l'Azerbaïdjan, avec une complicité turque, et elle est revenue là pour affaiblir l'Arménie". "C'est une manoeuvre de déstabilisation de la Russie qui, dans le Caucase, cherche à créer le désordre pour tous nous affaiblir et nous diviser", a-t-il ajouté. 

Publié dans Articles de Presse

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