Ukraine : engins de terreur, rapides, précis, autonomes... quels sont ces "drones kamikazes" qui ont attaqué Kiev ?

Publié le par Midi Libre

Ce lundi 17 octobre, Kiev a connu un réveil difficile marqué par des attaques russes aux "drones suicides". Plusieurs explosions ont retenti dans des quartiers du centre-ville de la capitale ukrainienne et ont fait au moins trois morts et plusieurs blessés selon Kirill Timoshenko, un responsable de la présidence.

Un immeuble détruit par les drones à Kiev Maxppp - Maxppp

Un immeuble détruit par les drones à Kiev Maxppp - Maxppp

Un constat est souvent revenu sur le devant de la scène médiatique lors de la guerre en Ukraine, la Russie utiliserait des armes dépassées. Mais les attaques de la matinée ont prouvé le contraire, puisque ce sont des drones quasi-autonomes qui ont semé la terreur dans Kiev.

Deux modèles produits par l’Iran Aircraft Manufacturing Industries ont été repérés lors des offensives. Le premier, le “Shahed 136”, un “drone kamikaze” ayant une portée de 2 500 km, est décrit au Parisien, par Pierre Grasser, chercheur associé au laboratoire Sirice, comme "d’assez grande taille, de construction à bas coûts".

Le deuxième, le "Mohajer-6" est quant à lui un engin d'observation et d'attaque pouvant être équipé de "bombes planantes et de missiles antichars" selon l’Institute for the Study of War américain.

Comment fonctionnent ces drones ?

Si les avions ont besoin de pilotes, les drones font eux usages d'algorithmes. En amont du lancement, l'armée choisit les coordonnées GPS des lieux d'explosions. Une fois chargés de ces informations, les appareils sont lancés par "grappes" en totale autonomie, comme l'affirme le porte-parole des forces aériennes ukrainiennes, Yuriy Ignat.

Grâce à sa petite taille de moins de 3,5 m de long, sa vitesse avoisinant les 50 m/s, et son altitude de vol assez basse, le “Shahed 136” peut ainsi passer à travers les radars de détections.

Une force de frappe limitée?

Toutefois, ces drones possèdent certains défauts. Ils ne peuvent toucher que des cibles fixes, ce qui limite leur champ d'action. Autre problème : leur manque de discrétion. "Ils font beaucoup de bruit, comme une tronçonneuse ou un scooter" détaillait la porte-parole du commandement militaire ukrainien, Natalia Goumeniouk, dans les colonnes de France Info. Leur efficacité serait donc "très basse" à en croire les paroles de l'ancienne journaliste.

Depuis le début des attaques ce dimanche soir, l'armée ukrainienne a détruit 37 "Shahed 136" grâce à des fusils anti-drones, des brouilleurs d'ondes et d'autres divers systèmes de défense aérienne. Cependant, toutes les unités ne possèdent pas de telles armes défensives.

Certaines doivent donc trouver d'autres parades comme le tir à la mitraillette. Sur les réseaux sociaux ukrainiens, des méthodes pour abattre des drones sont diffusées afin d'aider la population à agir contre ce mal d'un genre nouveau.

Pourquoi sont-ils utilisés ?

Rapides, précis, difficilement repérables, capables d'être équipés d'ogives, ne mettant pas en péril la vie des soldats et surtout peu chers. Voilà les raisons qui ont poussé la Russie à utiliser ces drones estimaient à 20 000 euros l'unité. Ils peuvent ainsi être commandés en très grand nombre et rapidement. L'armée de Vladimir Poutine posséderait des centaines de ces engins selon Yuriy Ignat.

En plus des dégâts matériels et des pertes humaines, ces offensives permettent de semer un peu plus la terreur au sein d'une population ukrainienne subissant la guerre depuis maintenant huit mois.

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article