Centrale nucléaire de Zaporijjia en Ukraine : une douzaine de frappes «absolument délibérées», dénonce le chef de l’AIEA

Publié le par Le Parisien avec AFP

Depuis des mois déjà, l’Ukraine et la Russie s’accusent de bombardements sur la centrale de Zaporijjia, la plus grande d’Europe. Ce dimanche, après une douzaine de nouvelles frappes, le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a jugé la situation «gravissime». Il exhorte les auteurs à «arrêter cette folie».

Centrale nucléaire de Zaporijjia en Ukraine : une douzaine de frappes «absolument délibérées», dénonce le chef de l’AIEA

La centrale de Zaporijjia à nouveau endommagée. De « puissantes explosions » se sont produites dans le secteur de la centrale ukrainienne, a annoncé dimanche Rafael Grossi, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Il s’agit selon lui d’une douzaine de frappes « absolument délibérées, ciblées », a-t-il déclaré en fin d’après-midi à BFMTV.

Sans en attribuer la responsabilité aux forces russes ou ukrainiennes, s’est indigné que certains « considèrent qu’une centrale nucléaire est une cible militaire légitime ». Il a exhorté les auteurs à « arrêter cette folie », alors que Russie et l’Ukraine se sont mutuellement accusées d’avoir bombardé le site.

« L’information est extrêmement perturbante. Des explosions sont survenues sur le site de cette grande centrale nucléaire, ce qui est totalement inacceptable », avait déclaré un peu plus tôt Rafael Grossi dans un communiqué, s’alarmant de la situation de la plus grande centrale nucléaire d’Europe, occupée militairement par la Russie. Emmanuel Macron s’est entretenu dimanche avec le directeur-général. Il devrait probablement s’entretenir cet après-midi avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

Un état des lieux prévu demain matin

« La centrale est sur la ligne de front, il y a des activités militaires très difficiles à cerner, il y a des effectifs russes et des effectifs ukrainiens en opération », a rappelé Rafael Grossi. L’AIEA, qui dispose de deux inspecteurs sur place dans la centrale, est en train de procéder à une évaluation. «

Il y a eu des dégâts dans des endroits assez délicats », a-t-il estimé, précisant que les réacteurs n’avaient pas été touchés mais « plutôt la zone où se trouvent les combustibles frais et usés ». « On compte pouvoir faire un état des lieux demain matin très tôt », a-t-il ajouté, précisant que les inspecteurs n’avaient pas pu sortir dimanche, car la situation était trop dangereuse.

Difficile de savoir, ce dimanche, qui est le seul responsable des attaques. Pour Moscou, le seul coupable reste le « régime de Kiev ». Il « ne cesse pas les provocations afin de créer la menace d’une catastrophe à la centrale nucléaire de Zaporijjia », juge l’armée russe dans un communiqué. Samedi et dimanche, les forces ukrainiennes ont tiré plus d’une vingtaine d’« obus de grand calibre » sur la centrale, dit-elle.

Un niveau de radiation «conforme»

Ces obus auraient notamment explosé entre les blocs énergétiques numéro 4 et 5 et visé le toit d’un « bâtiment spécial » situé à proximité de ces blocs. Malgré ces bombardements, « le niveau de radiation dans la zone de la centrale reste conforme à la norme », souligne le communiqué.

De son côté, Kiev accuse fermement Moscou. « Ce matin du 20 novembre 2022, à la suite de nombreux bombardements russes, au moins 12 frappes ont été enregistrées sur le site de la centrale nucléaire de Zaporijjia », avait déclaré Energoatom, l’opérateur nucléaire ukrainien, accusant les Russes d’« organiser une fois de plus un chantage nucléaire et mettre le monde entier en danger ».

Depuis plusieurs mois, la Russie et l’Ukraine s’accusent respectivement de bombardements sur cette zone.

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