Disparition de Tiphaine Véron : 4 ans après, ces zones d'ombre qui pèsent sur l'enquête

Publié le par RTL par Jean-Alphonse Richard & Jeanne Rouxel

PODCAST - En juillet 2018, Tiphaine Véron disparaît lors de son voyage au Japon. Inquiets, ses proches se rendent sur place et découvrent les incohérences de l'enquête japonaise. Aujourd'hui encore, le flou persiste sur les circonstances de sa disparition.

La rivière près de l'hôtel où a été vue Tiphaine Véron pour la dernière fois à Nikko, au Japon. Crédit : Kazuhiro NOGI / AFP

La rivière près de l'hôtel où a été vue Tiphaine Véron pour la dernière fois à Nikko, au Japon. Crédit : Kazuhiro NOGI / AFP

Damien Véron n'est pas prêt d'oublier cette date du 1er août 2018, lorsque l'ambassade de Tokyo le contacte par Facebook. Noir sur blanc, le jeune homme lit cette phrase qui restera à jamais gravée dans sa mémoire : "Votre sœur a disparu". La panique s'installe au sein de la famille Véron. Pour cause, cela fait deux jours que Tiphaine, en voyage au Japon a cessé brusquement les messages depuis son arrivée à Nikko, petite ville de la préfecture de Tochigi.

Le soir même au téléphone, la police japonaise contacte la famille. D'entrée de jeu, les autorités évoquent la piste criminelle. "Elles commencent par nous questionner sur ce que ferait Tiphaine si elle était agressée ou kidnappée. Donc là, on se dit 'bon, pourquoi ils pensent à ça ?'", se souvient Damien dans Les Voix du Crime. 

Paniqués, Damien Véron et sa sœur Sybille s'envolent sans attendre direction le Japon, en quête de réponses. Alors qu'ils viennent d'arriver, tous deux sont directement escortés par les autorités, aux abords d'une petite rivière, lieu de la disparition présumée de leur sœur. 

Sur la piste d'un mystérieux foulard

Sur place, c'est la stupéfaction. Les autorités évoquent désormais la piste accidentelle. En voulant prendre une photo, Tiphaine serait tombée, emportée par le courant. Dans sa chute, la jeune femme aurait laissé un foulard. Avec sidération, Damien et Sybille découvrent que le foulard en question est toujours sur les lieux. 

Face à l'inaction de la police japonaise, tous deux décident de prélever eux-mêmes le tissus. "Il n'y aura pas d'ADN qui sera retrouvé. Mais surtout, ce qu'on va apprendre, c'est que c'est un foulard qui a été fabriqué en Asie, dix ans auparavant. La probabilité qu'il appartienne à Tiphaine est faible", précise le frère de la disparue. 

Un typhon aurait frappé Nikko

Plus étonnant encore, frère et sœur apprennent que la chute de Tiphaine serait due au Typhon qui aurait frappé Nikko. "Sauf que par nos investigations, grâce à des contacts japonais, nous allons découvrir plusieurs mois après, que le niveau de la rivière était normal et que oui, il y a eu des pluies, mais c'était la veille, pas le dimanche", nuance-t-il. 

L'incompréhension s'installe dans l'esprit des proches de Tiphaine, d'autant plus qu'aucune recherche de terrain n'a été effectuée pour retrouver un éventuel corps : "ils ont simplement envoyé une voiture à l'endroit des lieux qu'elle souhaitait visiter. C'est la seule action. Mais pour eux, lorsqu'on est arrivés, c'était de nous dire 'rentrez chez vous, prenez la valise, il n'y aura plus rien."

Des témoins non interrogés aux traces inexploitées

Une fois de plus, c'est avec effroi que la famille découvre qu'aucun témoignage n'a été recueilli par la police japonaise, au sein de l'hôtel où séjournait Tiphaine. Désœuvrés, ses proches interrogent eux-mêmes les clients qui auraient aperçu la jeune femme, le matin même de sa disparition, à commencer par l'hôtelier.

"L'hôtelier a l'air complètement effaré de nous voir, il a une réaction très étrange. Il a les yeux écarquillés. Il a l'air très inquiet de nous voir arriver et complètement décontenancé", se souvient Damien. Très vite, le témoignage de l'homme se montre peu cohérent avec la réalité des faits. "Lorsqu'on on déchiffre le compte Google Maps de Tiphaine, on voit qu'elle reste jusqu'à 11h40 dans l'hôtel. Selon lui, elle serait partie avant 10h", poursuit-il.

Les découvertes ne s'arrêtent pas là. Lors de l'inspection de la chambre de Tiphaine, des traces suspectes apparaissent au luminol, un dispositif pour mettre en lumière les traces de sang sur les scènes de crime. "On me dit 'non, ce n'est pas du sang' (…) Sauf que sur le mur droit de la chambre, à ce moment là, apparaissent des éclaboussures".

Pourtant, malgré ces preuves tangibles, les autorités japonaises ne bougent pas. "On n'a jamais eu d'explication sur ce qui a pu se passer à propos de ces éclaboussures", déplore Damien. 

Des pistes en suspens

"Il y a des choses qui se passent à Nikko. Une tête a été retrouvée sur une voie ferrée, un corps démembré a été retrouvé dans la rivière, un autre a été retrouvé dans une valise… En fait, il y a toute une liste d'agressions qui apparaissent. Donc moi, j'ai très peur que Tiphaine se soit faite agresser, dans les environs de son hôtel", confie Damien, non sans cacher sa peur.

Aurait-elle croisé le chemin d'un dangereux individu ? Aujourd'hui, le flou autour de la disparition de Tiphaine persiste et les questionnements ne cessent de se bousculer dans l'esprit de ses proches. Meurtre, séquestration, accident… Sa famille garde l'espoir qu'elle soit toujours en vie. 

Publié dans Articles de Presse

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