Guerre en Ukraine : Amnesty International dénonce des transferts forcés et des déportations de civils ukrainiens vers la Russie

Publié le par franceinfo France Télévisions

L'ONG publie un rapport consacré aux transferts de populations organisés par les forces russes. Elle dénonce notamment leur caractère contraint, sans alternative, et le processus de "filtration" imposé aux populations concernées.

Des militaires russes pendant une évacuation de civils à Marioupol (Ukraine), le 24 mars 2022. (STRINGER / ANADOLU AGENCY / AFP)

Des militaires russes pendant une évacuation de civils à Marioupol (Ukraine), le 24 mars 2022. (STRINGER / ANADOLU AGENCY / AFP)

Trois mois après avoir mis en cause les forces ukrainiennes, accusées d'avoir établi des bases militaires dans des zones résidentielles, Amnesty International se penche à nouveau sur le conflit. Dans un rapport (en anglais) publié jeudi 10 novembre, l'ONG documente les déportations de populations ukrainiennes par les forces russes, ainsi que les "filtrations" auxquelles elles sont soumises.

Pour réaliser leur enquête, les auteurs ont interrogé 88 personnes, dont 48 venues de Marioupol, d'où les habitants ont été conduits contre leur gré dans le territoire annexé de Donetsk ou en Russie. L'ONG y explique comment les "forces russes et prorusses n'ont laissé aucun choix aux civils" lors de ces transferts, notamment en les empêchant de fuir vers les zones contrôlées par l'Ukraine, au début de l'invasion.

Au mois de mars, par exemple, les pensionnaires d'une institution pour personnes âgées et handicapées ont d'abord été évacués vers un camp de jeunesse, dans un village située à l'ouest de la ville. Une fois les civils sur place, cinq hommes armés ont fait irruption, leur imposant de monter dans un bus d'évacuation, sans rien leur expliquer et en prenant leurs passeports, raconte un membre du personnel interrogé par Amnesty International.

Détention et sévices lors de la "filtration"

Au cours de ces transferts, les civils ukrainiens ont souvent dû passer par des points de "filtration", où ils étaient soumis à des interrogatoires, des fouilles ou une prise d'empreintes digitales. Certaines personnes expliquent avoir dû patienter une semaine durant ces haltes vers le territoire de Donetsk, en étant privées de leur liberté. Par ailleurs, "des enfants ont été séparés de leur famille (...) en violation du droit humanitaire international".

Amnesty International dit avoir également documenté "six cas de personnes détenues arbitrairement et soumises à la torture ou à des traitements inhumains" par des autorités russes ou pro-russes. Une fois en Russie, certains civils "ont été envoyés dans des villes éloignées de la frontière avec l'Ukraine et placés dans des centres gérés par le gouvernement russe", où ils faisaient l'objet d'une surveillance.

Amnesty International évoque des cas susceptibles de constituer un "crime de guerre". L'ONG demande à la Russie de cesser immédiatement la déportation ou le transfert forcé de civils, et de libérer les personnes placées illégalement en détention.

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article