Guerre en Ukraine : Kherson sans électricité ni eau après une frappe ukrainienne, selon les forces d'occupation russe

Publié le par Le Figaro avec AFP

Les autorités russes ont accusé l'armée ukrainienne d'avoir frappé le barrage de Kakhovka, ainsi que des pylônes à proximité.

Guerre en Ukraine : Kherson sans électricité ni eau après une frappe ukrainienne, selon les forces d'occupation russe

La ville de Kherson dans le sud de l'Ukraine, occupée par l'armée russe malgré une poussée des troupes de Kiev ces dernières semaines, était dimanche «sans électricité ni eau» à la suite d'une frappe ukrainienne, ont annoncé les autorités d'occupation russes de la région éponyme. «À la suite d'une attaque terroriste, organisée par la partie ukrainienne, trois pylônes en béton portant des lignes à haute tension ont été endommagés sur l'axe Berislav-Kakhovka», a indiqué l'administration d'occupation russe dans un communiqué sur Telegram.

«Actuellement, il n'y a ni électricité ni eau dans la ville et dans certains districts de la région», annexée par Moscou fin septembre, a-t-elle ajouté. C'est la première coupure d'électricité et d'eau d'ampleur connue à Kherson, ville contrôlée par l'armée russe, depuis le début de l'offensive des troupes de Moscou en Ukraine. Selon l'administration d'occupation régionale, installée par Moscou, des électriciens ont déjà été dépêchés sur les lieux de la frappe pour «réparer» l'infrastructure. «L'approvisionnement en électricité et en eau sera rétabli dans toute la région de Kherson dans un avenir très proche», ont-elles affirmé.

Une frappe sur le barrage de Kakhovka

Le barrage de Kakhovka dans le sud de l'Ukraine a également été touché dimanche par une frappe ukrainienne selon les autorités d'occupation russes, sans faire toutefois de «dégâts critiques» à cette infrastructure qui alimente notamment la Crimée annexée. «Aujourd'hui à 10h00 (08h00 GMT), six missiles Himars ont été lancés. Les unités de défense antiaérienne en ont abattu cinq, (et) un a touché l'écluse du barrage de Kakhovka, qui a été endommagé», a affirmé un représentant des services d'urgence de la région de Kherson, cité par les agences russes.

Le barrage hydroélectrique de Kakhovka, aménagé le long du fleuve Dniepr et pris dès le début de l'invasion russe en Ukraine, permet notamment d'alimenter en eau la péninsule de Crimée, annexée en 2014 par Moscou. «Tout est sous contrôle», a rapidement déclaré le représentant de l'administration installée par Moscou de Nova Kakhovka, village où est situé le barrage, à 60 km à l'est à vol d'oiseau de la grande ville de Kherson, sous contrôle russe. «Un missile a touché (le site), mais n'a pas causé de dégâts critiques», a précisé Rouslan Agaïev, cité par les agences russes.

Aménagé sur le fleuve Dniepr en 1956, pendant la période soviétique, l'ouvrage est construit en partie en béton et en terre. Il s'agit de l'une des plus grandes infrastructures de ce type en Ukraine. Depuis plusieurs jours, les autorités d'occupation russe mènent dans les villages autour du site des «évacuations» de civils face à une «possible attaque de missile» sur le barrage de Kakhovka dont la destruction entraînerait «l'inondation de la rive gauche» du fleuve Dniepr, selon le gouverneur régional installé par Moscou à Kherson, Vladimir Saldo.

Si le barrage explose, «plus de 80 localités, dont Kherson, se retrouveront dans la zone d'inondation rapide», s'était, de son côté, alarmé le 21 octobre le président ukrainien Volodymyr Zelensky devant le Conseil de l'Union européenne. «Cela pourrait détruire l'approvisionnement en eau d'une grande partie du sud de l'Ukraine» et affecter le refroidissement des réacteurs de la centrale nucléaire de Zaporijjia, qui puise son eau dans ce lac artificiel de 18 millions de mètres cubes, avait-il mis en garde. L'Ukraine avait réclamé une mission d'observation internationale. Kakhovka se trouve à environ à 60 km à l'est à vol d'oiseau de Kherson, première ville d'importance tombée aux mains des Russes en mars.

Publié dans Articles de Presse

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