Guerre en Ukraine : la Russie « fermement » condamnée au G20

Publié le par Les Echos

Selon le projet de communiqué final, « la plupart des pays membres », réunis lundi à Bali, dénoncent les répercussions négatives de ce conflit à l'échelle mondiale. Le mot « guerre » est utilisé, au grand dam de Moscou qui continue de parler d'une « opération militaire spéciale ».

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, était présent dans la salle au moment du discours du président ukrainien Volodymyr Zelensky. (Jacques Witt/SIPA)

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, était présent dans la salle au moment du discours du président ukrainien Volodymyr Zelensky. (Jacques Witt/SIPA)

La Russie plus isolée que jamais. Lors de la réunion du G20 à Bali lundi , la guerre lancée par Moscou contre l'Ukraine a dominé les discussions entre les plus grandes économies mondiales. Et le projet de communiqué final reflète la teneur des échanges. Selon ce dernier, « la plupart des membres » y condamnent « fermement » ce conflit. Plus symbolique encore, le terme « guerre », toujours rejeté par Moscou qui évoque une « opération militaire spéciale », est repris dans le texte.

Ce document, qui devrait être adopté par les dirigeants ce mardi, dénonce les répercussions négatives de l'invasion de l'Ukraine et juge « inadmissible » le recours ou la menace de recours à l'arme nucléaire . Il appelle également à prolonger l'accord sur les exportations de céréales signé en juillet dernier et qui arrive à échéance vendredi .

« Une nouvelle Guerre froide »

Avant la publication de ce projet de communiqué, le président ukrainien a pris la parole, exhortant les dirigeants du G20 à surmonter leurs divisions pour mettre fin à cette guerre « destructrice ». De retour de Kherson, ville du sud de l'Ukraine reprise par les Ukrainiens après le départ de l'armée russe , Volodymyr Zelensky a été l'un des premiers à s'exprimer par visioconférence devant ce qu'il a appelé le « G19 », excluant ainsi la Russie pourtant représentée dans la salle par le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov - Vladimir Poutine n'étant pas présent à Bali.

Le président ukrainien a détaillé son plan pour ramener la paix et « sauver des milliers de vies » : ne pas faire confiance à la Russie, ne tolérer « aucune excuse au chantage nucléaire » face aux « folles menaces » de Moscou et réaliser un échange total de prisonniers. 

Hôte du sommet, le président indonésien Joko Widodo a également appelé, dans son discours d'ouverture, à mettre fin à la guerre : « Nous ne devons pas diviser le monde en plusieurs camps. Nous ne devons pas laisser le monde basculer dans une nouvelle Guerre froide. »

L'appel de la France à la Chine

Tous les regards étaient tournés vers la Chine dont le président Xi Jinping s'est encore rapproché de Vladimir Poutine, formant un front commun contre ce qu'ils décrivent comme les volontés hégémoniques occidentales. A ce jour, Pékin refuse toujours de condamner l'invasion de l'Ukraine et rejette les sanctions adoptées par les Occidentaux.

Lors d'une rencontre ce mardi matin avec le dirigeant chinois, le président français Emmanuel Macron lui a demandé d'interférer auprès du maître du Kremlin pour le convaincre de revenir à la « table des négociations ». Avant lui, lundi, le président américain Joe Biden avait obtenu l'accord de son homologue chinois sur le rejet de tout recours à l'arme nucléaire en Ukraine.

L'Elysée assure ce mardi que « les lignes commencent à bouger » du côté chinois et que Pékin « essaie de retrouver une situation d'équilibre ». D'après Paris, Xi Jinping a « apporté son soutien aux efforts de médiation européens », notamment du président français. « Il a également réaffirmé son soutien à la désescalade » et « réitéré très fermement son opposition à l'usage de l'arme atomique » par les Russes en Ukraine. Dans une critique voilée à son allié russe, Xi Jinping a également appelé, ce mardi, à s'« opposer fermement » à une « instrumentalisation » des produits alimentaires et de l'énergie.

Publié dans Articles de Presse

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