Guerre en Ukraine: Plan secret de paix, ambitions, empoisonnement... Ces mystères autour de la mort de Vladimir Makei, ministre biélorusse des Affaires étrangères

Publié le par L'Indépendant par Stéphane Sicard

Vladimir Makei, ministre des Affaires étrangères de la Biélorussie, est mort "soudainement" ce samedi. Une mort entourée de mystères…

Vladimir Makei (à droite) avec son homologue russe Segueï Lavrov lors d'une visite à Moscou. EPA POOL - YURI KOCHETKOV / POOL

Vladimir Makei (à droite) avec son homologue russe Segueï Lavrov lors d'une visite à Moscou. EPA POOL - YURI KOCHETKOV / POOL

Ce samedi, la mort de Vladimir Makei a été annoncée officiellement par le ministère des Affaires étrangères qu'il dirigeait depuis 10 ans, provoquant la stupeur aussi bien en Biélorussie que chez l'allié numéro 1, la Russie.

Makei, 64 ans, devait rencontrer, ce lundi, son homologue russe, Sergueï Lavrov, trois jours après une entrevue avec un émissaire du pape qui a relancé les rumeurs sur un plan de paix secret pour mettre fin à la guerre en Ukraine.

L'animateur de la télé russe, Sergey Mardan, a d'ailleurs trouvé "cette mort étrange". Et, sur une chaîne russe pro-guerre, Mardan d'ajouter: "Pas plus tard qu'hier (vendredi), il a discuté d'un plan de paix avec l'envoyé du pape". Makei était en effet considéré comme la seule voie de communication importante vers l'Occident au pays du dictateur Alexandre Loukachenko, un proche de Vladimir Poutine.

Makei menait pourtant une diplomatie relativement indépendante même s'il a soutenu la position de la Biélorussie dans la guerre contre l'Ukraine devant le Conseil de sécurité de l'ONU en septembre évoquant une "fidélité aux engagements pris avec nos alliés". Mais le ministère biélorusse des Affaires étrangères n'avait pas reconnu les "républiques populaires" de Donetsk et de Louhansk, provoquant l'agacement de Moscou.

Sa "mort soudaine", selon les mots de l'agence de presse Belta, interroge au-delà d'un éventuel plan de paix secret.

Un empoisonnement évoqué par l'Ukraine

Ainsi, alors qu'il semblait se trouver en bonne santé, certains renvoient ce décès "soudain" au fait que Makei était un successeur désigné de Loukachenko et qu'il aurait pu être éliminé pour cela. Pas avare de propagande, le conseiller du ministre de l'Intérieur ukrainien, Anton Gerashchenko, évoque carrément des "rumeurs selon lesquelles il aurait été empoisonné".

"Makey a été nommé successeur possible de Loukachenko. Il était l'un des rares à ne pas être sous influence russe, ajoute Gerashchenko. Les rumeurs disent que cela pourrait être un indice pour impliquer Loukachenko."

Des accusations que balaie déjà la Russie qui préfère rendre hommage à Vladimir Makei, "un patriote, un camarade fiable", "il a toujours rempli sa fonction avec clarté, il était un allié fidèle du président Loukachenko. Nous pleurons sa mort prématurée avec ses collègues biélorusses".

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article