Midterms 2022 : Kari Lake, la candidate pro-Trump qui fait polémique dans l’Arizona

Publié le par La Croix par Matthieu Lasserre

Les faits L’ancienne présentatrice vedette d’une chaîne de télévision basée à Phoenix (Arizona) est l’une des égéries de la frange trumpiste du Parti républicain lors des élections de mi-mandat. Elle s’est attiré les foudres du président Joe Biden par sa contestation des résultats du vote démocratique.

La candidate au poste de gouverneur de l’Arizona, Kari Lake, lors de la Conférence de l’action politique conservatrice (CPAC), le 5 août 2022.  LM OTERO/AP

La candidate au poste de gouverneur de l’Arizona, Kari Lake, lors de la Conférence de l’action politique conservatrice (CPAC), le 5 août 2022. LM OTERO/AP

« Il y a des candidats qui se présentent à tous les échelons de l’administration américaine (…) qui refusent de s’engager à accepter les résultats des élections auxquelles ils sont candidats. » Lors d’une allocution au ton grave, le président des États-Unis Joe Biden a ouvertement critiqué certains candidats aux élections de mi-mandat qui se tiendront mardi 8 novembre.

Sans les nommer, le locataire de la Maison-Blanche vise de nombreux candidats soutenus par son prédécesseur Donald Trump, Au premier rang d’entre eux, Kari Lake, 53 ans, ancienne présentatrice vedette d’une chaîne de télévision d’Arizona, sollicite les suffrages pour le siège de gouverneur dans cet État.

Menace pour la démocratie

Cette mère de famille de deux enfants n’hésite pas depuis deux ans à répandre sur les réseaux sociaux les allégations selon lesquelles l’élection présidentielle de 2020 aurait été « truquée » afin de permettre l’accession au pouvoir de Joe Biden. Kari Lake ne cache pas non plus son penchant antidémocratique pour les prochaines midterms. « Je vais gagner l’élection, c’est le résultat que j’accepterai », n’hésite-t-elle pas à déclarer.

Originaire de l’Illinois, Kari Lake entame une carrière de journaliste durant ses études universitaires en 1991. Trois ans plus tard, elle présente la météo le week-end pour la chaîne arizonienne KPNX, affiliée au réseau NBC. En 1999, elle devient la présentatrice du journal télévisé du soir pour KSAZ (Fox News 10 Phoenix). Elle y mènera notamment des interviews des présidents Obama (2016) puis Trump (2020).

Ses orientations politiques n’ont cessé de varier dans les années 2000. D’abord encartée au Parti républicain en 2006, elle soutient les démocrates durant le premier mandat de Barack Obama de 2008 à 2012, avant de revenir vers le Grand Old Party. Elle indique s’être « réveillée » durant la pandémie de Covid-19. Dès lors, elle ne cesse de militer contre les restrictions sanitaires. Kari Lake mène plusieurs manifestations contre l’obligation du port du masque et la politique de vaccination en Arizona.

Une position dure en matière d’immigration

Ses critiques vis-à-vis du déroulement des élections présidentielles de 2020 « volées » à Donald Trump lui valent l’année suivante le soutien officiel de l’ancien président. Dans la course à l’investiture républicaine, elle supplante dans tous les comtés sa rivale Karrin Robson, candidate de l’ancien vice-président Mike Pence.

Ses sorties ne passent pas inaperçues dans la presse. Kari Lake accuse notamment Joe Biden de suivre un « agenda démoniaque », voit l’avortement comme « le péché suprême », se félicitant de la décision de la Cour Suprême de supprimer le droit fédéral à l’IVG.

Elle prône également une politique stricte en matière d’immigration, dénonçant « l’invasion migratoire » venue du Mexique et assumant vouloir reconduire à la frontière toutes les personnes n’ayant pas demandé une autorisation fédérale. Elle assure même vouloir achever dans l’Arizona la construction du mur promis en 2016 par Donald Trump.

Publié dans Articles de Presse

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