Mort de Pascal Josèphe, grande figure de la télévision française

Publié le par Télérama par Richard Sénéjoux

Proche d’Hervé Bourges, il a dirigé les antennes de TF1, La Cinq, France 2 et France 3 dans les années 1980-1990 avant de lancer sa propre société de conseil. Il est décédé à l’âge de 68 ans.

Pascal Josèphe avait été parmi les candidats en 2015 pour diriger France Télévisions.  Photo Castelli / Andia.fr

Pascal Josèphe avait été parmi les candidats en 2015 pour diriger France Télévisions. Photo Castelli / Andia.fr

Droit de réponse, Le cercle de minuit, Bas les masques, Frou-frou, la série l’Instit… Ces émissions qui ont marqué l’histoire du service public ont toutes un point commun : Pascal Josèphe, qui a largement contribué à leur lancement. L’homme de télévision, qui a piloté les antennes de plusieurs chaînes publiques et privées (TF1, La Cinq, France 2 et France 3) dans les années 1980-1990, vient de mourir. Il avait 68 ans.

La carrière de Pascal Josèphe est étroitement liée à celle d’Hervé Bourges, personnage incontournable du PAF à une époque où la télévision était encore le média ultra dominant dans la vie publique et les foyers. Leur rencontre remonte à l’École supérieure de journalisme de Lille (ESJ), où il fait ses études et dont Bourges est alors directeur. Après un passage à la mairie de Lille, Pascal Josèphe le suivra à RFI en 1983 puis à TF1 (alors publique), où le « président Bourges » en fera son chef de cabinet puis le secrétaire général de la chaîne. Tous deux quittent la Une en 1987, au moment de la privatisation et du rachat par le groupe Bouygues. Pascal Josèphe participe ensuite à la création de Carat TV, société spécialisée dans l’achat d’espaces publicitaires. Appelé en 1990 par Jean-Luc Lagardère au chevet de La Cinq, il ne pourra enrayer son déclin. La chaîne s’arrête en 1992. Hervé Bourges vole alors à son secours. Nommé pdg du service public quelques années plus tôt, il lui confie la direction adjointe de France 2 et France 3. L’alternance de 1993 mettra fin à leur parcours commun, les deux hommes étant marqués à gauche. Pascal Josèphe décide alors de fonder sa propre structure d’expertise médias, Imca.

Dans un communiqué, le groupe France Télévisions a évoqué sa « vision profondément humaniste de la télévision, n’opposant jamais l’audience et l’exigence dans la vision des programmes ». Sur Twitter, sa présidente Delphine Ernotte-Cunci a aussi salué « la mémoire d’un seigneur de la télévision publique qui en avait fait sa passion ». Pascal Josèphe aurait très bien pu occuper son fauteuil. Habitué jusque-là à l’ombre, très peu connu du grand public, il décide de se lancer en 2015 dans la course à la présidence de France Télévisions, s’inclinant de justesse face à son actuelle patronne, après deux votes successifs des « sages » du CSA qui n’avaient pas permis de les départager. Là encore, il avait pu s’appuyer sur les réseaux d’Hervé Bourges, encore très présents au sein de l’instance de régulation (aujourd’hui Arcom) que ce dernier avait présidée au mitan des années 1990. Son président actuel, Roch-Olivier Maistre, a salué sur Twitter « l’un des serviteurs les plus talentueux de l’audiovisuel […], [qui] avait un rare génie pour concilier ambition, originalité et attentes des publics ». De son côté, la ministre de la Culture, Rima Abdul-Malak, a déploré la perte d’« un grand professionnel qui a dédié sa vie au devoir d’information de nos concitoyens, à la transmission de la culture et l’ouverture au monde ».

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