Après une finale légendaire, l'Argentine détrône la France et trône sur le toit du monde

Publié le par Le Figaro par Baptiste Desprez

Au terme d'une finale d'anthologie, l'Argentine est devenue championne du monde en dominant la France (3-3, 4 tab à 2).

Troisième sacre pour l'Argentine. Panoramic.

Troisième sacre pour l'Argentine. Panoramic.

Que le football est beau quand il vous offre un match de légende, avec un scénario de folie et des acteurs exceptionnels comme Lionel Messi et Kylian Mbappé. Pour un moment à jamais dans nos mémoires. Dimanche soir à Lusail, pour la première Coupe du monde disputée dans un pays arabe, la terre entière a assisté à un combat homérique entre une Argentine qui mérite sa troisième étoile après les titres de 1978 et 1986, avec un Messi gigantesque pour le seul trophée qui lui manquait à son palmarès, et une équipe de France catastrophique puis admirable de courage, portée par un Mbappé auteur d'un triplé légendaire.

Joueurs, sélectionneurs, suiveurs et spectateurs, tout le monde sera passé par toutes les émotions … Tantôt la joie, la colère, l'angoisse avant de connaître la délivrance pour les nouveaux champions du monde et la déception ultime des vaincus, conscients d'être passés tout près d'un doublé historique. Mais que le sport est fabuleux quand il accouche d'un tel spectacle. Grandiose. Inoubliable. Et des souvenirs gravés à jamais dans la mémoire de chacun.

Kylian Mbappé PAUL CHILDS / REUTERS

Kylian Mbappé PAUL CHILDS / REUTERS

Les Français ont vécu un cauchemar…

Comment imaginer un tel scénario en finale de Coupe du monde ? Que ce soit à Doha, Paris ou Buenos Aires, tous les plans imaginés ont été balayés d'un revers de main. Pour ces raisons que l'on aime le football et le sport. Entre les imprécisions, les erreurs techniques, les duels perdus et une sensation que l'Albiceleste en voulait trois fois plus que les tenants du titre, la différence fut colossale lors d'un premier acte à sens unique et des Bleus à côté de leur finale. Ils étaient pourtant prévenus du vacarme des 50.000 supporters survoltés, d'une formation acquise à la cause de Lionel Messi et d'une agressivité de tous les instants, mais personne n'a reconnu cette équipe de France peureuse, timide et surtout malaxée de tous les côtés pendant 65 minutes de jeu.

Avec un penalty ultra-généreux après une faute que l'on cherche encore de Dembélé sur Di Maria (1-0, 22e), converti par Messi ou un but en cinq passes conclu par Di Maria (2-0, 36e), les Français avaient la tête sous l'eau. Deschamps, en colère sur son banc, renvoyait à la douche Giroud et Dembélé dès la 39e minute pour faire rentrer Thuram et Kolo Muani. En face, les Argentins chantaient, la troisième étoile était déjà en passe d'être brodée sur les maillots à Buenos Aires et Di Maria sortait (64e) tout sourire pour rejoindre un banc en transe. Avant que la rencontre ne bascule dans une autre dimension …

Puis la magie du sport a opéré

Vous avez beau avoir vu des centaines de matches de football, imaginé des tonnes de scénarios, mais à chaque fois, ce sport vous amène à la (de)raison et balaie vos certitudes. Qui aurait prédit, après la sortie de Griezmann (71e), maitre à jouer des tenants du titre depuis le début du Mondial, un tel come-back ? Pour une finale qui a basculé dans l'irréel et l'inimaginable. Personne. Jamais personne n'aurait pensé à assister à un tel scénario dimanche à Doha.

Lionel Messi GIUSEPPE CACACE / AFP

Lionel Messi GIUSEPPE CACACE / AFP

En trois minutes, l'équipe de France, est ressortie de sa tombe pour un moment hors du temps. Suspendu. A vous faire prendre dix ans dans la figure. Lancé en profondeur, Kolo Muani récoltait un penalty que transformait en toute sérénité Mbappé (2-1, 78e). Avant que le meilleur buteur des Bleus ne fasse parler son talent en étant à la conclusion d'un deuxième but venu de nulle part (2-2, 81e), avec l'apport de deux des entrants Coman et Thuram, et qui faisait exploser le banc français, tout en éteignant la fureur argentine. Incroyable. Prodigieux. Mais surtout deux buts synonymes d'une finale relancée et totalement folle alors que trois minutes plus tôt toute l'Argentine dansait encore… Pour sa dramaturgie, le sport est unique et définitivement magique. Rien d'autre ne lui arrive à la cheville en termes d'émotions. Preuve en est, s'il en faut, avec cette ultime parade de Lloris devant Messi juste avant les prolongations (90+6) alors que les Argentins étaient à l'agonie…

Mbappé et Messi fabuleux dans une finale légendaire

Mais cette finale ne pouvait pas en rester là, contrainte de délivrer son issue entre deux nations à bout de souffle et des gladiateurs épuisés après un tel combat. Pour le plus bel évènement planétaire, que rêver de mieux qu'un ultime numéro des deux plus grands joueurs de cette Coupe du monde ? Pour faire encore un peu plus basculer ce match dans une folie totale. Après une superbe combinaison argentine, Lionel Messi (3-2, 109e) pensait mettre le coup de grâce aux Bleus… avant que son copain du PSG ne provoque un penalty et le convertisse pour un triplé exceptionnel (3-3, 118e). Et on vous passe les occasions de Kolo Muani (120e, 121e) à deux doigts de porter le coup de grâce… Pour au final un vrai match de légende, dont on se souviendra toute notre vie, chanceux que nous sommes d'y avoir assisté. Mais il faut bien un vainqueur et les Dieux du football ont choisi l'Argentine, plus solide et efficace sur la terrible séance des tirs au but (4-2), avec les échecs de Coman et Tchouaméni. Moment choisi par tout le peuple argentin d'exploser de joie et communier avec leur légende Léo Messi, en larmes. Comme Kylian Mbappé, inconsolable. Merci messieurs. A jamais dans la légende.

Publié dans Articles de Presse

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