Au Camp des Milles, les messages subliminaux d’Emmanuel Macron à ses adversaires

Publié le par Le HuffPost avec AFP

À Aix-en-Provence, le chef de l’État a notamment souligné que « le régime de la collaboration continue de recruter des adorateurs ».

Au Camp des Milles, les messages subliminaux d’Emmanuel Macron à ses adversaires

POLITIQUE - De la mémoire, mais pas que. Lundi 5 novembre, Emmanuel Macron a dénoncé « les crimes de l’État français » lors d’un déplacement au camp d’internement et de déportation des Milles, dans les Bouches-du-Rhône, où furent retenus 10 000 prisonniers entre 1939 et 1942. « L’un des plus complets parjures de la République. »

Le chef de l’État s’exprimait à l’occasion du dixième anniversaire de l’inauguration d’un mémorial sur le site de cette ancienne tuilerie où le régime de Vichy a interné des milliers de juifs, dont 1 800 d’entre eux furent déportés vers les camps d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. « Le camp des Milles, ce furent les crimes de l’État français », a martelé le président, en rappelant que « la France aux mains de Pétain et Laval s’(y) est perdue » en « raturant les principes de 1789 ».

« C’est aux Milles que (la République) connut, comme au Vél-d’Hiv, l’un de ses plus complets parjures », en « nous rappelant qu’il y eut sur notre sol des camps » et que « la déportation s’est (aussi) organisée » dans la zone que « le régime du maréchal Pétain administrait alors en son nom ».

« Contre le silence, les omissions ou les compromissions »

« Le camp des Milles n’était pas un accident de l’histoire, mais le fruit d’un glissement délibéré vers le crime », a encore insisté Emmanuel Macron, soulignant que « les juifs furent les victimes délibérées de l’État français ». « Ici se sédimente chaque renoncement, chaque faute, chaque crime des autorités françaises », a-t-il ajouté.

Mais au-delà de cet aspect « cours d’Histoire », le chef de l’État a également rappelé que « le régime de la collaboration continue de recruter des adorateurs » et « dispose toujours d’héritiers. Ne soyons jamais dupes des habits neufs que les mêmes idéologies de division répètent pour nous leurrer ». Une référence à peine voilée au Rassemblement national. « Pour résister à cet engrenage, il nous faut rappeler un passé que certains falsifient », a-t-il insisté, dans une allusion directe à Éric Zemmour, accusé à plusieurs reprises de réhabiliter Philippe Pétain, quitte à « instrumentaliser » pour ce faire certains historiens.

Fidèle à la doctrine macroniste consistant à renvoyer les « extrêmes » dos à dos, Emmanuel Macron a également fait référence à ceux qui, à gauche, sont accusés de collusion avec l’antisémitisme. Il a ainsi appelé à répéter « avec force contre le silence, les omissions ou les compromissions, que les victimes étaient des juifs ». Une façon implicite de convoquer les ambiguïtés prêtées à la France insoumise sur le sujet.

Emmanuel Macron a aussi appelé à « ouvrir les yeux » sur la montée des extrêmes, en opposant notamment « le révisionnisme des uns » à « l’euphémisme des autres ». Le chef de l’État a aussi souligné la « persévérance » d’anciens déportés et résistants pour empêcher la disparition du site et sa transformation en fondation, aujourd’hui présidée par Alain Chouraki, à qui il a remis les insignes de chevalier de la Légion d’honneur.

Publié dans Articles de Presse

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