Guerre en Ukraine : la Suisse et l'Espagne accueillent des œuvres d'art ukrainiennes menacées par les frappes russes

Publié le par franceinfo par Jérémie Lanche - Matthieu de Taillac - franceinfo Radio France

Tous les jours, le club des correspondants décrit comment un même fait d'actualité s'illustre dans trois pays.

(OSCAR DEL POZO / AFP)

(OSCAR DEL POZO / AFP)

Les œuvres d'art en Ukraine sont elles aussi menacées par les frappes russes. Beaucoup ont été transférées dans des musées européens. La Suisse par exemple a exfiltré une cinquantaine de tableaux de la Galerie nationale d'art de Kiev qui a été touchée par une roquette cet automne. Elles sont actuellement exposées à Bâle et à Genève, au musée Rath. Ce lieu a abrité l'Agence internationale des prisonniers de guerre en 1916 et 1919. Le lien avec l'exposition actuelle est donc tout trouvé. Baptisée "Du crépuscule à l'aube", elle propose une série de tableaux de paysages nocturnes d'artistes ukrainiens du 19e siècle.

Ce n'est pas la première fois que la Suisse joue ce rôle de terre d’accueil pour du patrimoine en danger. Les professionnels citent par exemple des œuvres du musée du Prado à Madrid durant la guerre civile espagnole. Le pays a joué ce rôle aussi pendant la guerre en Afghanistan. La confédération suisse a également construit un refuge pour œuvres en péril dans un ancien entrepôt de munitions près de Zurich. Il n'a jamais été utilisé pour le moment. Mais il faut avouer que lorsqu'on parle d'œuvres d'art en exil, on pense plus volontiers à l'exil fiscal. Il se dit souvent que l'immense et très opaque entrepôt des Ports-Francs à Genève, serait le plus grand musée au monde. 

Des bombardements le jour du transfert des œuvres vers Madrid

Le musée Thyssen à Madrid, lui, organise une exposition sur les avant-gardes d'Ukraine de 1900 à 1930, avec 51 œuvres venues de Kiev. Il a fallu adapter la logistique. En temps de paix, il faut en moyenne compter trois ans pour ce type transfert. Dans ce contexte de guerre, il s'est fait en cinq mois dans des conditions difficiles, raconte Marta Ruiz del Arbol qui a coordonné l'exposition avec trois commissaires ukrainienne : "Parfois nos interlocuteurs parce qu'il y avait une coupure de courant ou qu'ils étaient dans les refuges anti-aériens. Des bombardements ont eu lieu le jour du départ des œuvres. Il y a eu des moments de très grande tension. Mais quand les commissaires ukrainiennes ont vu les œuvres accrochés dans le musée, ça a été une très grande satisfaction." Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a enregistré une vidéo pour soutenir cette exposition qui s'achève le 30 avril prochain. 

Publié dans Articles de Presse

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