Guerre en Ukraine : Poutine prépare la Russie à une guerre longue, avertit l’Otan

Publié le par 20 Minutes avec AFP

STRATEGIE Près de dix mois après le début de la guerre en Ukraine et malgré les revers subis ces derniers mois, Jens Stoltenberg, chef de l’Otan, invite à ne pas sous-estimer Poutine

 Le président russe Vladimir Poutine assiste au défilé militaire du jour de la victoire sur la place Rouge, dans le centre de Moscou, le 9 mai 2022. — Kirill KUDRYAVTSEV / AFP

Le président russe Vladimir Poutine assiste au défilé militaire du jour de la victoire sur la place Rouge, dans le centre de Moscou, le 9 mai 2022. — Kirill KUDRYAVTSEV / AFP

« Rien n’indique que Poutine a renoncé à son objectif de contrôler l’Ukraine », avertit, ce lundi, Jens Stoltenberg, le chef de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan). Près de dix mois après l’invasion par Moscou de son voisin pro-occidental, les forces ukrainiennes ont infligé au Kremlin une succession de défaites qui ont permis de libérer des pans entiers de territoire. Pour autant, Jens Stoltenberg estime que la Russie n’a pas dit son dernier mot.

« Nous ne devons pas sous-estimer la Russie. Elle se prépare pour une guerre longue », a-t-il déclaré dans un entretien avec l’AFP, vendredi.

« Prêt à être dans cette guerre pendant longtemps »

« Nous voyons qu’elle mobilise davantage de forces, qu’elle est prête à subir également de nombreuses pertes, qu’elle essaie d’avoir accès à davantage d’armes et de munitions, a-t-il souligné. Nous devons comprendre que le président Poutine est prêt à être dans cette guerre pendant longtemps et à lancer de nouvelles offensives. »

Les pays de l’Otan, États-Unis en tête, ont fourni à l’Ukraine des milliards de dollars d’armements qui l’ont aidé à tenir tête aux forces russes. Stoltenberg appelle à continuer cet effort jusqu’à ce que le président Vladimir Poutine comprenne qu’il « ne peut pas gagner sur le champ de bataille ».

Pousser Poutine à la table des négociations

« Le plus probable est que cette guerre se terminera à la table des négociations, comme la plupart des guerres », soutient Jens Stoltenberg. Toute solution devra garantir que « l’Ukraine prévale en tant que nation souveraine et indépendante », a-t-il insisté. « Le moyen le plus rapide d’y parvenir est de les soutenir militairement, afin que le président Poutine comprenne qu’il ne peut pas gagner sur le champ de bataille, mais qu’il doit s’asseoir et négocier de bonne foi. »

Après les revers subis sur le terrain, Moscou a lancé des vagues de frappes de missiles et de drones contre les infrastructures énergétiques civiles. Selon des rapports américains, Washington est en train de finaliser des plans pour envoyer ses batteries de missiles Patriot les plus avancées en Ukraine, qui s’ajouteront aux autres systèmes de défense aérienne occidentaux déjà fournis à Kiev.

Jens Stoltenberg a déclaré qu’une « discussion était en cours » pour la livraison des Patriot, mais il a souligné que les pays de l’Otan devaient s’assurer qu’il y ait suffisamment de munitions et de pièces de rechange pour que les armes envoyées jusqu’à présent continuent de fonctionner.

Livrer des armes fonctionnelles

« Nous avons un dialogue entre alliés sur des systèmes supplémentaires, mais il devient de plus en plus important de s’assurer que tous les systèmes qui sont livrés sont fonctionnels », a-t-il expliqué.

Les demandes d’armes de l’Ukraine ont épuisé les stocks des membres des alliés et suscité la crainte que les industries de défense de l’Alliance ne soient pas en mesure de produire suffisamment. « Nous augmentons notre production dans ce but précis, afin de pouvoir à la fois reconstituer nos propres stocks pour la dissuasion et la défense et continuer à apporter notre soutien à l’Ukraine sur le long terme », a rappelé Jens Stoltenberg.

« La crise de sécurité la plus dangereuse depuis 1945 »

L’invasion de l’Ukraine par Poutine a été un choc pour l’Occident. Elle a contraint l’Otan à procéder à sa plus grande adaptation depuis la fin de la guerre froide en renforçant massivement son flanc oriental. La Finlande et la Suède ont été poussées à intégrer l’Otan.

« C’est la crise de sécurité la plus dangereuse que nous ayons connue en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, a affirmé Jens Stoltenberg. C’est un moment charnière. » Le chef de l’Otan a précisé que malgré une baisse récente des menaces nucléaires de Poutine, l’Alliance reste « vigilante et surveillera constamment ce qu’ils font ». « La rhétorique nucléaire, avec les références à l’utilisation potentielle d’armes nucléaires, est imprudente et dangereuse », a insisté le chef de l’Otan. « Son objectif est bien sûr de nous dissuader de soutenir l’Ukraine, mais il n’y parviendra pas. »

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