Mort de Benoît XVI : "Le pontificat de François va entrer dans une autre dimension", explique un journaliste spécialiste de l'Église catholique

Publié le par franceinfo Radio France

Gino Hoel, journaliste pour slate.fr, estime que la cohabitation entre Benoît XVI et son successeur, le Pape François, empêchait ce dernier de "prendre certaines décisions".
Le pape émérite Benoît XVI et le Pape François, au Vatican, en septembre 2014. (TIZIANA FABI / AFP)

Le pape émérite Benoît XVI et le Pape François, au Vatican, en septembre 2014. (TIZIANA FABI / AFP)

"Le pontificat de François va démarrer" et "entrer dans une autre dimension", indique samedi 31 décembre sur franceinfo Gino Hoel, journaliste pour slate.fr, spécialiste de l'Église catholique, après la mort du pape émérite Benoît XVI. En 2013, Benoit XVI a renoncé à la papauté pour des raisons de santé, une première en 600 ans. Gino Hoel constate qu'en raison de cette cohabitation, "beaucoup de gens continuaient de croire que le vrai pape était Benoît et pas François". "Aujourd'hui, il n'y a plus qu'un pape et ça va aussi clarifier le pontificat de François", avance le journaliste.

Gino Hoel considère en effet que la cohabitation entre Benoît XVI et le pape François a révélé quelques "problèmes". Selon le journaliste spécialiste de l'Église catholique, tant que l'ex-pape était en vie, reclus dans son monastère des jardins du Vatican, l'actuel pape François "ne pouvait sans doute pas prendre certaines décisions". Il se demande notamment "si lors du synode sur l'Amazonie en 2020, il n'y a pas eu la décision d'accepter que des hommes mariés puissent célébrer la messe, parce que Benoît n'était pas vraiment pour".

Un pape "fragilisé"

Il regrette par ailleurs qu'un "certain nombre de gens dans l'entourage de Benoît XVI l'ont fait parler et l'ont utilisé, ce qui a été comme une chape de plomb sur le pontificat de François". Pour toutes ces raisons, "si demain François démissionne, on ne pourra plus avoir ce même type de pape retraité que Benoît", précise-t-il.

Gino Hoel se souvient d'un pape qui était, à la fin de son pontificat, "fragilisé, fatigué". Le journaliste spécialiste de l'Église catholique soutient par ailleurs que "Benoît XVI n'a pas été un grand pape de gouvernement". "Il n'a pas réussi à réformer la curie, qu'il connaissait depuis plus de 25 ans et il s’est aussi très mal entouré", conclut-il.

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