Originaire de Sarthe, elle publie la correspondance de ses parents pendant la Seconde Guerre mondiale

Publié le par actu par Rédaction Mortagne-au-Perche

Françoise Deroy-Pineau publie un livre regroupant la correspondance de ses parents entre 1939 et 1945. Des lettres retrouvées dans leur maison à Aillières-Beauvoir (Sarthe).

Françoise Deroy-Pineau avec ses deux sœurs, Élisabeth et Geneviève, lors du premier lancement du livre le 18 juin. ©Raymond Barbier

Françoise Deroy-Pineau avec ses deux sœurs, Élisabeth et Geneviève, lors du premier lancement du livre le 18 juin. ©Raymond Barbier

Tout commence en 2015, lorsque les sœurs de Françoise Deroy-Pineau déménagent la maison de leurs parents décédés, à Aillières-Beauvoir (Sarthe). Elles découvrent une malle dans le grenier, avec une centaine de lettres. « La petite fille que j’étais savait que ces lettres existaient quelque part. Mais elles avaient disparu entre deux déménagements, personne ne savait où elles étaient », raconte l’universitaire, aujourd’hui résidente au Québec. 

Une sacrée surprise pour la fratrie, émue d’avoir retrouvé ces lettres, témoins de la correspondance entre sa mère, Jacqueline Olivier, hébergée près de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) pendant le conflit, et son père, Georges Deroy, prisonnier de guerre en Allemagne, entre 1939 et 1945.

Que faire de ces lettres ?

Après la découverte de ces lettres, le temps passe. Et en 2019, Françoise reçoit pour son anniversaire de mariage une clef USB mystère. « Dans cette clef, il y avait toute la correspondance retranscrite de mes parents, mot pour mot. Ma sœur et son mari avaient passé des heures et des heures à tout retranscrire », explique, encore touchée par ce cadeau, Françoise Deroy-Pineau. 

Maman écrivait des lettres sur papier très fin, et elle les cachait dans des tubes de dentifrice et de la confiture Françoise Deroy-Pineau

Mais à ce moment-là, la question était : que faire de ces lettres-là ? Fallait-il les garder ou les publier ? Après plusieurs discussions avec des membres de la famille et quelques spécialistes de la guerre, la décision a été de publier ces lettres, « mais en enlevant certains passages sensibles ». Un long travail, qui a été facilité avec l’arrivée du confinement en mars 2020.

Pendant de longues semaines « sans distraction », elle a pu retravailler les lettres, les recouper, ajouter des notations. « Entre les répétitions de mots ou de sujets, j’ai essayé de tout réunir en thème, sans me tromper dans la chronologie, et surtout sans trahir mes parents. » 

La 2e DB à Louvigny

En travaillant sur cette correspondance unique, Françoise a redécouvert ses parents et cet amour l’un pour l’autre. L’amour qu’ils portaient pour leurs enfants. « Ils avaient une idée bien précise de comment nous élever, c’était vraiment très important pour eux. »

Âgée de 84 ans, elle a elle-même retrouvé des souvenirs enfouis. Sa plus grande surprise : l’unique lettre de sa grand-mère, racontant le passage, sous ses fenêtres, de la deuxième Division blindée (ou armée Leclerc), à Louvigny. « Maman écrivait des lettres sur papier très fin, et elle les cachait dans des tubes de dentifrice et de la confiture, raconte Françoise. Dans la lettre officielle qui accompagnait le paquet, elle écrivait « J’espère que ce dentifrice te convient » ou « Cette confiture, je l’ai fait exprès pour toi » ! »

Des lettres désormais disponibles dans un livre, Un amour à l’épreuve de la guerre. Aujourd’hui, elle décrit ce livre comme « un devoir de mémoire ». « Mon fils et ses enfants étaient venus visiter le camp où mon père avait été prisonnier. Avec ces lettres, mes petits enfants ont pris conscience de ce qui s’est passé à cet endroit. »

« Un amour à l’épreuve de la guerre : Genèse d’une famille entre 1939 et 1945 », par Françoise Deroy-Pineau, Éd L’Harmattan. Prix : 25 euros. 

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