Trois morts à Paris : "Une attaque contre la communauté kurde"

Publié le par i24NEWS - AFP

"Sept à huit coups de feu dans la rue, c'est la panique totale, on est restés enfermés à l’intérieur"

Thomas SAMSON / AFPDes agents de sécurité français sécurisent la rue après que plusieurs coups de feu ont été tirés le long de la rue d'Enghien dans le 10e arrondissement, à Paris, le 23 décembre 2022

Thomas SAMSON / AFPDes agents de sécurité français sécurisent la rue après que plusieurs coups de feu ont été tirés le long de la rue d'Enghien dans le 10e arrondissement, à Paris, le 23 décembre 2022

Trois personnes sont décédées après avoir été touchées par des tirs, vendredi peu avant midi, dans le Xe arrondissent de Paris, et un homme a été interpellé et placé en garde, a indiqué le parquet, 

Les faits se sont déroulés rue d'Enghien, au niveau d'un centre culturel kurde, dans un quartier commerçant et animé et notamment prisé de la communauté kurde.

Une enquête a été ouverte des chefs d'assassinat, homicides volontaires et violences aggravées. Les investigations ont été pour l'heure confiées à la brigade criminelle avec le 2e DPJ. Le bilan provisoire fait état de trois personnes décédées, et trois blessés, selon le parquet de Paris.

L'homme soupçonné est de nationalité française et connu pour deux tentatives d'homicide commises en 2016 et décembre 2021. "De type caucasien", il "serait âgé d'une soixantaine d'années", selon une source policière, précisant que le bilan des victimes n'est pas définitif.

"L'auteur est interpellé avec son arme, le danger est écarté, ses motivations sont pour l'instant inconnues", a-t-elle poursuivi. Au croisement de la rue d'Enghien et de la rue d'Hauteville, des brancards étaient amenés dans le calme vers la scène de la fusillade et un périmètre de sécurité était mis en place par la police.

"Une attaque contre les Kurdes"

"Sept à huit coups de feu dans la rue, c'est la panique totale, on est restés enfermés à l’intérieur", a témoigné une commerçante d'un immeuble voisin souhaitant garder l'anonymat.

"On a vu un vieux monsieur blanc rentrer et tirer dans le centre culturel kurde, puis il est allé dans le salon de coiffure à côté. On est réfugiés dans le restaurant avec les salariés", a témoigné Romain, le directeur adjoint du restaurant Pouliche Paris, dans la rue, joint par téléphone. 

Selon un autre témoin, un habitant du quartier qui passait dans la rue, "il y avait des gens en panique qui criaient à des policiers : 'il est là, il est là, avancez' en désignant un salon de coiffure". "J'ai vu des policiers rentrer dans le salon où j'ai vu deux personnes à terre, blessées aux jambes, j'ai vu le sang", a-t-il ajouté décrivant des "gens sous le choc et en panique".

Juan-golan Elibeg, un danseur kurde qui fréquente le centre culturel depuis des années a réagi au micro d'i24NEWS, en fustigeant la police française et en accusant l'Etat turc pour cette fusillade. "En général, le centre culturel est surveillé par la police française, mais comment cela se fait-il que la police n'est pas là aujourd'hui?" s'est-il interrogé. "Il y a des ateliers de danse. Il n'y a pas que les Kurdes qui se regroupent là-bas mais aussi les personnes de gauche. Ce sont les Kurdes qui ont été visé, ceux qui sont contre le système turc, ceux qui sont pour une identité kurde et ceux qui sont contre le système qui a divisé le Kurdistan dont l'Europe", a-t-il souligné.

Le Centre Ahmet Kaya, nommé en hommage au chanteur éponyme, est une association loi 1901 ayant pour objectif de "favoriser l’insertion progressive" de la population kurde installée en Ile-de-France. 

Publié dans Articles de Presse

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