Vladimir Potanine, le deuxième oligarque le plus riche de Russie visé par des sanctions

Publié le par Vanity Fair par Valentine Ulgu-Servant

L'oligarque russe Vladimir Potanine est dans le viseur du Trésor américain. Les États-Unis sanctionnent les puissantes banques et sociétés dont il est propriétaire. 
Vladimir Potanine lors d'une rencontre avec des hommes d'affaires à Moscou, le 26 décembre 2018. Mikhail Svetlov/Getty Images

Vladimir Potanine lors d'une rencontre avec des hommes d'affaires à Moscou, le 26 décembre 2018. Mikhail Svetlov/Getty Images

Jusqu'ici, Vladimir Potanine passait entre les gouttes. Deuxième homme le plus riche de Russie selon Forbes, puissant businessman, homme politique reconnu et proche du président Poutine, il vient d'être sanctionné par le département du Trésor Américain. Les biens de Vladimir Potanine sont désormais gelés dans le cadre des mesures internationales instaurées pour affaiblir le Kremlin depuis le début de la guerre en Ukraine. Il lui est également interdit d'effectuer des transitions avec des personnes ou entreprises américaines. Une goutte d'eau, pour un homme dont la fortune est estimée à 26,4 milliards de dollars d'après les estimations de Forbes ? Peut-être. Mais pas pour la Russie. 

L'homme d'affaires est le propriétaire de Nornickel, le plus gros producteur mondial de nickel et de palladium. Il est également à la tête d'Interros, l'une des plus grandes sociétés privées d'investissement du pays. Vladimir Potanine a construit sa fortune en profitant de la vague de privatisations qui a suivi la chute de l'URSS. Son parcours est celui du parfait oligarque : après des débuts au ministère du Commerce extérieure dans les années 80, le Russe a multiplié les postes de président de banques privées. En dehors du secteur, il a profité de sa position à Interros pour devenir l'actionnaire majoritaire de Nornickel et en faire l'empire qu'il est aujourd'hui. Au sommet des affaires russes, Vladimir Potanine s'est aussi lancé en politique. En 1996, il a été le premier vice-Premier ministre de la fédération de Russie, avant d'asseoir son influence à l'international. Grand philanthrope et mécène, il a contribué aux fonds de plusieurs musées européens, notamment le Centre Pompidou. 

Un yacht, une banque et des sanctions

Au mois d'avril, au coeur de la guerre en Ukraine, le magnat des métaux s'est illustré par un coup d'éclat inattendu, alors que ses confrères oligarques tombaient sous le coup des sanctions occidentales : il a racheté Rosbank, la filiale russe de la Société générale, à nouveau via son entreprise Interros. Un coup de maître : Vladimir Potanine s'est hissé, en un accord, à la tête d'une des principales banques commerciales de Russie. Le même mois, le Canada et le Royaume-Uni ont imposé les premières sanctions à l'homme d'affaires : plusieurs de ses sont gelés, y compris son yacht Nirvana (amarré à Dubaï, évalué à 282 millions d'euros) et il lui est formellement interdit de commercer avec les britanniques ou les canadiens. 

Cette fois, le Trésor américain va plus loin. La menace d'un mandat de saisie plane sur le Nirvana. Plus fâcheux pour le Kremlin : la Rosbank et Interros sont concernées par ce nouveau volet de sanctions. « Parallèlement à la désignation par le Département d'État américain de l'un des hommes les plus riches de Russie, Vladimir Potanin (Potanin), et des personnes associées, l'OFAC a désigné la Public Joint Stock Company Rosbank (Rosbank), une banque commerciale basée en Russie que Potanin a acquise plus tôt cette année », indique le département du Trésor dans un communiqué. Des mesures ont également été prises à l'encontre de son épouse et ses enfants.

Publié dans Articles de Presse

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