Adriaan Vlok, figure du régime d’apartheid en Afrique du Sud, est mort

Publié le par Le Monde avec AFP

Ancien ministre de l’ordre public, il est l’un des rares hauts responsables du régime raciste à avoir fait l’objet de poursuites et avait été condamné en 2007 pour tentative de meurtre sur un opposant. Il est mort à 85 ans.

L’ancien ministre de la loi et de l’ordre public de l’Afrique du Sud, Adriaan Vlok, à Pretoria, le 17 août 2007. SIPHIWE SIBEKO / REUTERS

L’ancien ministre de la loi et de l’ordre public de l’Afrique du Sud, Adriaan Vlok, à Pretoria, le 17 août 2007. SIPHIWE SIBEKO / REUTERS

Il était l’une des figures redoutées du régime d’apartheid en Afrique du Sud. Adriaan Vlok, ancien ministre de l’ordre public du pays, est mort dimanche à 85 ans dans un hôpital près de Pretoria.

A la fin des années 1980, M. Vlok a supervisé des attentats à la bombe contre des églises et des syndicats. « Je pensais que l’apartheid était juste », avait-il confié à l’AFP lors d’une rencontre en 2015. « C’était notre boulot d’inspirer la peur aux gens. »

Devenu un vieil homme au crâne dégarni rongé par les remords, il distribuait alors des tartes, des sandwichs et des gâteaux à la population déshéritée d’un township, exemple de ces créations de l’apartheid installées en périphérie des grandes villes pour séparer la population noire de la population blanche.

« J’ai honte de beaucoup de choses que j’ai faites »

Adriaan Vlok, l’un des rares hauts responsables du régime raciste sud-africain à avoir fait l’objet de poursuites, a été condamné en 2007 à dix ans de prison avec sursis pour tentative de meurtre sur un opposant notoire. Il avait tenté d’empoisonner, dix-huit ans plus tôt, le révérend Frank Chikane alors à la tête d’une organisation en pointe dans la lutte contre l’apartheid, en faisant distiller du poison dans les sous-vêtements de ce dernier.

« J’ai honte de beaucoup de choses que j’ai faites », a-t-il déclaré à sa condamnation, admettant que son engagement en faveur du régime ségrégationniste était « une erreur ». L’ancien ministre a demandé publiquement pardon à ses victimes, allant jusqu’à laver les pieds du révérend Chikane. Cela est vu comme une tentative d’obtenir une rédemption ou, pour ses détracteurs, comme une tactique grossière pour éviter de révéler l’ampleur des abus commis par la police.

Pour faire la lumière sur les exactions du régime, le gouvernement de Nelson Mandela issu des premières élections multiraciales, en 1994, avait mis sur pied une Commission vérité et réconciliation, qui garantissait l’amnistie aux responsables de violences politiques en échange d’aveux complets.

Ils sont pourtant peu nombreux à s’être prêtés à l’exercice. Une infime proportion des affaires ont abouti à un procès et de nombreuses voix critiquent une « mission inachevée » pour panser les plaies de l’apartheid.

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