Affaire Bonfanti : que s'est-il passé le 22 mai 1986, jour de la disparition de Marie-Thérèse Bonfanti ?

Publié le par France Bleu Isère , France Bleu Pays de Savoie , France Bleu par Virginie Salanson , Véronique Pueyo

Trente ans après sa disparition, en Isère, la mort de Marie-Thérèse est en passe d'être élucidée. Son meurtrier présumé est passé aux aveux lors de sa garde à vue dimanche dernier, 15 mai. Yves Chatain, bientôt 57 ans, a raconté ce qui s'était passé ce 22 mai 1986.

Le colonel James patron de la section de recherche de Grenoble (à g.), le procureur Vaillant (au centre) et le procureur adjoint Boris Duffau (à d.) lors de la conférence de presse sur la disparition de Marie-Thérèse Bonfanti, ce jeudi. © Radio France - Véronique Pueyo

Le colonel James patron de la section de recherche de Grenoble (à g.), le procureur Vaillant (au centre) et le procureur adjoint Boris Duffau (à d.) lors de la conférence de presse sur la disparition de Marie-Thérèse Bonfanti, ce jeudi. © Radio France - Véronique Pueyo

Ce qu'il s'est passé il y a 36 ans, c'est le procureur de la République de Grenoble qui l'a raconté, ce jeudi, lors d'une conférence de presse au palais de justice de Grenoble. Éric Vaillant a décrit les aveux faits par Yves Chatain, lors de sa garde à vue, dimanche dernier.

En 1986, Marie-Thérèse Bonfanti, 25 ans, maman d'une fillette de quatre ans et d'un bébé de six mois, distribue des journaux gratuits pour arrondir ses fins de mois. Ce 22 mai 1986, elle dépose un paquet de journaux dans le hall de la "maison Chatain". C'est comme cela, qu'à Pontcharra, on appelle cette grande bâtisse, propriété de la famille Chatain. Ce sont des commerçants bien connus dans la région, une maison située près de la gare et qui sera démolie en 1992.

Une voiture mal garée et une dispute

Yves Chatain, 21 ans à l'époque, raconte que Marie-Thérèse avait laissé sa voiture mal garée devant chez lui. Cela l'a agacé. Une dispute aurait éclaté entre eux. La jeune femme l'aurait suivi chez lui pour lui demander de s'excuser et c'est là qu'il l'aurait étranglée. Il a ensuite dissimulé le corps dans une forêt de la région. Selon le procureur Vaillant, l'homme serait coopératif et aurait indiqué l'endroit exact. Mais pour l'instant les recherches n'ont rien donné.

La famille Bonfanti n'a jamais baissé les bras et a même relancé l'enquête en 2020, en remettant à la justice un mémoire qui a convaincu le parquet de rouvrir le dossier. Pour eux, c'est aujourd'hui "un soulagement" explique Maître Boulloud, l'avocat de la famille Bonfanti, "ils n'ont aucune haine, ils ont de l'amertume, c'est sûr. Il a fallu 36 ans pour que cette vérité commence, je dis bien commence à être consacrée" détaille-t-il.

Pas de haine mais de l'amertume

Si le suspect est passé aux aveux, c'est aussi grâce à l'énorme travail de la cellule cold case de la Section de Recherche de Grenoble rappelle Éric Vaillant, le procureur : "il a fallu ne garder que quelques heures le suspect en garde à vue car il avait déjà été en garde à vue il y a 36 ans. Des gendarmes spécialisés dans le comportement humain ont permis de savoir comment poser les bonnes questions, au bon moment etc..."

Yves Chatain a été mis en examen pour enlèvement, séquestration et meurtre. Les faits d'enlèvement et séquestration ne sont pas prescrits, en revanche, le meurtre est prescrit 10 ans après le dernier acte de procédure. Il faut donc retrouver le corps pour que le meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti ne soit pas prescrit et qu'Yves Chatain soit jugé aux assises. 

D'autres affaires non élucidées

Yves Chatain avait quitté la région récemment, pour s'installer dans le centre de la France mais jusque là, il habitait en Chartreuse où il gérait un gite avec sa compagne. Dans sa jeunesse, il avait été condamné pour avoir agressé à deux reprises des jeunes femmes, il avait d'ailleurs tenté d'étrangler l'une d'elles.

Dans le secteur de Pontcharra, il y a d'autres affaires non élucidées. En 1981, on a retrouvé le corps de Liliane Chevènement, étranglée avec du fil de fer. En 1984, deux auto-stoppeuses belges disparaissent à 20 kms de Pontcharra et en 1985, Marie-Ange Billoud, disparaît en faisait du stop à la sortie de Pontcharra.

Source : Affaire Bonfanti : que s'est-il passé le 22 mai 1986, jour de la disparition de Marie-Thérèse Bonfanti ?

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article