Au Bélarus, un procès pour "extrémisme" pour plusieurs journalistes d'un média indépendant

Publié le par Nice-Matin par La rédaction avec AFP

Le 17 janvier commencera le procès par contumace de Mme Tikhanovskaïa, 40 ans, qui fait face à une multitude d'accusations, dont celles de haute trahison, de conspiration pour prendre le pouvoir de manière inconstitutionnelle et de création et conduite d'une organisation extrémiste.

Le président bélarusse, Alexandre Loukachenko. Photo AFP

Le président bélarusse, Alexandre Loukachenko. Photo AFP

Le procès de plusieurs collaboratrices du site d'information Tut.by, principal média indépendant du Bélarus, dont sa rédactrice en chef Marina Zolotova, a commencé lundi à huis clos dans cette ex-république soviétique, a indiqué le centre bélarusse de défense des droits humains Viasna.

Ce procès s'inscrit dans le contexte de la vague de répression en cours au Bélarus depuis un vaste mouvement de contestation en 2020 pour dénoncer la réélection controversée du dirigeant autoritaire Alexandre Loukachenko.

Le site Tut.by avait couvert cette contestation qui a rassemblé des dizaines de milliers de personnes dans les rues de Minsk et d'autres villes pendant des semaines.

Mme Zolotova et l'ancienne directrice générale du site Lioudmila Tchekina, ainsi que trois autres collaboratrices - la rédactrice Olga Loïko, la journaliste Elena Tolkatchiova et la juriste Ekaterina Tkatchenko - sont accusées notamment d'évasion fiscale et d'incitation à la haine sociale.

Selon une photo de la salle d'audience publiée par la cheffe de l'opposition bélarusse en exil, Svetlana Tikhanovskaïa, seules Marina Zolotova et Lioudmila Tchekina, emprisonnées toutes les deux depuis leur arrestation en mai 2021, étaient présentes au procès, leurs co-accusées ayant quitté le Bélarus.

"Nous devons soutenir tous les journalistes qui se battent pour la vérité!", a écrit Mme Tikhanovskaïa sur Twitter. Le média Tut.by avait été qualifié d'"extrémiste" par les autorités et bloqué au Bélarus en 2021. Plusieurs de ses journalistes ont quitté le Bélarus et créé le site d'information Zerkalo.

"L'affaire contre Tut.by est montée de toutes pièces et n'a vu le jour que parce que le régime a peur des journalistes", a estimé Zerkalo dans un communiqué.

1.400 prisonniers politiques

Après le mouvement de contestation de 2020, le régime bélarusse a réprimé toutes les voix critiques dans le pays à coups d'arrestations massives, d'exils forcés et d'emprisonnements d'opposants, de responsables de médias et d'ONG.

Selon le centre Viasna, le pays compte actuellement plus de 1.400 prisonniers politiques.

La semaine dernière, le Bélarus a commencé à juger Ales Bialiatski, un militant bélarusse pour la démocratie emprisonné, co-lauréat du prix Nobel de la paix 2022 et fondateur du centre Viasna. M. Bialiatski et ses collaborateurs risquent jusqu'à 12 ans de prison.

Le 17 janvier commencera le procès par contumace de Mme Tikhanovskaïa, 40 ans, qui fait face à une multitude d'accusations, dont celles de haute trahison, de conspiration pour prendre le pouvoir de manière inconstitutionnelle et de création et conduite d'une organisation extrémiste.

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