CARTE. Guerre en Ukraine : les hostilités se poursuivent, une réunion en mars… Le point au 318e jour

Publié le par Ouest-France avec AFP et Reuters

Les Ukrainiens comme les Russes ont fêté la fête du Noël orthodoxe ce samedi 7 janvier 2023 dans le contexte du cessez-le-feu décidé par la Russie. Des ministres de la Justice du monde entier se réuniront à Londres en mars pour marquer leur soutien à la Cour pénale internationale dans ses enquêtes sur les crimes de guerre présumés commis en Ukraine.

Des résidents de Chasiv Yar, en Ukraine, le 7 janvier 2023. Photo d’illustration. | DIMITAR DILKOFF / AFP

Des résidents de Chasiv Yar, en Ukraine, le 7 janvier 2023. Photo d’illustration. | DIMITAR DILKOFF / AFP

Les Ukrainiens comme les Russes célébraient ce samedi 7 janvier 2023 la fête du Noël orthodoxe en pleine guerre, alors que les hostilités se poursuivaient sur plusieurs points du front malgré un cessez-le-feu unilatéral décrété par le président Vladimir Poutine.

Comme la veille, l’armée russe a assuré son intention de poursuivre la trêve jusqu’à 22 h heure française, tout en dénonçant des tirs d’artillerie ukrainiens sur ses positions qui se poursuivent.

Elle a affirmé avoir repoussé des attaques ou répondu à des tirs ukrainiens dans plusieurs endroits du front, infligeant des pertes à son adversaire.

L’Ukraine met en doute la sincérité de la trêve russe, affirmant qu’il s’agit d’une ruse pour gagner du temps. Washington, Paris, Londres, Berlin et l’Union européenne ont fustigé l’initiative.

Des journalistes présents à Tchassiv Iar, dans l’est de l’Ukraine, ont constaté des bombardements soutenus tout au long de la matinée.

À Bakhmout, l’épicentre des combats situé plus au nord, l’AFP avait déjà entendu vendredi des duels d’artillerie des deux côtés du front, dans les heures qui ont suivi l’instauration du cessez-le-feu unilatéral par la Russie.

Ces tirs étaient toutefois d’intensité moindre par rapport aux journées précédentes.

Le point en Ukraine au 318e jour de la guerre. | INFOGRAPHIE OUEST-FRANCE

Le point en Ukraine au 318e jour de la guerre. | INFOGRAPHIE OUEST-FRANCE

Des bombardements à Kherson

Selon le Parquet ukrainien, deux personnes ont été tuées et 13 blessées à Bakhmout au cours de la journée de vendredi, dans une ville en grande partie détruite par les combats et où les deux camps sont confrontés à de grandes pertes.

Selon les autorités ukrainiennes, les troupes russes ont aussi bombardé la région de Kherson (sud) vendredi, tuant un secouriste et blessant sept autres personnes.

Les deux pays, en guerre depuis février 2022, célébraient samedi la fête du Noël orthodoxe, confession majoritaire en Russie comme en Ukraine.

Du côté russe, Vladimir Poutine a assisté seul à un office religieux dans une église du Kremlin vendredi à minuit, dérogeant à son habitude d’assister à la liturgie en province ou en périphérie de Moscou.

Dans un message diffusé samedi par le Kremlin, le président russe a adressé ses félicitations aux chrétiens orthodoxes, indiquant que ce jour inspire « de bonnes actions et aspirations ».

Les organisations ecclésiastiques « soutiennent nos soldats qui participent à une opération militaire spéciale », a déclaré le président russe, utilisant le terme officiel du Kremlin pour désigner l’offensive en Ukraine.

Côté ukrainien, des centaines de fidèles ont assisté samedi à une liturgie historique dans le célèbre monastère de la laure des Grottes de Kiev, autrefois sous la juridiction du patriarcat de Moscou mais passé en décembre dans le giron de l’Église ukrainienne indépendante.

L’office était dirigé pour la première fois par le métropolite Épiphanie, le chef de cette Église formée en 2018-2019 après un schisme avec le patriarcat de Moscou.

Une nouvelle aide militaire des États-Unis

Même s’il avait été respecté, le cessez-le-feu décrété par Vladimir Poutine n’aurait offert que 36 heures de répit dans un conflit de grande intensité, qui dure depuis près de 11 mois et dont le règlement ne semble pas avoir avancé.

Les États-Unis, principal soutien de Kiev, ont promis vendredi une nouvelle aide militaire massive de trois milliards de dollars à l’Ukraine, qui comprendra la fourniture de véhicules blindés d’infanterie Bradley, de transports de troupes et d’obusiers.

« Cette année victorieuse ne fait que commencer », s’est félicitée la présidence ukrainienne, précisant que le « paquet » américain inclut également des missiles de précision HIMARS et antiaériens Sea Sparrow.

Cette annonce suivait celle de l’Allemagne qui a indiqué qu’elle enverrait au premier trimestre 40 blindés Marder, emboîtant le pas à la France qui a annoncé mercredi une prochaine livraison de chars de combat légers AMX-10 RC.

Les livraisons d’armes occidentales sont cruciales pour Kiev et lui ont notamment permis de mener une contre-offensive efficace qui a chassé les forces russes de la région de Kharkiv dans le nord-est et de la ville de Kherson dans le sud.

Avec l’hiver, le front se trouve en grande partie gelé. L’Ukraine a toutefois dit redouter une nouvelle offensive russe.

Une réunion en mars à Londres

Des ministres de la Justice du monde entier se réuniront à Londres en mars pour marquer leur soutien à la Cour pénale internationale (CPI) dans ses enquêtes sur les crimes de guerre présumés commis en Ukraine, a annoncé samedi 7 janvier le gouvernement britannique.

Organisée par le secrétaire britannique à la Justice Dominic Raab et son homologue néerlandais Dilan Yesilgoz-Zegerius, la réunion se déroulera en présence du procureur en chef de la CPI, Karim Khan.

« Presque un an après l’invasion illégale, la communauté internationale doit apporter son soutien le plus fort à la CPI afin que les criminels de guerre puissent être tenus responsables des atrocités auxquelles nous assistons », écrit dans un communiqué Dominic Raab, qui est également vice-Premier ministre.

La réunion vise à coordonner les efforts et accroître le soutien, notamment financier, pour s’assurer que la Cour puisse mener à bien des enquêtes et poursuivre les responsables, indique le communiqué.

La Russie, qui qualifie ses actions en Ukraine d’« opération militaire spéciale », a démenti avoir pris pour cible des civils et commis des crimes de guerre. L’Ukraine et les pays occidentaux estiment au contraire que Moscou mène une guerre d’occupation.

La Grande-Bretagne a toujours appuyé l’Ukraine, à qui elle a fourni un soutien militaire d’une valeur de 2,3 milliards de livres (2,78 milliards de dollars).

Publié dans Articles de Presse

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