Guerre en Ukraine : la Russie a mené des frappes sur une caserne en "représailles" à celle de Makiivka

Publié le par L'Express avec AFP

La trêve annoncée par Poutine à l’occasion du Noël orthodoxe a pris fin dans la nuit de samedi à dimanche. Elle n’a jamais vraiment été effective selon Moscou et Kiev, qui s’accusent de ne pas avoir respecté le cessez-le-feu.

Un habitant au milieu de ruines à Bakhmout, dans l'est de l'Ukraine, le 6 janvier 2023.  afp.com/Dimitar DILKOFF

Un habitant au milieu de ruines à Bakhmout, dans l'est de l'Ukraine, le 6 janvier 2023. afp.com/Dimitar DILKOFF

Un Noël orthodoxe sous les bombes. Samedi 7 janvier, les Ukrainiens ont réveillonné en pleine guerre, parfois dans des abris souterrains, et sous le feu russe, malgré l’annonce d’un cessez-le-feu de 36 heures par Vladimir Poutine. Ce dimanche matin, la guerre qui n’avait pas vraiment cessé a repris. L’Occident avait réaffirmé vendredi son soutien à l’Ukraine en promettant d’envoyer, à l’initiative de la France, des blindés légers.

  • L’armée russe dit avoir mené des frappes sur Kramatorsk en "représailles" à celle de Makiivka

L’armée russe a assuré, ce dimanche 8 janvier, avoir mené des frappes sur une caserne militaire à Kramatorsk, dans l’est de l’Ukraine, et infligé de lourdes pertes à son adversaire en "représailles" au bombardement ukrainien sur Makiivka, qui avait tué 89 soldats russes au Nouvel an, selon le bilan donné par Moscou. "En réponse à la frappe criminelle du régime de Kiev dans les premières minutes de janvier 2023 […], les forces russes ont mené une opération de représailles", a annoncé le ministère russe de la Défense dans son rapport quotidien. La date de cette frappe n’a en revanche pas été indiquée.

Les autorités ukrainiennes locales ont rapporté que Kramatorsk a été touchée par sept roquettes au cours de la nuit. Deux autres roquettes ont visé la ville voisine de Kostiantynivka. Samedi, des journalistes de l’AFP présents à Kramatorsk ont entendu au moins quatre explosions avant minuit.

  • Un cessez-le-feu non respecté

Pour le président ukrainien, et pour les journalistes présents sur place, il n’y a pas vraiment eu de trêve ce week-end en Ukraine. "Le monde a pu voir encore une fois aujourd’hui combien sont mensongers tous les mots prononcés jusqu’au plus haut niveau à Moscou", a indiqué le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans un message vidéo publié dans la soirée de samedi. Le cessez-le-feu, décrété par Moscou à partir de vendredi midi, a pris fin officiellement à minuit, samedi. Mais l’Ukraine affirme que l’armée russe ne l’a pas respecté. La Russie, en retour, accuse les Ukrainiens d’avoir empêché l’application d’une telle décision, en forçant ses troupes à riposter.

A Bakhmout, l’épicentre des combats, l’AFP avait déjà entendu vendredi des tirs d’artillerie des deux côtés du front, dans les heures qui ont suivi l’instauration du cessez-le-feu unilatéral par la Russie. Ces tirs étaient tout au plus d’intensité moindre par rapport aux journées précédentes. Selon le Parquet ukrainien, deux personnes ont été tuées et 13 blessées vendredi, dans une ville en grande partie détruite par les combats et où les deux camps sont confrontés à de grandes pertes.

Selon les autorités ukrainiennes, les troupes russes ont aussi bombardé la région de Kherson (sud) vendredi, tuant un secouriste et blessant sept autres personnes. Dans la région de Zaporijia (sud-est), selon l’administration locale, une mission de l'ONU distribuant de l’aide humanitaire à Orikhiv a été "prise sous le feu" de l’ennemi.

  • La Russie a renforcé ses positions près de Zaporijia, selon le renseignement britannique

Dans son dernier bulletin publié, le ministère de la Défense britannique remarque que l’armée russe "a renforcé ses fortifications défensives dans le centre de l’oblast de Zaporijia, dans le sud de l’Ukraine, notamment entre les villes de Vassylivka et Orikhiv". Moscou craindrait ainsi une offensive ukrainienne dans deux secteurs : soit dans le nord de l’oblast de Louhansk, soit à Zaporijia.

  • Nouvelle aide militaire occidentale

Les Etats-Unis, principal soutien de Kiev, ont promis vendredi une nouvelle aide militaire massive de trois milliards de dollars à l’Ukraine, qui comprendra la fourniture de véhicules blindés d’infanterie Bradley, de transports de troupes et d’obusiers. Cette annonce a suivi celle de l’Allemagne qui a indiqué qu’elle enverrait au premier trimestre 40 blindés "Marder", emboîtant le pas à la France. Emmanuel Macron avait annoncé, mercredi, une prochaine livraison de chars de combat légers AMX-10 RC. L’Ukraine dit redouter dans l’immédiat une nouvelle offensive russe.

Le gouvernement britannique a annoncé que se tiendrait en mars, à Londres, une réunion des ministres de la Justice pour soutenir les travaux de la Cour pénale internationale (CPI) sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité dont sont majoritairement accusées les forces russes en Ukraine.

Publié dans Articles de Presse

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