Guerre en Ukraine : le cessez-le-feu annoncé par la Russie a commencé

Publié le par Le Figaro avec AFP

Un cessez-le-feu a été annoncé unilatéralement par Vladimir Poutine du 6 au 7 janvier pour le Noël orthodoxe.

Un soldat ukrainien sur le front dans la région de Kherson le 4 janvier. STRINGER / REUTERS

Un soldat ukrainien sur le front dans la région de Kherson le 4 janvier. STRINGER / REUTERS

Le cessez-le-feu en Ukraine déclaré unilatéralement par Vladimir Poutine est censé avoir commencé. Il a été décrété le jeudi 5 janvier après une demande en ce sens du patriarche Kirill pour le Noël orthodoxe, a indiqué le Kremlin. Selon l'ordre de Vladimir Poutine, ce cessez-le-feu devait débuter ce vendredi 6 janvier à 12h00 (10h00 heure de Paris) et se terminer à minuit le lendemain (22h00 heure de Paris) «sur toute la ligne de contact entre les parties».

Kiev dénonce une trêve «hypocrite»

Son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky a fustigé cette annonce qui n'est, selon lui, qu'une «excuse dans le but d'au moins arrêter l'avancée de nos troupes dans le Donbass et apporter équipements, munitions, et rapprocher des hommes de nos positions». «Quel sera le résultat ? Plus de morts», a-t-il affirmé.

Le président ukrainien a, en revanche, salué la «décision très importante» des États-Unis et de l'Allemagne qui ont promis à Kiev la livraison de blindés d'infanterie, de type Bradley côté américain et de modèle Marder côté allemand, après l'annonce par la France d'envoi de chars légers. Le conseiller de la présidence ukrainienne, Mykhaïlo Podoliak, a de son côté qualifié cette annonce «d'hypocrisie», appelant les troupes russes à quitter le pays. «La Russie doit quitter les territoires occupés, c'est alors seulement qu'il y aura une trêve temporaire”». Gardez votre hypocrisie», a-t-il écrit sur Twitter.

Dans un message séparé destiné à la presse, Mykhaïlo Podoliak a dénoncé ce cessez-le-feu ordonné quelques instants plus tôt par le président russe Vladimir Poutine de «pur geste de propagande». «La Russie tente par tous les moyens de réduire au moins temporairement l'intensité des combats et les frappes sur ses centres logistiques afin de gagner du temps», a poursuivi Mykhaïlo Podoliak.

Il a accusé Vladimir Poutine de ne pas avoir «le moindre désir de mettre fin à la guerre» et d'essayer de «convaincre les Européens de faire pression sur» Kiev en vue de négociations de paix, ce que l'Ukraine refuse depuis des mois. «Il n'est pas nécessaire de répondre aux initiatives délibérément manipulatrices des dirigeants russes», a-t-il encore indiqué.

«Se donner de l'air»

Si elle est respectée, il s'agira de la première trêve d'ampleur en Ukraine depuis le début de l'invasion russe lancée en février. De courts arrêts des combats avaient précédemment été observés localement, comme pour évacuer les civils de l'usine Azovstal de Marioupol (sud-est) en avril.

Pour le président américain, Vladimir Poutine cherche «à se donner de l'air». Il «était prêt à bombarder des hôpitaux, des crèches et des églises (...) le 25 décembre et lors du Nouvel an», a ironisé Joe Biden. Ce cessez-le-feu «ne fera rien pour faire avancer les perspectives de paix», a réagi le ministre britannique des Affaires étrangères James Cleverly, en réclamant un retrait définitif des forces russes. Une telle trêve n'apportera «ni liberté ni sécurité» en Ukraine, a abondé la diplomatie allemande.

Dans sa conversation téléphonique avec Vladimir Poutine, Recep Tayyip Erdogan avait proposé un «cessez-le-feu unilatéral» destiné à soutenir «les appels à la paix et les négociations entre Moscou et Kiev». La Russie est prête à un «dialogue sérieux» avec l'Ukraine à condition que celle-ci se plie aux exigences russes et accepte les «nouvelles réalités territoriales» nées de l'invasion de ce pays en février, a fait valoir Vladimir Poutine.

Premier cessez-le-feu d'ampleur

À l'occasion de ses discussions avec le président turc, Vladimir Poutine a accusé les Occidentaux de «gaver le régime de Kiev d'armes et d'équipements militaires et de lui fournir des informations opérationnelles et de ciblage». Ce cessez-le-feu, le premier d'ampleur depuis le début de l'offensive russe en Ukraine en février, intervient après une demande en ce sens du patriarche de l'Église orthodoxe russe Kirill, un proche soutien de Vladimir Poutine.

La trêve russe est également proposée moins d'une semaine après une frappe ukrainienne dans la nuit du Nouvel An qui a fait au moins 89 morts à Makiïvka, dans l'est de l'Ukraine. Un bombardement particulièrement meurtrier que l'armée russe a dû reconnaître, fait extrêmement rare, et qui a suscité des critiques en Russie à l'encontre du commandement militaire.

Publié dans Articles de Presse

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