Livraisons de chars à l’Ukraine : quels pays se sont déjà engagés ?

Publié le par L'Obs

L’Ukraine réclamait ces chars lourds qui pourraient constituer un réel avantage sur le terrain depuis longtemps. Après des tergiversations, l’Allemagne a donné son feu vert aux livraisons des chars Leopard 2 de fabrication allemande y compris par d’autres pays, tandis que les Etats-Unis ont annoncé l’envoi de 31 chars Abrams.

L’Ukraine réclamait ces livraisons de longue date. (PATRIK STOLLARZ / AFP)

L’Ukraine réclamait ces livraisons de longue date. (PATRIK STOLLARZ / AFP)

L’Ukraine a dû attendre, mais elle recevra bien plusieurs livraisons de chars lourds de la part des Occidentaux après les annonces ce mercredi 25 janvier de l’Allemagne et des Etats-Unis notamment. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué « une étape importante pour la victoire finale ». « L’Obs » fait le point.

• L’Allemagne donne son accord

L’envoi de ces chars lourds cristallisait les tensions depuis plusieurs jours en Europe. Si la Russie assure que l’envoi de tels engins ne changerait rien à la situation sur le terrain, de nombreux experts estimaient que des chars lourds modernes représenteraient un avantage de taille pour l’Ukraine.

Plusieurs pays, dont la Pologne et la Finlande, avaient proposé des chars Leopard 2 à leur disposition. Or, les Leopard 2 sont de fabrication allemande, et tout armement de cette provenance doit recevoir le feu vert de Berlin pour être transféré à un pays tiers.

L’Allemagne et son chancelier Olaf Schulz avaient toutefois affiché leur réticence, notamment en raison d’une crainte d’une escalade de la Russiesur fond de divisions au sein de la coalition social-démocrate.

Le nœud s’est finalement décoincé ce mercredi, lorsque l’Allemagne a donné son feu vert à la livraison des chars Leopard 2 par d’autres pays. Elle a dans le même temps l’envoi pour sa part 14 chars Leopard 2A6, provenant des stocks de la Bundeswehr. Le résultat « d’intenses consultations qui ont eu lieu avec les partenaires européens et internationaux les plus proches de l’Allemagne », a fait savoir le porte-parole du gouvernement.

• Des promesses de plusieurs pays européens

Avec ce feu vert, plusieurs pays vont pouvoir livrer les chars Leopard 2 qu’ils avaient déjà proposés. Parmi eux, la Pologne, dont le Premier ministre Mateusz Morawiecki a salué la décision de l’Allemagne, « un grand pas vers l’arrêt de la Russie ». Varsovie a précédemment annoncé être prêt à en fournir 14.

En plus de la Finlande qui s’était déjà prononcée, la coalition de pays prêts à fournir de tels blindés comprend aussi le Danemark et les Pays-Bas, selon plusieurs médias. Et l’Espagne a confirmé mercredi être « disposée » elle aussi à faire partie de ce groupe.

Ce mercredi soir, la Norvège a aussi fait savoir son intention d’envoyer des chars lourds Leopard 2 en service dans son armée, sans donner le nombre de tanks concernés. De l’entraînement de troupes ukrainiennes est également prévu, selon un ministre.

• Les Etats-Unis envoient des chars Abrams

L’annonce de l’Allemagne mercredi a été suivie dans la soirée par celle de Washington, qui a confirmé l’envoi de 31 chars Abrams à l’Ukraine. Les chars américains ne devraient toutefois pas être livrés tout de suite : « Nous parlons de mois, pas de semaines », selon une haute responsable américaine. Il restait notamment à éclaircir la question de savoir s’il s’agissait d’une commande de nouveaux chars, de l’envoi de chars rénovés ou provenant de pays tiers.

Ce mercredi, de hauts responsables américains ont indiqué sous couvert de l’anonymat que les Etats-Unis allaient former, « en dehors de l’Ukraine », les Ukrainiens au maniement du char.

• 14 chars du Royaume-Uni

Ces types de blindés ne sont toutefois pas les premiers promis à l’Ukraine. Le Royaume-Uni est devenu le premier pays à s’engager dans ces livraisons le 15 janvier dernier, avec l’annonce de l’envoi « dans les prochaines semaines » de quatorze Challenger 2.

• Des chars Leclerc de la part de la France ?

Et du côté de la France ? Le gouvernement français n’a de son côté pas encore pris de décision au sujet de l’envoi de ses propres chars lourds Leclerc, mais ne l’exclut pas, comme l’a répété ce mercredi la Première ministre Élisabeth Borne. « Rien n’est exclu et nous sommes mobilisés pour les soutenir dans la durée », a-t-elle affirmé. « S’agissant des chars Leclerc, nous poursuivons l’analyse avec le ministre des Armées. »

Plus tôt en janvier, Emmanuel Macron avait toutefois annoncé que la France livrerait à l’Ukraine « des chars de combat légers AMX-10 RC » de fabrication française, alors les premiers chars de conception occidentale fournis aux forces armées ukrainiennes.

• Kiev se félicite, Moscou fulmine

Les annonces de livraisons de chars lourds occidentaux à Kiev sont « une étape importante pour la victoire finale », a salué mercredi le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui réclamait de tels engins depuis plusieurs mois.

« Merci à Joe Biden pour une nouvelle décision puissante de fournir des [chars] Abrams à l’Ukraine. Reconnaissant envers les Américains pour leur soutien », a-t-il affirmé sur Twitter. « Aujourd’hui, le monde libre est uni comme jamais auparavant avec un objectif commun : la libération de l’Ukraine », a-t-il ajouté.

Dans la foulée, il a réclamé à ses alliés occidentaux mercredi des missiles de longue portée, ainsi que des avions de combat.

Après l’annonce de l’Allemagne - mais avant celle des Etats-Unis, Moscou a de son côté dénoncé une décision « extrêmement dangereuse qui va amener le conflit vers un nouveau niveau de confrontation », selon l’ambassadeur de Russie à Berlin Sergueï Netchaev. « Cela nous persuade une fois encore que l’Allemagne, à l’instar de ses alliés les plus proches, ne veut pas d’une solution diplomatique à la crise ukrainienne et qu’elle veut une escalade permanente », a-t-il encore dit.

Les Occidentaux « surestiment le potentiel que [les chars] pourraient donner à l’armée ukrainienne », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. « Ces chars vont brûler comme tous les autres », a-t-il ajouté.

Publié dans Articles de Presse

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