Mort de Jacques Sereys, grande figure de la Comédie-Française

Publié le par L'Obs avec AFP

Comédien au parcours atypique, Jacques Sereys a joué de nombreux personnages du répertoire classique sur scène et est apparu au cinéma dans de nombreux seconds rôles.

Jacques Sereys sur scène en 2014 dans le spectacle Si Guitry m’était conté" (DELALANDE RAYMOND/SIPA / SIPA)

Jacques Sereys sur scène en 2014 dans le spectacle Si Guitry m’était conté" (DELALANDE RAYMOND/SIPA / SIPA)

Le comédien Jacques Sereys, sociétaire honoraire de la Comédie-Française qui a joué une cinquantaine de rôles sur scène et aussi dans de nombreux films, est décédé à l’âge de 94 ans, selon l’Elysée.

Né le 2 juin 1928 à Saint-Maurice (Val-de-Marne), élevé à Marseille par sa mère, brodeuse – il n’a jamais connu son père –, il a commencé comme garçon de bureau au Crédit Lyonnais avant de débarquer à Paris en 1947, poussé par son désir de devenir acteur.

« A 19 ans, il a lu ses classiques, perdu son accent et passe le Conservatoire. Dès lors, il travaille, lit, apprend », écrit sur son site la Comédie-Française qu’il intègre en 1955.

« Avec un goût prononcé pour l’intermittence », note la Maison de Molière puisqu’il quitte la vénérable institution en 1965 pour la rejoindre finalement en 1978 et ce jusqu’en 1997. Il joue un répertoire varié (Marivaux, Genet, Corneille, Goldoni ou encore Feydeau) et fait entrer Giraudoux à la Comédie-Française. Ses camarades sont Jacques Charon, Robert Hirsch, Jean Piat ou encore Françoise Seigner.

« Il était une figure estimée du théâtre français et un visage familier de notre cinéma populaire », a souligné la présidence dans un communiqué dimanche soir, Emmanuel et Brigitte Macron saluant « un homme qui avait voué sa vie au théâtre ».

« Jacques Sereys servait des textes qui, par leur mélancolie ou leur panache, leur verve ou leur subtilité, disaient tout d’un certain esprit français », note de son côté l’Elysée.

Il a remporté en 2006 le Molière du meilleur comédien pour son seul-en-scène « Du côté de chez Proust », ainsi que le prix du Brigadier d’honneur en 2015 pour l’ensemble de sa carrière.

Il a fait des incursions au cinéma, avec notamment son rôle de chef des services secrets face à Yves Montand dans « I… comme Icare » d’Henri Verneuil (1979) et des rôles dans « le Feu follet » et « le Souffle au cœur » de Louis Malle. La deuxième partie de sa carrière cinématographique est marquée par de nombreux seconds rôles dans des films variés comme « l’Opération Corned-beef » de Jean-Marie Poiré, « le Hussard sur le toit » de Jean-Paul Rappeneau ou « Chouchou » avec Gad Elmaleh.

Il avait épousé Philippine de Rothschild, également comédienne au Français qui jouait sous le nom de Philippine Pascale, et avec qui il eut deux enfants, Philippe et Camille.

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