Réforme des retraites. « On reste opposé à la réforme avec une mesure d’âge », dit Laurent Berger

Publié le par Ouest-France

Le leader de la CFDT Laurent Berger évacue samedi toute possibilité de « deal » entre l’exécutif et son syndicat si le gouvernement maintient le très probable report de l’âge légal de la retraite à l’occasion de sa future réforme.

Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, à Matignon, le 3 janvier 2023. Photo d’illustration. | TERESA SUAREZ / EPA/MAXPPP

Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, à Matignon, le 3 janvier 2023. Photo d’illustration. | TERESA SUAREZ / EPA/MAXPPP

À quelques jours de la présentation de la réforme des retraites, Laurent Berger s’est dit à nouveau opposé au report de l’âge légal de départ.

« Le report de l’âge légal de départ à la retraite, que ce soit 64 ou 65 ans, va toucher ces travailleurs que l’on avait qualifiés pendant le Covid de deuxième ligne, soit les travailleurs du maintien à domicile, de l’agroalimentaire, du bâtiment, de la livraison, du commerce… », a expliqué le secrétaire général de la CFDT dans un entretien au Parisien .

« Il faut que ce soit clair, même avec des mesures positives sur les carrières longues ou la pénibilité, on reste opposé à la réforme avec une mesure d’âge. Il n’y aura pas de deal avec la CFDT », affirme le secrétaire général de la CFDT, premier syndicat français.

« Tous ceux qui bénéficient aujourd’hui du dispositif carrières longues vont être amenés à travailler deux ans de plus si c’est 64 ans, trois ans de plus si c’est 65 ans. C’est ça qu’il faut comprendre ! », a-t-il déclaré.

« Beaucoup de tension sociale »

« À deux jours de la présentation de la réforme, je redis à Élisabeth Borne : « Attention, Madame la Première ministre, il y a aujourd’hui beaucoup de tension sociale, beaucoup de difficultés sociales, d’angoisses, de conflictualité, beaucoup de ressentis négatifs dans la population », a mis en garde Laurent Berger.

M. Berger s’inscrit par ailleurs en faux contre l’argument de l’exécutif assurant que la réforme des retraites tirerait sa légitimité de la réélection d’Emmanuel Macron en 2022 dont elle figurait dans le programme.

« Les Français n’ont pas donné de quitus sur les retraites au moment de l’élection présidentielle, il faut arrêter de raconter des histoires […] Si l’on s’est autant démenés entre les deux tours de la présidentielle, c’est pour éviter l’élection de Marine Le Pen, ce n’est, évidemment, pas parce qu’on voulait les 65 ans », a déclaré M. Berger.

Celui-ci demande en outre aux mouvements politiques de laisser les syndicats mener le mouvement social qui se profile alors que les partis de gauche réunis sous la bannière de la Nupes prévoient un meeting commun dès le 17 janvier à Paris.

« Je crois que les partis de gauche seraient inspirés de nous laisser gérer la mobilisation sociale. C’est aux organisations syndicales de donner le la et le coup d’envoi de la mobilisation », a demandé M. Berger.

Publié dans Articles de Presse

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