10 choses à savoir sur Bourvil

Publié le par L'Express

"Ca va, ils sont contents", déclarait Bourvil à l'issue de chacun de ses spectacles, attentif aux vivats. En s'inspirant de la biographie illustrée Bourvil, ça va ils sont contents (Flammarion) de Pascal et Annie Delmotte, et à l'occasion des quarante ans de sa mort, retour sur l'homme qui a toujours su rester proche de son public.

Bourvil, à 15 ans, avec un ami - Collection Association André Bourvil

Bourvil, à 15 ans, avec un ami - Collection Association André Bourvil

1. Il a emprunté son nom au village Bourville.

"Je suis né à un âge si modeste, prévient Bourvil, que ça ne vaut peut-être pas la peine de le préciser. Je suis né dans une ferme, en face d'une meule de foin. Il m'en est toujours resté quelque chose." Bourvil est né André Robert Raimbourg le 28 juillet 1917 à Prétot-Vicquemare, en Seine-Maritime, d'un père et d'une mère cultivateurs. En 1918, son père décède de la grippe espagnole. Sa mère enceinte, ayant quelque peine à gérer ses deux filles, son fils, sa grossesse et l'exploitation retourne dans le village de son enfance, Bourville, en 1921. Ce sera le nom de ce village auquel il reste très attaché que Bourvil adoptera comme nom de scène.

2. Il a été boulanger.

Joyeux luron à l'école, le petit Bourvil n'en est pas moins excellent élève : il obtient son certificat d'études avec la note de 48,5/50 et les félicitations du jury. Il entre au collège et se passionne d'emblée pour la musique, apprenant même à jouer du cornet à pistons. Mais la vie d'internat lui pèse. Il décide alors de rentrer à la ferme familiale, à Bourville. Rencontrant Jeanne Lefrique, qui deviendra sa femme, il décide de trouver un métier et devient boulanger. Mais le travail est pénible.

3. Il a débuté en interprétant Fernandel.

Après avoir effectué son service militaire en tant que musicien, passant quelques permissions à Paris à jouer du piston avec son groupe Max Louisart et ses Boys et décrochant quelques "crochets" en interprétant Fernandel, il décide de "faire l'artiste" dans la capitale. En 1941, il est admis en tant qu'auditeur au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, section trompette. Les fins de mois sont difficiles, les petits boulots pour subsister s'enchaînent. Enfin, en 1942, Carrère, un prestigieux cabaret sur les Champs-Elysées, l'engage. Bourvil est très vite remarqué par la presse qui loue ses talents de comique, et notamment sa performance dans Ca sent si bon la revue avec Georges Guétary. Sa carrière est désormais lancée. 

Bourvil, soldat à Rouen - Collection Association André Bourvil

Bourvil, soldat à Rouen - Collection Association André Bourvil

4. Il a appris l'anglais en autodidacte.

Il aime le cinéma, par-dessus tout les films de Fernandel, et lit les romans de Marcel Aymé. Par la suite, il apprend l'anglais en autodidacte. Il traduit ses chansons et ses monologues et chante même son répertoire dans la langue de Shakespeare, à l'occasion d'une représentation dans le cabaret new-yorkais Le Versailles. C'est Edith Piaf qui lui souffle l'idée ; idée lumineuse car le public est conquis. 

5. Il a tout fait au cinéma.

Peintre en bâtiment simplet dans La Grande Vadrouille, chef besogneux dans La Cuisine au beurre, idiot dupé dans Le Corniaud, mécano menteur dans Poisson d'avril, ami de Cadet dans Cadet Rousselle, hussard avec trompette mais sans cheval dans Les Hussards, Bourvil a tourné dans pas moins de 62 films. 

Bourvil sur le tournage des Hussards (1957) avec Elfriede Florin et sa femme, Jeanne Lefrique. - Collection Association André Bourvil

Bourvil sur le tournage des Hussards (1957) avec Elfriede Florin et sa femme, Jeanne Lefrique. - Collection Association André Bourvil

6. Il a tourné avec les plus grands.

Il rencontre Jean Gabin dans La Traversée de Paris, tourne énormément avec Louis de Funès et joue avec Jean Marais, Brigitte Bardot, Georges Wilson, Pierre Brasseur, Michael Lonsdale, Lino Ventura, Jean-Paul Belmondo, Alain Delon, Michel Galabru, Francis Blanche, Michèle MorganFernandel bien sûr... La liste semble infinie. 

7. Il est aussi un acteur dramatique.

Pendant longtemps, il incarne des rôles de naïfs, de gentils voire de simples. Pourtant, il a également été Thénardier dans l'adaptation des Misérables de Jean-Paul Le Chanois. Ou encore le mari de Michèle Morgan dans le film dramatique Le miroir à deux faces, rôle difficile - durant une des scènes, il doit violenter Michèle Morgan - qui le révèlera en tant qu'acteur dramatique. 

8. Il est aussi chanteur.

L'acteur Bourvil n'a pas oublié ses premières amours, la musique et la chanson. Les airs de Bourvil sont devenus de grands classiques parmi lesquels on compte les indémodables La Tactique du gendarme, Le petit bal perdu, Salade de fruits, Les Crayons, A bicyclette, C'est l'piston ou encore La Tendresse. 

9. Il est un mentor pour Dany Boon et François Morel.

"C'est un rire profond, subtil, intense et enfantin", lui rend hommage le comique Dany Boon dans la préface du livre de Pascal et Annie Delmotte. L'humoriste François Morel lui doit beaucoup, même Les Nuls - dont le film La Cité de la Peur est un hommage à La Cité de l'indicible peur ou La Grande frousse dans lequel a joué Bourvil - s'en sont inspirés.

10. Il est parti il ya 40 ans.

Le matin du 23 septembre 1970, à 53 ans, Bourvil décède à Paris d'un myélome, forme de cancer rare, après plusieurs mois de souffrances. Trois semaines après sa disparition, son nom est encore visible sur les Champs-Elysées car on y joue Le Mur de l'Atlantique et Le Cercle rouge. 

Publié dans Articles de Presse

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