30 ans après la victoire socialiste, la "Tontonmania" déferle sur la France

Publié le par Thibault Lieurade

30 ans après la victoire socialiste, la "Tontonmania" déferle sur la France

Mardi, la France commémore avec force et fracas le 30e anniversaire de l’élection à l’Élysée de François Mitterrand, seul candidat socialiste à avoir accédé à la magistrature suprême sous la Ve République.

30 ans après la victoire socialiste, la "Tontonmania" déferle sur la France

Impossible d’y échapper : à l’occasion du 30e anniversaire, ce mardi, de l’élection de François Mitterrand à l’Élysée, nombre de radios et de chaînes de télévision ont programmé des émissions spéciales pour traiter de l’évènement sous tous les angles. Documentaires sur la journée historique du 10 mai 1981, débats sur l’héritage de celui que l’on surnommait "Tonton"... ainsi qu’un numéro spécial de l’émission animalière "30 millions d’amis" sur les chiens de l’ancien président. Tout y est.

Dans les kiosques, les unes des magazines sur François Mitterrand se sont multipliées ces dernières semaines. "Les gens semblent prendre plaisir à se remémorer ce jour, et à nous confier leurs souvenirs", souligne Pascale Kremer, journaliste au "Monde magazine", supplément hebdomadaire du quotidien "Le Monde". "Nous avons reçu plus de 500 contributions en réponse à notre appel à témoins pour notre numéro publié le 7 mai, ce qui est assez inhabituel", note-t-elle.

En librairie, les têtes de gondoles regorgent de livres-souvenirs. Et non sans succès. Publié au début de l'année, "Coups et blessures : 50 ans de secrets partagés avec François Mitterrand" (éditions du Cherche Midi), le livre de Roland Dumas, compagnon de route de l’ex-président, a été notamment classé fin avril  au troisième rang des meilleures ventes d'essais, selon le classement Ipsos/Livres Hebdo.

Deux cents fêtes dans toute la France

Le Web n’est pas en reste. La radio France Inter a pris une initiative originale en proposant aux internautes de revivre les évènements en direct, exactement comme s'ils s’étaient déroulés il y a 30 ans, via un fil Twitter créé spécialement pour l'occasion.

Outre cette déferlante médiatique, de nombreux évènements se tiendront en hommage à François Mitterrand à travers la France, où environ deux cents fêtes sont prévues mardi. À Paris, un grand concert aura lieu place de la Bastille, en écho à celui organisé en 1981 pour célébrer la victoire historique de la gauche. Le siège du Parti socialiste, formation politique de l’ancien président, ouvrira également ses portes au public à l’occasion de cet anniversaire.

Course à l’héritage au Parti socialiste

Plus de 16 ans après sa mort, François Mitterrand reste omniprésent chez les socialistes. À un an de l’élection présidentielle, alors que s’amorce la campagne des primaires au sein du parti, plusieurs ténors de la gauche se réclament ouvertement de l’ancien président. L’ex-premier secrétaire du PS, François Hollande, avait choisi Clichy-la-Garenne, où François Mitterrand prononça un discours quelques jours avant sa victoire en 1981, pour son premier meeting de campagne le 27 avril dernier. Mardi, il se rendra à Château-Chinon, ville dont François Mitterrand a été maire, pour y prononcer un discours.

Sa rivale Ségolène Royal a présenté dimanche, devant ses partisans, son nouveau slogan, "La force citoyenne", qui n’est pas sans rappeler la "force tranquille" de Mitterrand. Lors de ce rassemblement, l’homme d’affaires Pierre Bergé, mécène et soutien de la candidate malheureuse de 2007, a reçu un tonnerre d’applaudissements en déclarant : "Je crois pouvoir dire que le vrai successeur de François Mitterrand s’appelle Ségolène Royal".

Cette course à l'héritage politique peut s’interpréter comme une recherche d’unité au sein de la gauche. "À l'approche des primaires socialistes, convoquer Mitterrand illustre le fait que la gauche a besoin d'unité pour gagner l'élection en 2012", note Jean Yves Camus, politologue à l'Institut de Relations Internationales et stratégiques (IRIS). "Sa candidature en 1981 faisait consensus au sein de son parti et le processus de désignation s'était déroulé en douceur", rappelle-t-il. Une sérénité qui ne peut être que bienvenue à l'heure où les couteaux s'affûtent en prévision des primaires.

Publié dans Articles de Presse

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