30 ans de prison pour Douch le chef de la prison Khmer rouge

Publié le par Roger Cousin

JournalFrance Info Publié le 26/07/2010

C’est le premier verdict rendu par le tribunal spécialement mis sur pied pour juger les anciens dignitaires Khmers rouges - d’autres procès doivent suivre, dont ceux de l’ex-président et de l’ex-ministre des Affaires étrangères.

DouchDouch, chef de la prison S-21 à Phnom Penh, a été condamné à 35 ans de prison pour crimes contre l’humanité. Avant que le tribunal ne réduise sa peine de cinq ans. C’est une condamnation toute symbolique : 30 ans de prison pour Douch, un homme qui a déjà 67 ans. L’ancien chef de la prison Khmer rouge de Phnom-Penh finira sans doute ses jours en prison. Plus précisément, Douch a d’abord été condamné à 35 ans de prison, avant que le tribunal ne réduise sa peine de cinq ans - la période pendant laquelle il a été détenu illégalement, avant que le tribunal ne soit mis sur pied. Initialement, 40 ans avaient été requis.

“La Cour a décidé à la majorité de prononcer une peine de 35 ans de prison” , a déclaré l’un des juges, Nil Nonn, en rendant le jugement. Mais “elle a considéré qu’une réduction de cinq ans était appropriée au vu des violations des droits de Kaing Guek Eav lors de sa détention par un tribunal militaire cambodgien entre le 10 mai 1999 et le 13 juillet 2007”, avant la mise en place du tribunal international.

Kaing Guek Eav, dit Douch, a été condamné pour crimes contre l’humanité. Il était le chef de la prison de la capitale cambodgienne, Tuol Sleng, appelée également S-21. Une prison où plus de 15.000 personnes ont trouvé la mort, après interrogatoires et tortures. C’est là, d’ailleurs, que plusieurs centaines de personnes avaient décidé de se rassembler aujourd’hui pour suivre le jugement, diffusé en direct par la télévision.

Cette condamnation reste comme la première jamais prononcée du régime Khmer rouge. Et la seule, pour l’heure. Car Douch est le seul à avoir été jugé. D’autres hauts dignitaires Khmer rouge attendent que leur procès commence - et non des moindres : l’ancien président du régime Khieu Samphan, "Frère numéro 2" Nuon Chea (le numéro un était Pol Pot), l’ancien ministre des Affaires étrangères Ieng Sary et son épouse, Ieng Thirith.

Le procès de Nuon Chea devrait normalement s’ouvrir l’an prochain. Mais les tractations sont toujours en cours avec l’actuel gouvernement cambodgien, qui n’a jamais vraiment appuyé le tribunal spécial - Hun Sen, le Premier ministre, est lui-même un ancien Khmer rouge...


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