Attentat de la rue Copernic

Publié le par France Soir

JournalFrance Soir publié le 06/04/2012 à 22h08

Attentat de la rue Copernic : Le suspect bientôt extradé du Canada ?

Hassan DiabC'est une nouvelle attendue depuis longtemps : l'ordre d'extradition d'Hassan Diab, suspect numéro 1 dans l'attenta de 1980, a été signé par le Canada. Il pourrait donc bientôt comparaître devant la justice française. A moins qu'il fasse appel de cette décision.

Le Canada a franchi un pas très attendu par la France dans l'affaire de l'attentat de la rue Copernic à Paris. L'ordre d'extradition visant le suspect canado-libanais Hassan Diab, qui dispose encore d'un mois pour faire appel, a été signé mercredi par le ministre canadien de la Justice Rob Nicholson.

Hassan Diab, un sociologue à l'université d'Ottawa, risque en France la prison à perpétuité. Il est soupçonné d'être impliqué dans l'attentat perpétré près d'une synagogue de la rue Copernic le 3 octobre 1980 et qui avait fait quatre morts et une quarantaine de blessés. Il se dit innocent.

Le gouvernement canadien, souvent très expéditif dans les affaires d'attentats, a pris son temps pour exécuter la décision autorisant l'extradition de M. Diab, adoptée le 6 juin 2011 par un tribunal canadien et dont le suspect avait déjà fait appel.

« Un certain degré de suspicion »

En juin 2011, tout en autorisant l'extradition de Hassan Diab, le tribunal avait averti que le dossier présenté par la France était « faible ». Le juge Robert Maranger, de la Cour supérieure de l'Ontario, avait estimé dans sa décision que la plupart des éléments présentés « ne seraient pas suffisants, pris dans leur ensemble ou individuellement, pour justifier un procès contre M. Diab en France ». M. Maranger faisait notamment référence à son appartenance supposée à l'époque à une organisation radicale, le Front Populaire de libération de la Palestine - Opérations Spéciales (FPLP - OS), et aux descriptions du suspect de l'attentat faites par des témoins. « Au mieux, ils créent un certain degré de suspicion concernant son implication dans l'attentat terroriste », avait-il écrit.

Une moto piégée achetée sous une fausse identité

Mais une expertise graphologique fournie par la France, comparant l'écriture de M. Diab avec celle d'une fiche d'hôtel remplie par l'auteur supposé de l'attentat, pourrait lier le Canado-Libanais à l'attentat, avait conclu M. Maranger. Il y a 31 ans, le 3 octobre 1980, une bombe constituée d'une dizaine de kilos de pentrite et fixée sur une moto avait explosé près de la synagogue de la rue Copernic. Selon les enquêteurs français, M. Diab a utilisé une fausse identité pour acheter la motocyclette ayant servi à l'attentat et aurait confectionné la bombe, avant de la placer dans la sacoche de la moto le jour des faits. Cette moto avait été achetée quelques jours plus tôt par un certain Alexandre Panadriyu, de nationalité chypriote.

Bracelet électronique

L'universitaire avait été arrêté dans la banlieue d'Ottawa en novembre 2008 à la demande de la justice française. Il avait été remis en liberté fin mars 2009, sous de très strictes conditions, dont celle de porter un bracelet électronique. Né au Liban de parents palestiniens, ayant fait une partie de ses études aux Etats-Unis, M. Diab était arrivé au Canada en 1987, tout en gardant son passeport libanais. La France l'accuse « d'assassinats, de tentatives d'assassinats et de destruction de biens (...) par l'effet d'une substance explosive ou incendiaire commise en bande organisée », selon le dossier que Paris avait présenté aux autorités canadiennes.


Publié dans Articles de Presse

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