Auguste-Jean Delzanno, figure de la Résistance, a tiré sa révérence

Publié le par Le Progrès

Saint-Etienne. À la tête d’un réseau, il avait facilité l’évasion de prisonniers lors de la Seconde Guerre mondiale. Un des derniers grands résistants français vient de s’éteindre.

Auguste-Jean-Delzanno avait 95 ans

Auguste-Jean-Delzanno avait 95 ans

Fait prisonnier en mai 1940, à Creutzwald (Moselle), le Stéphanois Auguste-Jean Delzanno se retrouve au stalag XI B à Fallingbostel, entre Hambourg et Hanovre, où il rencontre Michel Cailliau, neveu du Général de Gaulle.

Grâce à de faux papiers, Auguste-Jean Delzanno parvient à se faire libérer en août 1941, à titre sanitaire.

Dès son retour en terre stéphanoise, il crée, en compagnie d’un autre prisonnier évadé, Maurice Allard, un réseau d’évasion et d’aide aux prisonniers de guerre de premier ordre, qui fonctionne dès 1941 jusqu’à la libération du département de la Loire.

Selon Michel Cailliau, le réseau aurait été « le plus important service de faux papiers pour évasion de prisonniers de guerre qui ait existé en France ».

En captivité, Delzanno avait déjà fondé le MRPGD (Mouvement de Résistance des Prisonniers de Guerre et Déportés) au Stalag XI B avec Charles Bonnet, et André Ullmann..

En 1943, Auguste-Jean Delzanno et ses camarades du MRPDG rejoignent « le réseau Charrette », créé le 29 juillet dans les bureaux de Londres à l’initiative de Michel Cailliau. Delzanno animera la branche stéphanoise de cette organisation clandestine.

Ces patriotes se firent un devoir, soit d’améliorer le quotidien de leurs camarades prisonniers et de faciliter leurs relations épistolaires avec leurs familles, soit les aider dans leurs entreprises d’évasion.

Ayant pris la direction de l’entreprise paternelle, Auguste-Jean Delzanno se met en devoir de préparer le retour de ses amis (il hébergera à son domicile de nombreux clandestins du réseau, dont Michel Cailliau, Charles Bonnet…) Il réalise lui-même par le biais de son entreprise et avec le concours de connaissances stéphanoises (les structures des établissements stéphanois du « Casino », Maison Guichard), les instruments nécessaires à l’évasion de ses camarades de camp. Entrepreneur en zinguerie, c’est par ses ouvriers que naissent les premières boites de conserves à double fond, puis à double paroi de fabrication artisanale.

Auguste-Jean Delzanno vient de s’éteindre, à l’âge de 95 ans. Il était l’un des derniers grand résistants français. Ses funérailles auront lieu le vendredi 28 octobre 2011 à 10 h 45 en l’église de Montaud, place Marie-Thérèse Patural.

Sources : le Réseau stéphanois d’évasion et d’aide aux prisonniers de guerre – Colonel Gentgen.

- Famille Delzanno.

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