Avignon : elle veut percer le mystère du résistant Dulcy

Publié le par Roger Cousin

La Provencepublié le 18/03/2012 à 15H04

Nul ne sait ce qui est arrivé à cet Avignonnais entre 1943 et son exécution en 1944. Sa nièce mène l'enquête.

Marie Gontier-CottrelleLéon Dulcy. Pour la plupart des Avignonnais, ce nom évoque un stade situé sur l'avenue de la Croix-Rouge. Les anciens, eux, se rappellent peut-être que Léon Dulcy fut médecin, gastro-entérologue plus précisément et qu'il fut même adjoint aux sports en 1937 sous le mandat de Louis Gros. Un homme au destin héroïque brisé en pleine jeunesse à l'âge de 33 ans. Engagé dans la Résistance en 1942, il fut fusillé à Signes en juillet 1944.

Marie Gontier-Cottrelle, sa nièce, s'est replongée dans l'histoire familiale, un peu par hasard. Elle voulait en savoir plus sur cet oncle dont on ne pouvait pas parler en famille.

"Le sujet était tabou. Il y avait une chape de plomb dans la famille sur ce sujet. Je ne comprends pas qu'on n'ait pas au moins parlé de ce héros aux enfants de la famille"

, s'interroge Marie Gontier-Cottrelle qui se souvient des larmes de sa grand-mère dès que le prénom de Léon était prononcé. Aujourd'hui, pour Marie, il est essentiel de retracer le parcours de cet oncle. "Cette histoire m'est revenue brusquement quand mon fils a eu 33 ans. L'âge auquel est décédé mon oncle. C'était en juillet il y a deux ans. J'étais dans ma maison de Bandol et je savais que Léon Dulcy avait été fusillé le 18 juillet 1944 à Signes. J'ai décidé au pied levé de me rendre à Signes".

Un déclic lors de l'hommage aux fusillés de Signes

Là, Marie assiste médusée à la commémoration en hommage aux fusillés de Signes. "C'était extraordinaire." Saisie par l'émotion, elle décide de retracer le parcours de son oncle. "Il avait son cabinet rue de la Ré puis s'était installé place Crillon. En 1942, il rentre dans la Résistance sans doute entraîné par le Docteur Malarte, dentiste à Avignon, qui dirigeait une section de la branche anglaise de la Résistance, la SOE", relate sa nièce qui aimerait en savoir davantage sur l'entrée en Résistance de Léon Dulcy. "Peut-être que des gens pourraient m'apporter des éléments de réponse", espère-t-elle.

"Je sais qu'en 1942, il était recherché par la Gestapo. En 1942, il est parti se planquer chez sa soeur et son beau-frère, les Gontier et les Billy. Puis il a abandonné son cabinet de la place Crillon définitivement fin 1943. En 1943 ou début 1944, il est parti se cacher dans un mas à Eygalières, peut être le même où Jean Moulin a séjourné. Puis il est allé à Oraison et jusqu'à ce qu'il soit torturé à Marseille au 425 rue Paradis puis fusillé à Signes. Je ne sais rien de ce qui lui est arrivé. Est-il revenu sur Avignon ?", s'interroge Marie qui est preneuse de toute information concernant son oncle durant la période 1943-1944.

Les personnes qui pourraient fournir des informations peuvent contacter Marie Gontier-Cottrelle au 04 90 92 00 48 ou par mail m.gontier@orange.fr

Un médecin qui avait pris le maquis

Léon Dulcy est né le 3 novembre 1911. Son père Aimé Dulcy était pharmacien à Avignon. Léon a un frère et une soeur. Il fait ses études de médecine à Montpellier et choisit la spécialité gastro-entérologue. Il était le neveu du chirurgien Fortunet Bec et de Ferdinand Bec, maire d'Avignon. Passionné de vol à voile, il est à l'origine de la création de l'aérodrome de Pujaut en 1930-1931. Le 26 août 1938, il bat le record de France en biplace avec une durée de 2 h 50.

En 1942, il rentre dans la Résistance grâce au Docteur Malarte. Repéré par la Gestapo, il fuit Avignon et part se cacher à Tarascon puis à Eygalières et à Oraison. Il est fusillé le 18 juillet 1944 à Signes dans le Var. Il reçut à titre posthume la décoration anglaise de la Croix "Victoria Cross", la plus haute distinction pour acte accompli pendant la guerre.


Publié dans Articles de Presse

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