Bagnols: 61 ans, ancien combattant, porte-drapeau et sans le sou

Publié le par Midi Libre - Jean Frederic Gallo

Midi Librepublié le 26/08/2013 à 14h35 par Jean Frederic Gallo

Après 40 ans de travail, il attend sa retraite. Mais visiblement, le dossier traîne dans les services depuis 5 mois.



Alain Prévot

Alain Prevot préfère garder le sourire : "J’en ai vu d’autres !»

 

Il est un de ces hommes qui traverse les embûches avec dignité, sans une larme mais plutôt avec un sourire en coin dès qu’il s’agit de parler de la vie. Un de ces costauds qui, vers l’âge de 17 ans, se lance dans l’armée, histoire de servir son pays tout en pouvant en parcourir quelques autres.

Un ancien légionnaire reconverti en chauffeur routier

Un légionnaire donc, à présent âgé de 61 ans qui a préféré quitter les képis blancs après une dernière campagne dans le Golfe en 1991, pour s’installer à Bagnols et devenir chauffeur routier. Alain Prévot ne regrette rien. Après l’uniforme, il n’a pas hésité enfilé le bleu de chauffe et rouler entre Orange et Barcelone pendant plus de 15 ans. Jusqu’à ce qu’un accident cardio-vasculaire, alors qu’il roulait, vienne lui briser une première fois sa vie.

A cette époque, il est considéré comme invalide. Proche de la retraite, sa pension de l’armée et l’argent versé par la sécurité sociale suffisent à payer son loyer, ses impôts et son quotidien. Il faut dire que, comme beaucoup de sexagénaires, il a plutôt trimé pour en arriver là.

Son loyer impayé depuis 3 mois

Pourtant, en cette fin de mois d’août, exactement d’ici deux jours, il n’aura tout simplement plus rien à manger. Il ne lui restera plus qu’à ronger son frein, avant sa présentation devant les juges, où il tentera simplement d’expliquer pourquoi il n’a pas pu payer son loyer depuis 3 mois.

Un dossier administratif qui traîne

"Ce sera une bataille de plus mais elle sera pour le principe, sourit, contre vent et marée, le jeune retraité. Je ne devrais pas être expulsé vu que je devais toucher ma retraite. mais pour l’instant, je n’ai pas perçu le moindre centime." La raison de cette banqueroute ? Un dossier administratif qui traîne ! Un de ces revirements auquel l’ancien légionnaire, qui porte encore le drapeau lors des commémorations dans la ville de Bagnols, ne s’attendait pas. "L’affaire devrait se régler un de ces jours, soupire-t-il. Le problème, c’est que je suis au café depuis 2 jours pour me nourrir, que je ne peux plus me raser et que mon rendez-vous au CCAS, qui devait avoir lieu mardi matin, a été reporté en septembre. Ma conseillère étant malade en sortant de ses vacances...» Concrètement, depuis le mois de mai, il attend que l’on lui verse enfin sa retraite.

Un kit alimentaire de survie

En attendant, le retraité est venu demander un” colis” à la mairie. Un de ces kits alimentaires pour survivre 2 jours, c’est déjà ça. "Je comptais bien passer avec ma femme au secours populaire, explique Alain Prévot. Mais, comble de la malchance, ils n’ont pas été approvisionnés !"

La situation de l’homme est certes catastrophique, mais elle semble pourtant, si simple. En décembre 2012, il reçoit une lettre de la sécurité sociale lui précisant qu’à partir du mois de mai 2013, c’est la retraite qu’il touchera. Et non la pension d’invalidité.

Une retraite qui se fait toujours attendre

Un changement de situation dû à son âge, qui sera effective dès qu’il aura envoyé son dossier. Aussitôt reçu, aussitôt envoyé. Alain Prevot envoie toutes les pièces nécessaiere le jour même. L’affaire est bien ficelée. Si bien que les services de la sécurité sociale lui renvoient un second courrrier en avril, pour lui confirmer le changement. Jusqu’au mois de mai... où rien ne tombe. la complémentaire retraite, elle-aussi, fait traîner. En, attendant que l’organisme de l’État crache au bassinet.

Sa ligne téléphonique coupée

"Certaines personnes sont peut-être parties en vacances, tempère la victime. Mon dossier a peut-être été perdu. Toujours est-il que je n’arrive à joindre personne. Mon assistante sociale est également embêtée." Visiblement, tout traîne. Mais celui qui a travaillé durant près de 45 ans n’espère même plus recevoir un coup de téléphone, synonyme de bonne nouvelle. "Il m’ont coupé la ligne le mois dernier. J’espère que les agents seront rentrés de leurs repos, ou que mon dossier sera enfin traité." Car l’ancien combattant le redit, il espère encore porter le drapeau tricolore lors des prochaines commémorations.

Publié dans Articles de Presse

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