Barack Obama très prudent sur l'affaire Petraeus

Publié le par Le Figaro - Adèle Smith

Le Figaropublié le 14/11/2012 à 23:16 par Adèle Smith

Lors de sa première conférence de presse depuis sa réélection, le président américain s'est dit par ailleurs ouvert au compromis avec les républicains afin de sortir de l'impasse budgétaire.

Barack Obama très prudent sur l'affaire PetraeusPour sa première conférence de presse en huit mois, le président réélu Barack Obama est apparu à la fois combatif et prudent face aux questions des journalistes les plus chaudes du moment: le scandale Petraeus, le mur fiscal et l'affaire Benghazi. Sur près d'une douzaine de questions, deux ont porté sur le premier sujet, deux sur le second et trois sur le troisième, le président a également abordé l'immigration, l'Iran, le réchauffement climatique et la Syrie.

Il avait voulu profiter de cette première conférence de presse depuis sa victoire pour en faire une tribune et défendre sa position sur les négociations budgétaires, mais la première question qui lui a été posée a porté sur le patron de la CIA, qui a démissionné vendredi dernier suite à une aventure extraconjugale avec sa biographe Paula Broadwell. Le président a affirmé que le scandale n'avait pas eu à sa connaissance de conséquences sur la sécurité nationale. «Je n'ai aucune preuve à l'heure actuelle, d'après ce que j'ai vu, que des informations secrètes aient été divulguées qui auraient des conséquences négatives sur notre sécurité nationale», a-t-il dit, rappelant toutefois qu'une enquête était en cours. Il a salué la carrière «extraordinaire» du général. Selon des sources anonymes au sein des services de renseignements, citées mercredi après-midi par l'agence Reuters, une quantité «substantielle» d'informations secrètes auraient toutefois été découvertes sur l'ordinateur de Paula Broadwell lors de la perquisition du FBI lundi dernier, sans que celles-ci justifient pourtant une mise en examen.

Interrogé à deux reprises sur le silence du FBI, qui n'a averti la Maison-Blanche que la semaine dernière, il a dit ne pas vouloir se prononcer sur cette rétention présumée d'informations. «Oui, je retiens mon jugement, a-t-il répondu. J'attends d'eux qu'ils respectent les protocoles qu'ils ont eux-mêmes établis.» Des élus du Congrès et plusieurs hommes politiques se sont étonnés que le FBI n'ait pas averti dès l'été Barack Obama. Or celui-ci a fait valoir que l'absence de menace pour la sécurité nationale ne le justifiait pas. «S'ils nous avaient avertis, nous aurions pu nous retrouver dans une situation où vous m'auriez demandé aujourd'hui pourquoi la Maison-Blanche s'immisce dans une affaire judiciaire», a-t-il déclaré.
«Ouvert au compromis»

Le président qui paraissait détendu pendant la conférence de presse s'est toutefois emporté lorsqu'un journaliste a mentionné les menaces de son ancien rival à la présidentielle de 2008, John McCain, et du sénateur républicain Lindsay Graham. Ceux-ci s'opposeront catégoriquement à la nomination de l'ambassadrice américaine à l'ONU, Susan Rice, au poste de secrétaire d'État, en remplacement de Hillary Clinton. La possibilité est évoquée depuis plusieurs jours dans la presse, mais le camp républicain attaque rageusement depuis deux mois la diplomate proche du président pour avoir déclaré immédiatement après l'attaque qui a coûté la vie à l'ambassadeur en Libye, Chris Stevens, que celle-ci n'était pas forcément le résultat d'une attaque terroriste, mais plutôt d'une manifestation ayant dégénéré. John McCain et Lindsay Graham réclament également une enquête du type Watergate sur Benghazi. «Si les sénateurs McCain et Graham veulent s'en prendre à quelqu'un, qu'ils viennent me chercher moi, a-t-il lâché. Mais qu'ils essaient de salir sa réputation est scandaleux.»

Sur les négociations budgétaires, Barack Obama a laissé la porte ouverte au compromis, tout en rappelant à de nombreuses reprises qu'il ne céderait pas sur la protection des classes moyennes. «Nous sommes confrontés à une vraie échéance, qui nous demande de prendre des décisions importantes en matière d'emplois, d'impôts, de déficits, d'ici la fin de l'année. Je suis ouvert au compromis et aux nouvelles idées», a-t-il fait valoir, tout en affirmant que la suppression des niches fiscales et des déductions donc bénéficient les plus fortunés ne suffirait pas. Il n'a pas écarté le risque d'aller vers le «précipice fiscal», mais a souligné que le peuple américain lui avait donné un mandat. «Il y a même plus d'Américains qui sont d'accord avec moi (sur l'équilibre budgétaire avec des hausses d'impôts pour les plus riches) que de gens qui ont voté pour moi.»

Les négociations promettent d'être ardues. Au moment où le président s'exprimait, une demi-douzaine d'élus de la Chambre des représentants affirmaient qu'ils ne céderaient jamais sur les impôts (qu'ils refusent de relever pour les revenus supérieurs à 250.000 dollars).


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