Carlos: "Je suis révolutionnaire de profession"

Publié le par L'Express

C'est ainsi que s'est présenté, au premier jour de son procès pour quatre attentats à Paris il y a 30 ans, le célèbre terroriste aujourd'hui âgé de 62 ans. 

Carlos: "Je suis révolutionnaire de profession"

"Je suis révolutionnaire de profession." Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, s'est ainsi présenté ce lundi devant la cour d'assises spéciale de Paris, qui le juge pour quatre attentats qui, il y a près de 30 ans, ont fait en France 11 morts et quelque 150 blessés.

Ventripotent, front dégarni et barbe blanche, l'homme qui s'attribue "1500 à 2000 morts" avait plus l'air, dans son box, d'un retraité tranquille que d'un dangereux révolutionnaire.

Tantôt accoudé à la vitre du box, tantôt en discussion avec son escorte, tantôt assis en toute décontraction, le Vénézuélien de 62 ans donnait l'impression d'être à la cour d'assises comme d'autres sont au spectacle. Un indéfectible sourire aux lèvres, il semblait être le maître des lieux.

Reconnaissant des soutiens au fond de la salle, il les a salués discrètement, brandissant le poing de la Révolution. Un mot sur "l'Etat raciste" d'Israël et les "sionistes exploiteurs" a soulevé une salve d'applaudissements.

"Un procès inéquitable"

Dès lundi, les deux conseils de Carlos ont dénoncé "un procès inéquitable". Jugeant qu'ils ne pouvaient "se mettre en faillite" en défendant gratuitement Carlos, abandonné par le Venezuela, Mes Isabelle Coutant-Peyre et Francis Vuillemin ont déclaré qu'ils se retiraient du procès.

Bien décidé à mener jusqu'au bout cette audience à risque, le président Olivier Leurent a immédiatement commis d'office les deux avocats, les contraignant à rester.

Face à toutes ces manoeuvres, les parties civiles ont gardé leur calme.

"Ca se passe exactement comme on nous l'avait dit", réagit avec distance et philosophie Philippe Rouault à la suspension. Cet éducateur sportif a été grièvement blessé lors de l'attentat de la rue Marbeuf en 1982.

"Il est joueur, il est révolutionnaire", dépeint-il, tout en assurant être "psychologiquement prêt à ça", d'autant qu'"il va nous en montrer d'autres".

L'avocat de plusieurs parties civiles, Me Paul-Albert Iweins, a brocardé devant la cour les discours révolutionnaires "un peu dépassés" de Carlos et de Bernard Ripert, l'avocat de l'accusée allemande Margot Frohlich.

"Je m'aperçois que je suis renvoyé aux années 1970, aux meetings anti-impérialistes", a-t-il moqué. A présent, a-t-il averti, "il va falloir que Carlos prenne conscience qu'il n'est pas ici pour faire la révolution mais pour répondre de ses actes."

Verdict le 16 décembre. 

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