Dans les secrets du FBI de Hoover

Publié le par Le Nouvel Observateur Doan Bui et Isabelle Monnin

Alors que le film de Clint Eastwood sur l'ancien patron du FBI sort cette semaine, “le Nouvel Obs” publie des extraits inédits des archives du Bureau.

John Fitzgerald Kennedy-Hoover-Robert Kennedy

John Fitzgerald Kennedy-Hoover-Robert Kennedy

Des milliers, des dizaines de milliers de pages. Les dossiers récemment divulgués sur Internet par le FBI donnent un aperçu de l’incroyable espionnage réalisé pendant des décennies par le Bureau que dirigea d’une main de fer l’obsessionnel John Edgar Hoover. Evidemment, la célèbre agence s’est bien gardée de rendre public les dossiers les plus "sensibles" ou compromettants, comme celui de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Mais cette démarche inédite permet de réaliser à quel point cette institution, au cœur du système américain, a eu recours aux méthodes les plus basses, compilant filatures, écoutes sauvages, appels à la délation, le plus souvent dans le but de faire chanter les personnes surveillées ou de harceler tous ceux soupçonnés de complaisance avec les communistes. Pudibonderie, hypocrisie, course aux ragots et chasse aux sorcières : la période Hoover fut sans doute la plus terrible.

Une Amérique obsédée par "les rouges, les Noirs, et les pédés"

Dans le dernier film de Clint Eastwood, "Edgar", sorti en France le 11 janvier, Leonardo DiCaprio prête ses traits à cet homme, un fou à sa façon, qui tenait Hollywood et Washington par les couilles de leurs secrets. Sa biographie est intimement liée à celle d’une Amérique ignorante et hégémonique, une Amérique obsédée par "les rouges, les Noirs, et les pédés". Marilyn Monroe, Franck Sinatra, Marlene DietrichJean Gabin, Martin Luther King, les Kennedy ou encore John Steinbeck furent les victimes de sa politique de caniveau.

Nos journalistes Doan Bui et Isabelle Monnin ont épluché les incroyables dossiers mis en ligne par le FBI en avril 2011: 3000 fichiers déclassifiés, dont plusieurs dépassent les 5000 pages. Des feuilles qui gardent une part de secret : un grand nombre d’entre elles sont biffées au feutre noir, notamment pour conserver l’anonymat de certaines "balances" du Bureau. Malgré cette censure, ces fichiers prouvent les méthodes édifiantes de ses agents.

Dans son dossier du 12 janvier, le "Nouvel Observateur" dévoile pour la première fois des extraits de ces documents historiques évoquant les sex-parties du président Kennedy, les liens supposés de Marlene Dietrich avec les nazis, les prétendues infidélités du pasteur Luther King ou encore les affinités gauchistes de Joseph Losey. L’obsession du contrôle y côtoie la curiosité malsaine. Avec à chaque fois, la même volonté de salir. Voici ci-dessous quelques pages sélectionnées parmi les "X-files" du FBI. Bienvenue dans les névroses d'une Amérique puritaine et paranoïaque.

>Le président Kennedy, réputé pour ses infidélités, était particulièrement surveillé par sa propre agence de renseignements intérieurs. Le FBI s’intéressait non seulement à ses coucheries mais aussi à ses relations avec Frank Sinatra, réputé proche de la pègre.

Publié dans Articles de Presse

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